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Société

20 ans du démontage du McDo à Millau - José Bové : "On a eu raison de le faire"

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Par , France Bleu Occitanie, France Bleu

Le 12 août 1999, José Bové et des agriculteurs démontaient un McDonald's en construction à Millau (Aveyron). 20 ans plus tard, "le combat continue" estime celui qui est devenu à cette époque une des figures de l'altermondialisme.

José Bové en 2002 devant la maison d'arrêt de Villeneuve-les-Maguelonne.
José Bové en 2002 devant la maison d'arrêt de Villeneuve-les-Maguelonne. © Maxppp - MAXPPP

Millau, France

Il y a vingt ans, l'Organisation mondiale du commerce (OMC) autorise les Etats-unis à prendre des sanctions économiques contre l'UE qui refuse d'importer du boeuf "dopé" aux hormones. Des agriculteurs du Larzac, membres de la Confédération paysanne, décident alors de mener une action, en prévenant la police, pour protester notamment contre la décision de surtaxer le Roquefort et démontent le McDonald's de Millau à visages découverts. José Bové sera condamné à trois de prison ferme pour cette action. 

Ce lundi 12 août, la Confédération Paysanne de l'Aveyron organise un rassemblement à Millau, vingt ans jour pour jour après le démontage du restaurant McDonald's en construction. José Bové n'y participera pas. Entretien. 

France Bleu Occitanie : Serez-vous présent lundi pour ce rassemblement ?

"Non. C'est très bien que la Confédération Paysanne fasse un rassemblement mais je ne suis pas là. Je les ai prévenus depuis longtemps. Je suis en vacances mais ce n'est pas du tout une façon de me dérober. Si d'autres actions sont lancées, j'y participerais. Je trouve très bien que les nouvelles générations décident des actions à mener. Et je n'ai pas forcément un sens de la commémoration. L'action a eu lieu, aujourd'hui il y a de nouveaux combats qui se mènent. Ils ont raison de faire ce rassemblement pour dénoncer tous les accords de libre-échange qui sont en fait la suite de ce que nous dénoncions il y a vingt ans et plus."

FBO : Avec le recul, quel regard portez-vous sur l'action de Millau ? 

"Dans le contexte de l'époque, je pense qu'on a eu raison de mener cette action. Il n'y avait pas d'autre issue pour alerter sur la prise en otage des agriculteurs. Aujourd'hui, on est dans une situation aussi grave, ou encore plus grave. C'est l'opinion publique qui doit s'emparer de la chose. Je n'arrive pas à comprendre que les députés de la majorité aient signé le CETA, cet accord invraisemblable et aberrant."

José Bové : "Je ne vois pas beaucoup de motif d'espoir"

"Le combat continue. Aujourd'hui, il y a besoin d'un sursaut. Il faut qu'on sorte l'agriculture des règles des accords de libre-échange. A l'époque, nous disions déjà que l'agriculture n'avait rien à faire dans l'OMC. Cela devient de plus en plus fou de voir que l'agriculture est la dernière monnaie d'échange. Ce sont les paysans qui se retrouvent victimes et perdent leur capacité à nourrir leur propre population. C'est le système global qui est à mettre en cause. Il y a vingt ans, on était plus sur des questions sanitaires et d'avenir de l'agriculture, aujourd'hui tout ça est renforcé par l'urgence climatique."

FBO : Vous voyez des motifs d'espoir dans votre combat ?

"A l'heure qu'il est, je ne vois pas beaucoup de motif d'espoir. On entend des très beaux discours au moment de l'accord de Paris, on nous dit qu'il faut absolument prendre en compte le climat, que le modèle agricole change... Et dans le même temps le gouvernement de M. Macron signe les accords de libre-échange ou accepte sans rien dire les nouvelles propositions de politique agricole commune qui seront votées au Parlement Européen. Les discours ont changé, les pratiques politiques absolument pas."