Société

Dix des cinquante migrants accueillis en Moselle sont partis, les autres "s'y sentent bien"

Par Cécile Soulé, France Bleu Lorraine Nord jeudi 3 novembre 2016 à 8:24

Des migrants de Calais accueillis dans un centre d'accueil et d'orientation
Des migrants de Calais accueillis dans un centre d'accueil et d'orientation © Maxppp - Thierry Gachon

Dix des cinquante migrants de Calais accueillis depuis une semaine dans un centre d'accueil et d'orientation, à Languimberg, au sud de la Moselle, ont disparu dans la nature. Mais les autres veulent rester en France et déposer une demande d'asile. Ces hommes sont originaires de pays en guerre.

10 des 50 migrants de Calais sont partis du centre d'accueil et d'orientation de Languimberg, au sud de la Moselle, près de Sarrebourg. Arrivés il y a une semaine, le 27 octobre, un groupe de 4 migrants a quitté le "Relais des étangs" dès le lendemain, puis un groupe de 6 le surlendemain, sans explication. Mais les autres sont bien décidés à rester. Ces hommes âgés majoritairement de 20 à 30 ans, originaires d'Afrique de l'Est essentiellement, ont fui des pays en guerre.

Une bénévole: "Tout être humain mérite d'être aidé"

Autour d'eux, à Languimberg, la solidarité s'organise. Dans le centre d'accueil des migrants,les sacs de dons s'accumulent. Des habits surtout,apportés par des habitants des alentours. Françoise est elle aussi venue en voisine pour proposer son aide: "Au supermarché, j'ai entendu une caissière dire qu'ils prennent les aides, qu'on paye pour eux. Mais moi j'ai envie de dire à ces gens-là: tout être humain mérite d'être aidé, peu importe d'où il vienne. Ce que j'aime bien, c'est qu'on arrive là et ils ont tous le sourire malgré leur vécu".

Un migrant: "C'est bien ici, il n'y a pas la guerre"

Aouat, 24 ans, originaire du Darfour, a quitté son pays en guerre il y a 10 mois et il a commencé à apprendre le français dans la "Jungle School", l'école installée dans la jungle de Calais. Il est bien content d'être dans ce centre d'accueil et d'orientation de Languimberg: "C'est bon ici, les chambres bon, les douches bon, dormir bien. Je voudrais rester en France. Au Darfour, il y a la guerre, ici, il n'y a pas la guerre".

Les 40 migrants qui sont restés vont donc déposer une demande d'asile en France. Mais il faut aussi les occuper, dans cette campagne mosellane loin des grandes villes. Pierre Diefenthal, l'un des responsable du centre, est en pleine discussion avec le représentant d'un club de sport pour y amener des migrants. Il a aussi d'autres pistes:" Il y a une énorme demande sur les cours de français. Donc on va réussir à en mettre en place plusieurs fois par semaine". Et puis la télé, la TNT, a été installée ce mercredi après-midi, car l'attente malgré tout va être longue jusqu'au 31 mars, date de la fin de leur accueil à Languimberg.

Pierre Diefenthal, l'un des responsables du centre : "Ils sont tous responsables dans la prise en charge du lieu"