Société

"2.000 emplois perdus en 4 ans dans le BTP en Sarthe" Noël Peyramayou

Par Christelle Caillot, France Bleu Maine mardi 20 septembre 2016 à 10:34 Mis à jour le mardi 20 septembre 2016 à 16:30

Noël Peyramayou, président de la fédération du bâtiment en Sarthe
Noël Peyramayou, président de la fédération du bâtiment en Sarthe © Radio France - Christelle Caillot

VIDEO : Noël Peyramayou, président de la fédération du bâtiment en Sarthe, "on a perdu 2.000 emplois en quatre ans".

La réplique est bien connue "quand le bâtiment va, tout va". En Sarthe, si les entreprises de l'agro-alimentaires et les industries se portent bien, c'est loin d'être le cas pour le secteur du bâtiment. C'est ce que nous a dit ce mardi Noël Peyramayou, le président de la fédération du bâtiment en Sarthe.

La question des appels d'offres locaux

"La plupart des commandes sont des commandes publiques" selon Noël Peyramayou et quand on lui demande si c'est facile d'avoir les appels d'offres locaux, il répond un peu agacé : "alors justement, la question est d'actualité; le département a lancé un appel d'offres sur quatre collèges pour environ 50 millions d'euros et l'équipe retenue n'a pas un maçon sur la territoire. Et de rajouter un peu ironique : il ne faut pas changer la réglementation, je ne vais pas apprendre aux politiques comment on fait pour que le territoire prenne les commandes !" Concernant la futur construction de l'échangeur de Connerré, est-ce qu'il y aura des Sarthois sur le chantier : "ben j'en sais rien, pas plus que j'imaginais que le lauréat ne serait pas sarthois pour la commande des quatre collèges".

Joint dans la journée, le conseil départemental de la Sarthe s'inscrit en faux. Selon Samuel Chevallier, qui préside la commission chargée des appels d'offres, "80% des entreprises qui ont emporté les appels d'offres déjà réalisés sont sarthoises". Le département ne peut pas privilégier directement une entreprise sarthoise, c'est illégal, mais des leviers existent dans la rédaction de l'appel d'offre : "on peut mettre des clauses, travailler l'appel d'offres de façon à ce qu'il y ait des tailles d'entreprises notamment des petites et moyennes entreprises". Or, pour ces structures de petites tailles, les coûts de déplacement sont très élevés. Ce sont donc forcément des entreprises locales qui candidatent. Deuxième levier : l'insertion. "Cela oblige celui qui répond au marché à mettre des heures d'insertion, pour permettre à des jeunes ou des personnes éloignées de l'emploi de venir travailler sur le chantier. Généralement ces personnes se trouvent dans le bassin d'emploi du chantier" précise encore Samuel Chevallier, également maire de Ruaudin.

2.000 emplois perdus en quatre ans

"En Sarthe, ça ne va pas bien, le département reste un peu scotché au fond. Il y a eu 120 liquidations judiciaires en 2015, et on en est déjà à 60 depuis le début de l'année", nous dit Noël Peyramayou, le président de la fédération du bâtiment en Sarthe. "C'est un rythme deux fois plus élevé que la normale qui a des conséquences sur l'emploi. Le bâtiment sarthois employait très exactement en mars 2012, 9828 salariés et en mars 2016, 7956, soit quasiment 2.000 emplois perdus dans le bâtiment en quatre ans. Il y a eu des manques de commandes".

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