Société

"13 novembre" : un programme de recherche sur la mémoire des témoins des attentats

Par La rédaction, France Bleu Normandie (Calvados - Orne), France Bleu Lorraine Nord et France Bleu jeudi 10 novembre 2016 à 15:47 Mis à jour le jeudi 10 novembre 2016 à 16:16

Une étude sur la mémoire traumatique se base sur le récit des témoins, directs ou indirects, des attentats du 13 novembre.
Une étude sur la mémoire traumatique se base sur le récit des témoins, directs ou indirects, des attentats du 13 novembre. © Maxppp - Arnaud Journois

Une étude basée sur le récit des témoins des attentats du 13 novembre est menée à Caen mais aussi à Paris, Metz et Montpellier. Ce programme a pour objectif d'analyser la mémoire que l'homme garde d'un tel traumatisme. Un millier de personnes participe à cette étude menée par l'Inserm et le Cnrs.

"13-novembre" : cette étude inédite s'appuie sur les témoignages des victimes des attentats du 13 novembre. Ce programme de recherche est co-piloté par l'Inserm (institut national de la santé et de la recherche médicale) et le Cnrs (centre national de la recherche scientifique). Il consiste à recueillir les récits des témoins pour ensuite analyser la mémoire que l'homme garde d'un tel traumatisme. L'étude est menée à Caen et 1.000 personnes volontaires y participent. Il s'agit soit de victimes directes des attentats, soit de victimes indirectes, comme les personnels de secours et la police, d'habitants de Paris, mais aussi de Metz, Montpellier et donc Caen. Tous témoins à des degrés divers des attentats.

Ces témoignages deviennent patrimoine de la Nation."

Un an après le drame, Francis Eustache, neuropsychologue, directeur de recherche à l'Inserm explique ce jeudi au micro de France Bleu Normandie : "L'idée est de comprendre le fonctionnement de la mémoire individuelle et la construction de la mémoire collective à partir d'un événement traumatique particulier." Des témoignages évidemment délicats à recueillir, Francis Eustache le souligne : "C'est très émouvant, le témoignage de ces personnes devient patrimoine de la Nation. Cet événement (NDLR, les attentats) n'a pas de sens et le fait d'entrer dans ce protocole de recherche permet aux victimes de lui donner un sens."

Fin de l'étude en 2026

Chaque témoin est enregistré pendant deux heures, questionné selon la même trame de questions, et filmé. La première phase s'achève actuellement. Il reste encore une petite centaine d'officiels et de personnalités à interroger. Ces récits seront ensuite retranscrits et analysés avant que l'expérience ne soit reconduite en 2018, puis en 2021 et enfin en 2026. "C'est une première mondiale" souligne l'historien Denis Pechanski, du Cnrs. "C'est une approche transdisciplinaire et, comme c'est mené en audiovisuel, les résultats sont beaucoup plus riches que si l'on interrogeait les témoins par ordinateurs interposés."

Des vies normales brisées

Jamais un tel travail n'avait été effectué auparavant, les récits de traumatismes provenant plutôt de victimes de guerres. Le 13 novembre, ce sont des vies normales qui ont été brisées. L'horreur a frappé alors qu'elles buvaient un verre, assistaient à un concert, regardaient un match de foot. A partir de là, de nombreuses pistes s'ouvrent aux chercheurs.