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Société
Dossier : Tempêtes de 1999, 20 ans après

Tempête de 1999 : 20 ans après, a-t-on tiré les leçons de cet événement en Creuse ?

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Par , France Bleu Creuse

En 1999, la tempête Martin a frappé la Creuse, dans la nuit du 27 au 28 décembre. Les vents ont fait tomber des milliers d'arbres et de poteaux électriques. Il a fallu des semaines pour rétablir l'électricité et dégager tous les chemins. 20 ans plus tard pourrait-on vivre la même catastrophe?

Des agents d'Enedis travaillent sur des lignes endommagées après une tempête (image d'illustration).
Des agents d'Enedis travaillent sur des lignes endommagées après une tempête (image d'illustration). © Maxppp - Thomas Brégardis

Département Creuse, France

Il y a 20 ans, la tempête Martin a véritablement soufflé la Creuse. Dans la nuit du 27 au 28 décembre des rafales à 158km/h ont été mesurées à La Souterraine. Sur tout le territoire, les vents ont emporté les toits, les arbres et les poteaux électriques

Au plus fort de la tempête 80% des Creusois ont été privés d’électricité. Le lendemain, 60 000 foyers étaient toujours coupés. Rétablir le courant dans tous les foyers prendra plus de deux semaines. Cette catastrophe a servi de prise de conscience, puisque aujourd'hui dans notre département, près de la moitié du réseau moyenne tension est enterré. Il est donc beaucoup moins vulnérable aux tempêtes. 

Après 99, le réseau électrique est réparé en urgence

La tempête de 99 a eu l'effet d'un coup de massue. Au lendemain de la tempête EDF a découvert des milliers d'arbres tombés sur les lignes électriques creusoises. Les câbles traînaient par terre, par endroit, les poteaux étaient cassés en deux

Les agents d'EDF réparent des lignes tombées à terre à Châtelus-le-Marcheix. - Aucun(e)
Les agents d'EDF réparent des lignes tombées à terre à Châtelus-le-Marcheix. - André Mavigner

"Immédiatement, EDF a compris qu'il fallait enfouir les lignes, notamment dans les zones boisées", se souvient André Mavigner, le président du Syndicat Départemental d'Electricité de la Creuse (SDEC). Le SDEC est propriétaire du réseau. Cependant, les travaux doivent être assurés par le concessionnaire, EDF (qui deviendra ERDF,puis ENEDIS). 

Au lendemain de la tempête, EDF a préféré réparer le réseau dans l'urgence et a opté de nouveau pour des lignes aériennes

A partir de 2008, ERDF enterre la plupart des lignes dans les zones boisées

Pendant les hivers 2007 et 2008, d'importantes couches de neiges recouvrent la Creuse "et les réseaux finissent de nouveau par terre", raconte André Mavigner.

c'est là qu'ERDF a vraiment mis le paquet en enfouissant entre 100 et 150 km par an

Aujourd'hui près de la moitié des lignes principales, c'est à dire les moyenne tension sont enfouies. Les lignes basse tension sont rarement enfouies mais elles ont été sécurisées en mettant en place des fils aériens moins fragiles nommés "câbles torsadés". 

Encore des zones fragiles en Creuse

La Creuse est donc moins vulnérable aux aléas climatiques qu'à l'époque de la tempête de 99. Cependant, les efforts d'Enedis pour enfouir les lignes se sont réduits

Il existe encore des lignes fragiles, notamment dans le secteur de Boussac. "Comme la zone était moins boisée et qu'elle a moins souffert des aléas climatiques, on l'a un peu délaissée et aujourd'hui le réseau a vieilli", explique André Mavigner. 

Travaux d'enterrement d'une ligne électrique moyenne tension. - Radio France
Travaux d'enterrement d'une ligne électrique moyenne tension. © Radio France - Caroline Félix

Le président du SDEC reconnaît qu'il faut poursuivre les efforts pour enfouir certaines lignes. Néanmoins, il explique que l'objectif n'est pas d'enfouir 100% du réseau. Ces travaux sont 2 à 3 fois plus coûteux que d'installer des lignes aériennes. "Par ailleurs, lorsqu'il y a une coupure en aérien, on la trouve et on la répare plus facilement que si le câble est enterré", explique André Mavigner. 

Comment la tempête a modifié la gestion des forêts

Au cours des semaines qui ont suivi la tempête l'Office National des forêts (ONF) a dû dresser un diagnostic de toutes les forêts publiques de la Creuse. Dans les secteurs de Bourganeuf, Crocq et la Courtine notamment, les forêts étaient dévastées

Les agents de l'ONF ont ensuite organisé la vente de tous ce bois. "Ça a pris énormément de temps, certains massifs étaient inaccessibles, se souvient Laurent Rivière, chef de projet à l'ONF, les dernières ventes ont dû avoir lieu en 2002."

Une forêt dévastée dans le secteur de Châtelus-le-Marcheix. - Aucun(e)
Une forêt dévastée dans le secteur de Châtelus-le-Marcheix. - André Mavigner

A partir de 2003, l'ONF a entrepris le reboisement des forêts creusoises. Les techniciens de l'ONF ont eux aussi tiré des leçons de la tempête : "On n'a pas replanté d'épicéa, tous ceux qui restent en Creuse datent d'avant 99", assure Laurent Rivière. 

En effet les épicéas, qui ont un faible système racinaire, résistent très mal aux coups de vent. L'ONF a essentiellement replanté des douglas, des mélèzes et des feuillus. 

L'ONF n'a pas replanté d'épicéa en Creuse après la tempête. - Maxppp
L'ONF n'a pas replanté d'épicéa en Creuse après la tempête. © Maxppp - Christian Watier

Les énormes ventes de bois suite à la tempête ont aussi permis aux techniciens de l'ONF de mieux comprendre le marché du bois, ce qui a influencé la gestion des forêts par la suite.

"Ce marché est très spécialisé. Quand vous avez du bois blanc (sapin, épicéa), vous ne le vendrez qu'à des transformateurs de bois blanc. Même chose pour le bois rouge (douglas). Et quand vous avez un lot avec moitié/moitié, personne n'en veut, assure Laurent Rivière ça nous a appris beaucoup au niveau plantation. Il vaut mieux planter de plus petites parcelles mais faire en sorte que le lot soit homogène". Après la tempête, l'ONF a aussi développé des plans de crises.

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