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Société

11 Novembre : A Ocana, les villages du Prunelli ont partagé leurs mémoires

dimanche 12 novembre 2017 à 12:11 Par Olivier Castel, France Bleu RCFM

Chaque village a son monument aux morts, et chaque microrégion a son histoire. La vallée du Prunelli a payé un lourd tribut à la grande guerre. On estime à près de 300 le nombre d’hommes tués durant le conflit. Les familles et les habitants se sont retrouvés pour la première fois, ce onze novembre.

Ce 11 novembre 2017 a été synonyme de communion pour la vallée du Prunelli, à Ocana.
Ce 11 novembre 2017 a été synonyme de communion pour la vallée du Prunelli, à Ocana. © Radio France - Olivier Castel

Ocana, France

Vingt-cinq. C’est le nombre de noms inscrits au monument aux morts d’Ocana, victimes de la grande guerre. En 1914, le petit village de la vallée du Prunelli voit partir ses enfants, parfois des fratries entières. Beaucoup paieront leur enrôlement de leur vie.

Pierette Folacci habite non-loin de ce lieu de mémoire. Elle y vient souvent pour rendre hommage à ses trois oncles, François-Marie, Paul-Jérôme, et Jean-Toussaint Bujoli. Les trois sont morts dans les premiers mois du conflit.

« Ils sont morts en 1914, l’un en septembre, l’autre en octobre, et le dernier en décembre. L’un est tombé dans la Marne, les deux autres dans la Meuse. Et je revois ma grand-mère, qui ne souriait jamais. Je viens souvent me recueillir seule, au monument aux morts. C’est très important, c’était les frères de mon père, et nous en parlions souvent. […] J’en parle avec mes petits-enfants, aujourd’hui. Je leur dis que la guerre, c’est inutile, ces pauvres gens sont morts pour rien ».

Pierette Folacci, habitante d'Ocana.

Pierette Folacci, née Bujoli, partage sa mémoire avec celles des autres famille du village. - Radio France
Pierette Folacci, née Bujoli, partage sa mémoire avec celles des autres famille du village. © Radio France - Olivier Castel

Retracer leur parcours

Ocana, mais aussi Bastelica, Eccica-Suaredda et Todda. Les villages du Prunelli ont tous une histoire lié au conflit de 1914-1918. Barberine Salini est elle aussi impregnée de cette mémoire. Lorsqu’elle avait douze ans, un cadre orné de médailles militaires, et frappé du mot Dardanelles (en Turquie actuelle) trônait dans son salon. L’exotisme du mot l’interpelle, elle décide donc peu à peu de faire des recherches sur son grand-père. Puis sur le frère de celui-ci. Il fut le premier des trente-huit tollais emporté dans ce grand tourbillon.

« François Salini, mon grand-père est parti dès le début. Il a été enrôlé dans le 173e régiment d’infanterie, avec son frère Lucien, qui n’avait que dix-neuf ans. Un mois et huit jours après l’entrée en guerre, Lucien a été fauché dans la Somme. Il est inhumé à la nécropole d’Attencourt, tombe 381. Mon grand-père, après avoir fait pas mal de campagnes, est parti en 1915 pour les Dardanelles, et il a fait toute la campagne d’Orient. Puis il est retourné sur le front en France, d’où il est revenu, Dieu merci ».

Barberine Salini, habitante de Todda.

Vestige du passé, c'est grâce à ce cadre que Barberine Salini s'est passionnée pour la grande guerre. - Radio France
Vestige du passé, c'est grâce à ce cadre que Barberine Salini s'est passionnée pour la grande guerre. © Radio France - Olivier Castel

"S'armer de patience"

En tout et pour tout, les villages de Bastelica à Bastelicaccia auraient perdu entre 260 et 300 hommes. 158, rien que pour Bastelica, qui en comptait environ 2000, juste avant la guerre. Un travail de recensement compliqué par la marche du temps, et les archives pas toujours conservées. Jean-François Giffon, jeune professeur d’histoire bastelicais, estime à 200 le nombre de pertes, si l’on ajoute Bastelicaccia, lié à l’époque au point haut de la vallée pour des raisons économiques.

« Il faut s’armer des bonnes données. En passant par l’INSEE et le site de la bibliothèque nationale de France, Gallica, par exemple. Ce qui est intéressant, c’est d’aller directement dans les archives numériques. Après, il faut les croiser avec les monuments aux morts, les registres d’état civil, voir ses propres archives familiales ».

La cérémonie pourrait se tenir à nouveau l’an prochain, pour les cent ans de la fin de la grande-guerre.