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174 équipements de communication incendiés ou sabotés depuis un an en France

Depuis un an, 174 équipements de télécommunication ont été sabotés ou incendiés, majoritairement en milieu rural. Selon un bilan du ministère de l'Intérieur, que France Inter a pu consulter ce jeudi, ces actes de malveillances sont pour la plupart liés à l'ultragauche.

Dans la Drôme, une antenne relais volontairement incendiée en 2020
Dans la Drôme, une antenne relais volontairement incendiée en 2020 © AFP - Julien COMBELLES

En un an, 174 équipements de télécommunication ont été sabotés ou incendiés en France. Selon France Inter, qui a pu consulter ce jeudi un bilan dressé par le ministère de l'Intérieur, il s'agit d'antennes-relais ou des câbles de fibre optique, dont la majorité se trouve en milieu rural. Le ministère a réalisé ce bilan un an après le début des appels à "renouer avec l'Action directe" en s'en prenant à des infrastructures. Ces appels ont été relayés par des sites internet que le ministère associe à l'ultragauche. 

La grande majorité de ces infrastructures sabotées ou incendiées (137) se situe en milieu rural, seules deux infrastructures ont été visées dans l'agglomération parisienne. Les départements les plus touchés sont la Haute-Garonne, l'Isère, l'Ardèche, la Drôme et les Bouches-du-Rhône. Ces actions ont causé d'importants préjudices, notamment des coupures de réseaux dans de nombreuses communes, ainsi que des conséquences sur le fonctionnement des services jugés d'utilité publique. 

26 personnes interpellées

En un an, seules 26 personnes soupçonnées d'être impliquées dans 14 faits ont été interpellées. Ils semblent notamment motivés par la volonté de mettre à mal des équipements soupçonnés d'être un instrument de surveillance et d'asservissement des masses. Au-delà de ces convictions politiques, certains semblent avoir agi par peur de la collecte des données personnelles, par crainte des ondes, par refus de la pollution visuelle, ou en raison de la perte de valeur de leur habitation se trouvant à proximité des infrastructures. 

Le ministère de l'Intérieur note une mobilisation croissante contre les infrastructures liées à la 5G, qu'il s'agisse des équipements techniques, ou des équipements commerciaux. Cette mobilisation, qualifiée de "large", va de l'opposition apolitique à des mouvements politisés. Alors que les Français font un usage intensif d'internet, le réseau de la fibre optique est également de plus en plus pris pour cible, notamment en raison de la facilité à y accéder. 

Revendications de groupes associés à l'ultragauche

Certaines actions sont directement revendiquées par des groupes associés à l'ultragauche, mais dans la majorité des cas, les sites ne font que relayer l'information de ces dégradations. Parmi les textes qui ont pu inspirer des actions, celui posté en avril 2020 et intitulé : "En mai, fais ce qu'il te plaît : un appel au conflit". On peut y lire : "A l’heure où tout le monde ou presque travaille/étudie/partage/se détend/s’instruit/s’insurge/fais du sexe… face à un écran, que se passerait-il si quelques câbles de fibres optiques sous une trappe faciles d’accès étaient saboté (sic) ?

Ces textes sont parfois accompagnés de manuels détaillant les moyens à mettre en œuvre pour dégrader ou détruire le matériel. Ils donnent également des conseils afin d'éviter toute interpellation, enjoignant notamment à agir sur des infrastructures isolées, peu protégés et donc facilement accessibles. 

Cette situation n'est pas propre à la France. La Belgique, l'Italie, les Pays-Bas et le Royaume-Uni ont également été confrontés à une série d'incendies de pylônes de télécommunication lors du printemps 2020. Certains groupes vont même jusqu'à échanger leurs "conseils" d'un pays à l'autre.

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