Société

Jeux olympiques à Paris: préparer l'après-2024

Par Corinne Fugler, France Bleu Alsace et France Bleu jeudi 14 septembre 2017 à 19:22

A Barcelone, les installations construites pour les J.O. de 1992 accueillent toujours des compétitions
A Barcelone, les installations construites pour les J.O. de 1992 accueillent toujours des compétitions © Maxppp - Osamu Kanazawa

Cent ans après ses derniers Jeux olympiques, Paris accueillera l'édition 2024. Avec un budget annoncé de près de 6,8 milliards d'euros, ce rendez-vous sera-t-il vraiment rentable? Barcelone, Athènes, Londres ont accueilli les Jeux, déjà, avec des fortunes très diverses.

C'est officiel, c'est bien Paris a accueillera les Jeux olympiques en 2024. Organiser les Jeux, c'est un vrai risque pour le pays organisateur. Hambourg, Rome et Budapest étaient candidates, elles aussi, mais ont finalement jeté l'éponge. Pour une collectivité, c'est un sacré challenge. Il faut réussir l’événement, le temps des jeux, mais aussi assurer l'après. Financer les investissements, entretenir et réaffecter les sites utilisés par les athlètes.

A Athènes, les installations bâties pour les J.O. de 2004 sont à l'abandon - Maxppp
A Athènes, les installations bâties pour les J.O. de 2004 sont à l'abandon © Maxppp - Brecht de Vleeschauwer

En Europe, les sites utilisés pour les derniers jeux d'été ont connu des fortunes diverses. En Grèce, par exemple, les installations construites en 2004 pour les J.O. d'Athènes ont été laissées à l'abandon. Athènes fait partie des "éléphants blancs". Un "éléphant blanc", pour rappel, c'est un grand projet très coûteux qui se transforme en fardeau économique. 13 ans plus tard, les J.O. pèsent toujours dans les finances grecques. Treize, vingt milliards d'euros, le montant de l'ardoise varie selon les audits. Les Jeux ont aussi fait fuir les vacanciers, effrayés par les chantiers qui ont paralysé Athènes pendant des mois.

Un nouveau stade pour les Hammers de Londres

A Londres, aussi, en 2012, on a constaté une chute du nombre de touristes au moment des compétitions. Le budget a explosé. Les Jeux auraient coûté 12 à 17 milliards, selon les sources, mais le gouvernement se félicitait à l'époque des retombées. Adidas, l'un des sponsors de ces jeux, aurait vu ses ventes progresser de 25% au Royaume-Uni.

Les infrastructures construites pour les épreuves ont continué à servir. West Ham, le club de foot, s'est installé dans le stade olympique. Les Londoniens fréquentent la piscine et le vélodrome. L'East End s'est modernisé.

Barcelone aussi continue à profiter des aménagements réalisés pour les jeux de 1992. La ville s'est profondément transformée. Elle a rénové son aéroport et son réseau routier. Elle a redessiné ses plages et les touristes ont afflué.

Paris devra également faire face à un autre défi: la sécurité. Depuis la mort de onze athlètes israéliens en 1972 à Munich, la menace terroriste reste très présente. En France, en 2024, la prévention coûtera très cher.

Retrouvez l'actualité européenne sur le site de la chronique "Tous Européens"