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Santé – Sciences

TÉMOIGNAGES - "Une claque pour me détendre" : elles ont subi des violences gynécologiques et racontent

vendredi 29 juin 2018 à 16:14 Par Géraldine Houdayer, France Bleu

Le Haut conseil à l'Égalité entre les femmes et les hommes a publié, ce vendredi matin, un rapport appelant à une "prise de conscience" sur les violences gynécologiques et obstétricales subies par de nombreuses femmes. Vous avez été nombreuses à témoigner sur la page Facebook de France Bleu.

Un cabinet de gynécologie.
Un cabinet de gynécologie. © Maxppp - Lionel VADAM

"Elle m'a mis une claque pour me détendre", "On ne m'a pas demandé pour l'épisiotomie", "Il me dit que je n'ai pas mal" ... Voici quelques-uns des témoignages que nous avons recueillis sur la page Facebook de France Bleu, alors que ce vendredi, un rapport du Haut conseil à l'Égalité entre les femmes et les hommes, commandé par la secrétaire d'État Marlène Schiappa, appelle à une "prise de conscience sur les violences obstétricales et gynécologiques."

Les remarques déplacées : "C'est pas possible, vous êtes beaucoup trop large !"

De nombreuses femmes subissent des remarques abusives liées au poids. Comme Maryam, lors d'une visite chez un gynécologue particulièrement indélicat : "Il se met à beugler : 'Je vois rien ! C'est pas possible, vous êtes beaucoup trop large, on peut pas y arriver, c'est fou ce que vous êtes large !'. Stupeur et horreur. Images de tunnel sous la Manche... Je ne vais pas vous donner mes mensurations vaginales, mais c'était n'importe quoi."

Lors de son accouchement, Mary-Line a aussi subi les remarques brutales de son médecin : "Dépêchez-vous, j'ai mes consultations à faire", ou encore, pour minimiser la douleur : "Si ça faisait si mal pour les faire, il y aurait moins de bébés !" Mary-Line précise que sa plaie a été recousue sans anesthésie.

Coyette, elle, raconte une scène atypique : un gynécoloque "m'a laissé sur les étriers pendant qu'il draguait l'infirmière !"

La douleur non prise en compte : "Il me dit que je n'ai pas mal" 

Nathalie raconte les jours qui ont suivi l'accouchement de ses jumeaux : "On m'a donné une perfusion, et le produit ne me permettait plus d'allaiter pendant 24 heures. J'appelle pour tenter de m'organiser, et lui, il me dit que je n'ai pas mal. Que je ne peux pas me plaindre, car quand on a mal, on ne peut pas téléphoner. Aucune compassion !" 

Gwenaëlle, elle, raconte avoir très mal vécu la suture de sa plaie : "J'étais stressée, la puéricultrice me donne le masque d'anésthésie. Je n'ai pas eu le temps de l'avoir dans les mains, que j'avais déjà l'aiguille pour recoudre. J'ai dit stop, que je voulais mettre le masque avant, mais elle ne s'est pas arrêtée."

Des examens trop brutaux : "Elle m'a mis une claque pour que je me détende" 

Ysa raconte avoir très mal vécu une consultation pendant sa grossesse : "Une sage-femme m'a fichu une claque sur la cuisse en me disant de me détendre, alors qu'elle m'examinait PENDANT une contraction." Même cas de figure pour Corinne, qui a "déjà eu affaire à une gynécologue qui m'a carrément mis une claque pour que je me détende."

Françoise se dit encore traumatisée par la naissance de sa seconde fille : "Conditions bizarres, sentiment d'abandon et de très grande solitude, manœuvres violentes pour permettre la naissance..."

Je me suis pris une tarte dans la gueule, la sage-femme est montée sur mon ventre" - Séverine 

Certains examens deviennent carrément violents. En raison d'un déménagement, Séverine a dû trouver un nouveau praticien. "Il a déchiré le dossier préparé par mon médecin" alors qu'il y avait des risques, explique-t-elle. Résultat, "le jour de l'accouchement, ç'a été une boucherie ! Je souffrais tellement que j'ai fait un malaise, et je me suis pris une tarte dans la gueule ! La sage-femme est montée sur mon ventre, j'ai une épisio record", raconte-t-elle. Son bébé a eu la cornée des yeux rayée par les forceps.

L'épisiotomie sans consentement 

Parmi les témoignages recensés dans le rapport du Haut conseil à l'Égalité, le recours sans consentement à l'épisiotomie (cette incision du périnée pour laisser passer le bébé) est particulièrement pointé du doigt. Comme dans le cas de Lucie : "On ne m'a pas demandé pour l’épisiotomie. Coup d’œil entre le gynécologue et la sage-femme, et l'instant de comprendre, c'était fait..." 

En France, près d'un accouchement sur cinq donne lieu à une épisiotomie, et dans un cas sur deux, la femme déplore l'absence d'information.