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DOSSIER : Coronavirus Covid-19

VIDÉO - L'émotion des retrouvailles entre les résidents d'un Ehpad et leurs proches

Perigny

À Périgny près de La Rochelle, l’Ehpad de la Pommeraie était déjà prêt à répondre à l’assouplissement du confinement annoncé dimanche après-midi par le gouvernement. Depuis lundi après-midi, un parloir baptisé "La Causerie" a accueilli ses premières rencontres entre des résidents et leurs proches.

À l'Ehpad de La Pommeraie à Périgny (Charente-Maritime), un parloir a été mis en place dès lundi après-midi, pour permettre aux familles de pouvoir rencontrer leurs proches, sans les toucher. La maison de retraite avait anticipé l'assouplissement annoncé dimanche après-midi par le gouvernement. Les visites sont désormais possibles pour les proches des résidents, soumis depuis un mois et demie à un confinement très strict, dans leur chambre. Des retrouvailles souvent très émouvantes.

Avant le confinement, Colette visitait trois fois par semaine sa maman de 96 ans. Visites interrompues depuis un mois et demie, une vraie rupture. "Ma maman n'entend pas bien, donc c'est un peu compliqué, le relationnel au téléphone." Sitôt arrivée devant la maison de retraite, Colette est dirigée vers "La Causerie", le parloir imaginé par la directrice, Clarisse Reydant-Coupey.

Des larmes qui coulent

Après un mois et demie sans voir sa maman, Colette laisse couler ses larmes. "A son âge, tout peut arriver. Et je m'en serais voulue de ne pas venir, c'est terrible pour faire son deuil."
Après un mois et demie sans voir sa maman, Colette laisse couler ses larmes. "A son âge, tout peut arriver. Et je m'en serais voulue de ne pas venir, c'est terrible pour faire son deuil." © Radio France - Julien Fleury

D'un côté, une petite pièce où s'installe la résidente. De l'autre, une tente extérieure pour les proches. Entre les deux, un panneau de plexiglas. "Vous pouvez baisser votre masque, le temps de discuter, pour faciliter la communication" rassure la directrice de l'établissement, qui s'éclipse le temps de la rencontre, calibrée à une demi-heure.

Aidée d'une ardoise blanche, Colette donne des nouvelles de la famille. Tente de renouer une relation interrompue : "pour ton petit-déjeuner, j'ai apporté des crèmes à la vanille, et un gâteau." Au moment de se quitter, les larmes coulent des deux côtés de la vitre : "à son âge, je me dis que tout peut arriver. Et je m'en serais voulue de ne pas venir, c'est terrible pour faire son deuil." Colette est heureuse : sa maman a compris ses paroles. "Après, ça ne dure pas longtemps, mais c'est mieux que rien !"

Déjà une trentaine de rendez-vous calés

Dès lundi matin, l'Ehpad de La Pommeraie a reçu le coup de fil d'une trentaine de familles, sur les 70 de l'établissement, afin de caler un rendez-vous. L'une des premières à appeler, c'est Anna-Maria. Dès qu'elle a entendu l'annonce du gouvernement, Anna-Maria a voulu aller voir sa mère, hébergée dans l'unité Alzheimer. Une maman qu'elle n'a pas revu depuis un mois et demie : "mon frère est venu la voir plusieurs fois, il mettait un petit escabeau, et il l'apercevait dans le jardin. Mais moi non..."

"La causerie", un parloir où vont défiler les familles. Une demi-heure par rencontre, autant de fois qu'il le faudra, promet Laurence, qui tient le planning : "quand on aime, on ne compte pas !"
"La causerie", un parloir où vont défiler les familles. Une demi-heure par rencontre, autant de fois qu'il le faudra, promet Laurence, qui tient le planning : "quand on aime, on ne compte pas !" © Radio France - Julien Fleury

Quelques instants plus tard, c'est la rencontre, à travers la vitre. L'occasion de mesurer le temps qui a passé : "on ne peut pas aller chez le coiffeur, donc ses cheveux ont poussé. Mais elle est en pleine forme. Ils prennent bien soin d'elle. Hein ! Tu es en pleine forme !" constate Anna-Maria, soulagée. La paroi vitrée, bien sûr, limite l'intensité des échanges. Sans elle, "on se serait embrassées, mais bon, c'est normal. Il faut faire attention."

"Du bonheur en barre"

70 résidents sont hébergés à l'Ehpad de la Pommerie. Dont certains sont victimes de "glissement", une perte d'appétit pour la vie liée au confinement. Il fallait renouer le lien avec les familles.
70 résidents sont hébergés à l'Ehpad de la Pommerie. Dont certains sont victimes de "glissement", une perte d'appétit pour la vie liée au confinement. Il fallait renouer le lien avec les familles. © Radio France - Julien Fleury

C'est Laurence, de l'accueil, qui le tient le planning. Et ces premiers échanges l'émeuvent aux larmes : "je viens de raccompagner votre maman, lance-t-elle à Anne Maria. Elle a un de ces sourires. C'est du bonheur en barre." "La Causerie" répond à un vrai besoin, poursuit Laurence : "pour les familles, ça a été tellement long. Et nos résidents ont aussi été très courageux !"

Des résidents confinés dans leurs chambres, la règle est très dure. Comme les autres maisons de retraites, l'établissement a bien tenté de maintenir le lien avec les familles, grâce au numérique. Mais "humainement, on n'est pas assez nombreux pour pouvoir faire au quotidien autant d'appels, ou de Skype, ou autre... concède Clotilde, psychologue à l'Ehpad de la Pommeraie. Donc on allait à l'essentiel." Avec ces rencontres physiques, "ça va être plus concret. Juste d'être en présence les uns des autres, ça fait beaucoup."

Derrière Clotilde, le tivoli qui abrite les rencontres des familles avec les résidents. Peut-être la solution pour tenir durant le confinement, espère la psychologue de l'Ehpad.
Derrière Clotilde, le tivoli qui abrite les rencontres des familles avec les résidents. Peut-être la solution pour tenir durant le confinement, espère la psychologue de l'Ehpad. © Radio France - Julien Fleury

Prévenir le glissement

Et ça va permettre, espère Clotilde, de tenir durant ces prochains mois où les maisons de retraite ne devront pas relâcher la garde face au coronavirus. Des établissements confrontés à une recrudescence d'un phénomène connu, le glissement : quand les résidents se laissent mourir, faute de motivation suffisante pour continuer à vivre.

Pour faire face, la direction de la Pommeraie a déjà dû faire quelques entorses au confinement : "nous avons été jusqu'à organiser, avec beaucoup de règles de sécurité, la visite de certaines familles auprès des résidents, précise la directrice Clarisse Reydant-Coupey. Notamment qui refusent de manger parce qu'on les sent trop peinés de ne plus être en contact avec leurs proches." Composer entre humanité et sécurité sanitaire, un défi quotidien pour les maisons de retraite.

Guy Denier, le maire de Périgny, est fier de la mobilisation au sein de l'Ehpad municipal, pour maintenir le lien avec les familles.
Guy Denier, le maire de Périgny, est fier de la mobilisation au sein de l'Ehpad municipal, pour maintenir le lien avec les familles. © Radio France - Julien Fleury
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