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Société

250 chiens aux enchères en Mayenne : l'élevage plusieurs fois mis en demeure pour manquements aux normes d'hygiène

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Par , France Bleu Mayenne

La vente aux enchères de 250 chiens de ce cheptel situé à Cossé le Vivien, en Mayenne, fait vivement réagir. D’un côté, les défenseurs de la cause animale. La Fondation 30 Millions d’amis a d'ailleurs saisi la procureure de la République de Laval. De l'autre, la loi, qui n'interdit pas la vente.

Cette exploitation, créée en 1997 à Cossé-le-Vivien, élevait également des bovins.
Cette exploitation, créée en 1997 à Cossé-le-Vivien, élevait également des bovins. © Radio France - Stéphane Garcia

Laval, France

Nouveau rebondissement dans l'affaire de la vente aux enchères de 250 chiens en Mayenne. La Fondation 30 millions d'amis a saisi la procureure de la République de Laval, pour faire annuler la vente prévue mardi 9 avril, dans un lieu encore tenu secret. 

Un élevage à Cossé-le-Vivien

Ces chiens proviennent d'un élevage canin mayennais, placé en liquidation judiciaire. Un site qui se trouve à Cossé le Vivien. Sur place, les chiens sont toujours là, en attente d'être vendus. Des animaux en cages pour certains, dans une battisse faite de pierres. D'autres sont derrière des enclos, en extérieur. Des chiens de race Shih-tzu, Yorkshire, Chihuahua, Jack Russel, Bichon frisé ou encore Golden Retriever.

Cette exploitation, créée il y 22 ans, en 1997 à Cossé-le-Vivien, élevait également des bovins. À plusieurs reprises ces derniers mois, la structure avait été mise en demeure par la préfecture, pour manquements aux normes d'hygiène et sanitaire. L'élevage avait été placée en redressement judiciaire, le 29 octobre dernier. Cela n'a pas suffi pour empêcher la liquidation prononcée par le mandataire judiciaire.

Pourquoi les chiens sont mis en vente ?

Aujourd'hui les bovins ont été recueillis, c'était la première partie de la liquidation. Reste ces 250 chiens et chiots. Ils ont été "examinés pendant deux jours par des vétérinaires", indique la préfecture, avant d'être vendus. Ces derniers étant jugés en bonne santé, il a été décidé de ne pas les placer mais de les vendre, pour récupérer l’argent de la liquidation afin de rembourser les créanciers."On peut trouver ça discutable, mais c’est la loi", admet Camille Berthet, juriste spécialisée dans le droit des animaux.

"La sensibilité de l'animal est rarement pris en compte dans ce genre de situation" - Camille Berthet, juriste

"La sensibilité de l'animal est rarement prise en compte. Cela s'explique par le fait que le régime juridique lié aux procédures collectives (liquidation judiciaire, redressement, etc) a été défini en 2014, alors que les animaux ont été définis comme des êtres vivants, doués de sensibilité en 2015." De fait ces chiens restent donc appropriables et peuvent être vendus par un commissaire-priseur lors d’enchères.

"Un acte abominable"

De leur côté les défenseurs de la cause animale réclament que la vente soit annulée. "Nous avons immédiatement contacté le liquidateur judiciaire, qui refuse cette annulation", explique Réha Hutin, la président de 30 Millions d'amis. Pire même pour la représentante de l'association : "Il nous a répondu que l'on pourrait reprendre les résidus, les invendus. C'est abominable, d'autant qu'ils sont vendus dans la rubrique 'matériel professionnel'." 

"Vendre en lots des animaux de compagnie, dans la rubrique 'matériel professionnel' c'est insupportable..." Réha Hutin

"Je n’ai _pas souvenir ou connaissance d’une vente d’une telle ampleur_", confirme Pascal Delmas, président de la SPA de la Mayenne. Avant d'ajouter : "On sera présent le jour de la vente, comme de nombreuses autres associations, ne serait-ce que pour protester contre cette vente. Est-ce qu'on vendrait des enfants sous prétexte que les parents divorcent ?", s'emporter Pascal Delmas. 

Le centre de Laval pourrait accueillir une dizaine d'animaux. Il faudrait donc le soutien d'autres centres pour pouvoir héberger tous les animaux.