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Dossier : Coronavirus Covid-19

Yonne : "Hier applaudis et adulés, aujourd'hui oubliés et méprisés", les soignants ont défilé à Tonnerre

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Par , France Bleu Auxerre

Dans l'Yonne comme dans tout le pays, le secteur de la santé était mobilisé ce jeudi 15 octobre à l'appel de la CGT. À Tonnerre, une trentaine d'agents hospitaliers ont défilé dans les rues, pour réclamer davantage de moyens humains et financiers afin de faire face à la deuxième vague épidémique.

Une trentaine de membres du personnel soignant de l'hôpital de Tonnerre (Yonne) a manifesté ce jeudi 15 octobre à l'appel de la CGT pour réclamer davantage de moyens humains et financier.
Une trentaine de membres du personnel soignant de l'hôpital de Tonnerre (Yonne) a manifesté ce jeudi 15 octobre à l'appel de la CGT pour réclamer davantage de moyens humains et financier. © Radio France - Nicolas Fillon

Le secteur de la santé était de nouveau mobilisé ce jeudi 15 octobre, entre grèves et manifestations à l'appel de la CGT, trois mois après la dernière mobilisation. Des rassemblements dans tout le pays, de Marseille à Rennes en passant par Bordeaux et Dijon. Dans l'Yonne, 80 agents hospitaliers ont manifesté, répartis à Auxerre, mais aussi Tonnerre, 4 500 habitants, où une trentaine d'infirmières et aides-soignantes de l'hôpital ont défilé dans la commune. Elles réclament davantage de moyens, humains et financiers, pour faire face à l'afflux de nouveaux cas Covid.

Mais ce qui frappe d'emblée sur la place Marguerite de Bourgogne où il s'était donné rendez-vous le matin, c'est ce sentiment d'abandon du personnel soignant. Il transparaît dans les slogans scandés et s'affiche sur les pancartes. "Hier applaudis et adulés, aujourd'hui oubliés et méprisés", peut-on lire de ces "soignants en colère" et "en souffrance", qui dénoncent un "manque de reconnaissance".

On souhaiterait plus de moyens, et pas qu'une revalorisation des salaires (Fatima, infirmière à l'hôpital de Tonnerre)

Comme Fatima. Quatre ans que cette infirmière à l'hôpital de Tonnerre travaille au service de soins infirmiers à domicile, le Ssiad. "Depuis que j'y suis, je n'ai pas vu d'évolution positives" souffle-t-elle derrière son masque et ses lunettes embuées. "On est toujours en déficit. On manque de moyens. Tout le temps, on nous dit de faire attention à ne pas prendre telle ou telle personne car elle nécessiterait trop de soins... Mais ça n'est pas possible ! On est des soignants, on ne peut pas exclure des gens comme ça." Et ça, ça la met "en rogne, en colère".

"On souhaiterait plus de moyens, et pas qu'une revalorisation des salaires", poursuit Fatima. "Pourquoi ? Pour maintenir nos soins à domicile, que ce soit pérenne et pour que nos usagers puissent rester chez eux. Car malheureusement, certains ne veulent pas aller en maison de retraite, car ils n'en ont pas les moyens. Pour le secteur du handicap, il y a un foyer où ils peuvent faire plein d'activités, on essaye de les sociabiliser et ne pas les mettre à l'écart. Malheureusement, c'est ce qui se passe dans la société actuellement : on met à l'écart les personnes en situation de handicap et les personnes âgées. Mais nous, on veut les maintenir en vie sociale."

Pour les membres du personnel soignant de l'hôpital de Tonnerre (Yonne) qui manifestaient ce jeudi 15 octobre à l'appel de la CGT, l'égalité salariale était l'une des principales revendications.
Pour les membres du personnel soignant de l'hôpital de Tonnerre (Yonne) qui manifestaient ce jeudi 15 octobre à l'appel de la CGT, l'égalité salariale était l'une des principales revendications. © Radio France - Nicolas Fillon

Les "oubliés" du médico-social et des 183 euros net par mois

La revalorisation salariale était évidemment au menu des revendications à Tonnerre. Comme pour Marie, aide médico-psychologique au foyer de vie de l'hôpital, et de nombreuses autres collègues, qui ne comprennent toujours pas pourquoi le secteur médico-social n'a pas pu bénéficier de l'augmentation générale de 183 € net par mois inscrite dans le "Ségur de la santé" signé en juillet. "À diplôme égal, salaire égal" lance-t-elle. "Notre travail n'est pas moins pénible au foyer de vie avec des personnes en situation de handicap qu'à l'Ehpad." Et l'AMP d'ajouter : "Notre diplôme n'est pas au rabais. Mais pourquoi le gouvernement nous a-t-il oubliés ? On a le sentiment de ne pas être reconnus. On demande les mêmes droits, le même salaire." 

Service de soins infirmiers à domicile, foyer de vie : ces deux secteurs de l'hôpital de Tonnerre "souffrent énormément" explique Agnès Chauveau, déléguée CGT. Pour la syndicaliste, le cri d'alarme des soignantes doit être entendu. "Aujourd'hui, elles veulent signaler qu'à l'hôpital de Tonnerre, la situation est inquiétante. Nous sommes un établissement qui a déjà subi beaucoup de coupes économiques : un service de chirurgie, une maternité... Et maintenant, il subit une sanction au niveau du service de soins infirmiers à domicile et du foyer de vie, à cause du manque de moyens, et de l'inégalité salariale qui va obliger le personnel à quitter ces secteurs, car pas assez payés." Selon la déléguée syndicale CGT, ce sont à terme "des emplois" et surtout "la santé des patients" qui sont menacés "si le gouvernement n'agit pas"

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