Santé – Sciences

Vincent Meille du centre addictologie du CHU de Dijon : "L'addiction au téléphone portable existe"

Par Marion Bargiacchi, France Bleu Bourgogne mercredi 7 septembre 2016 à 10:58

Vincent Meille, le responsable du centre addictologie au CHU de Dijon
Vincent Meille, le responsable du centre addictologie au CHU de Dijon © Radio France - Stéphane Parry

La nomophobie est un terme qui apparaît en 2000. De l'anglais "No Mobile Phobia", elle désigne la peur d'être séparée de son téléphone portable. Selon un sondage 70% des moins de 30 ans trouvent difficile de se séparer plus d'une journée de leur téléphone portable. Mais est-ce de l'addiction ?

Pour éclaircir la question de l'addiction au téléphone portable, Vincent Meille, responsable du centre addictologie du CHU de Dijon répond aux questions de Stéphane Parry.

► Quels sont les signes avant coureurs qui caractérisent une addiction au téléphone ?

Il faut que la patient ressente les symptômes de manque. S'il vous dit "Je dois vérifier en permanence qu'il est dans ma poche, je dois vérifier que j'ai de la batterie, je dois vérifier que j'ai du réseau, je dois vérifier que je peux me connecter à internet..." on n'est plus dans une utilisation de l'objet mais dans une possession. On est presque dans la possession d'un objet contra-phobique.

► On ne peut donc plus se passer de son portable ?

Le principe de la dépendance, c'est "J'ai un objet, il a un bénéfice : soit il me rassure soit il soulage un malêtre et le fait de ne pas l'avoir ça va m'angoisser durablement."

► Quelles sont les conséquences sur le comportement ?

Il faut que ça ait une répercussion concrète. Il faut que le patient dise, "cela me pose des problèmes dans mon quotidien, cela me pose des problèmes dans mon travail, ce la m'interrompt quand je fais quelque chose et mes proches me font la reproche que je sors de ce qui est socialement admissible." Souvent les gens vont consulter un peu tard parce qu'ils pensent que c'est une chose admise, banalisée jusqu'à ce que ça évolue  et c'est seulement au bout que l'on se rend compte qu'ils vont mal. On peut avoir des tableaux qui aboutissent à de véritables dépressions.

Interview complète ici :

Vincent Meille, responsable du centre addictologie au CHU de Dijon interrogé par Stéphane Parry.

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