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Société

2000 enfants maltraités sont signalés dans l'Yonne chaque année

mercredi 1 mars 2017 à 21:01 - Mis à jour le jeudi 2 mars 2017 à 17:58 Par Élisa Brinai et Delphine Martin, France Bleu Auxerre

Laurence Rossignol, la ministre des familles, a présenté ce mercredi un plan contre la maltraitance des enfants. Dans l’Yonne, 2000 cas sont signalés chaque année. Est-il difficile de repérer ces enfants en danger? Des acteurs qui leurs viennent en aide au quotidien témoignent.

Sept enfants sont mort des suites de violence depuis le début de l'année 2017 en France.
Sept enfants sont mort des suites de violence depuis le début de l'année 2017 en France. © Maxppp -

Yonne, France

Laurence Rossignol, la ministre des familles, a présenté ce mercredi un plan contre la maltraitance des enfants. "Ce premier plan permettra d'éveiller les consciences sur l'ampleur des violences, de lever un tabou sur la réalité mais aussi de libérer la parole", a-t-elle déclaré. Dans l’Yonne, 2000 cas sont signalés chaque année aux services de protection de l’enfance. "C'est ce qu'on appelle des informations préoccupantes, et cela comprend aussi bien les cas de maltraitance physique que des parents trop absents ou négligeant" , précise-t-on au conseil départemental. "Et après enquête, en 2015, sur les 2026 signalement, les services de la protection de l'enfance ont demandé 500 mesures judiciaires".

Les médecins en première ligne pour donner l’alerte

A l’hôpital d’Auxerre, le docteur Habid Amama, pédiatre, voit en moyenne trois à quatre cas d’enfants maltraités par an. Il les repère en consultation.

On a des signes d’alerte, telle que les morsures, les griffures, les bleus, les traces de coups, le manque d’hygiène, ou un syndrome dépressif chez l’enfant.

– Dr Habid Amama, pédiatre à l’hôpital d’Auxerre

Il y a la violence physique, facilement identifiables. D'autres formes de maltraitantes sont plus insidieuses. Le pédiatre les appelle « des négligences lourdes ». Ce sont des situations où l’enfant dépérit petit à petit.

Le dernier cas nous a fait pleurer avec mon équipe : c’était un enfant de quatre ans. Il pesait quatre kilos et il avait la peau sur les os. Il mangeait ses excréments. C’était l’enfer.

– Dr Habid Amama, pédiatre à l’hôpital d’Auxerre

L’une des idées du plan ministériel pour lutter contre les violences faites aux enfants est de mettre en place un médecin référent dans chaque hôpital. Cela permettrait de mieux recenser les mineurs victimes de violence et de mieux former les personnes en contact avec ces enfants. L’année dernière, en France, les hôpitaux ont fait remonter 255 cas de morts suspectes d’enfants au ministère de la famille.

"L'Yonne fait partie des départements à risque" : Dr Amama, pédiatre à l'hôpital d'Auxerre

Mais la maltraitance n'est pas uniquement physique. Parfois, ce sont des comportements inadaptés des parents qui blessent durablement leurs enfants. Il y a notamment l'exposition à des images pornographiques, comme le rappelle le Docteur Bertrand Soto, chef du service de pédiatrie à l'hôpital d'Auxerre : "la pornographie subie par les enfants entraîne des comportements déviants" explique-t-il.

Et puis il y a la violence conjugale, la violence entre les parents :"les conséquences sont dramatiques chez les enfants, même s'ils n''ont pas pris de coups. Soit l'enfant prend le partie du persécuteur et va reproduire cette persécution, soit il prend le partie du persécuté et deviendra une victime à vie" précise le médecin.

"La violence entre les parents a aussi des effets dévastateurs sur les enfants" : Dr Soto, pédiatre à l'hôpital d'Auxerre

Un phénomène qui touche toutes les classes sociales

Il n’existe pas de profil type des parents violents, selon Grégory Leroy, vice-procureur d'Auxerre, en charge des mineurs.

On est loin des stéréotypes sur les familles qui vivent dans la misère, toutes les classes sociales sont concernées par ce type de comportements.

- Grégory Leroy, vice-procureur d’Auxerre chargé des mineurs

Le vice-procureur d'Auxerre note toutefois quelques éléments de convergences qui peuvent exister : « certains auteurs de maltraitance ont parfois eux même subit dans leur enfance des gestes agressifs de la part de leurs parents. Il peut y avoir un schéma de répétition, mais ce n’est pas forcément la majorité des cas. On note aussi souvent des troubles psychologiques, voire psychiatriques.»

Les proches restent trop silencieux

Les médecins, les professeurs et les instituteurs sont régulièrement les premiers à signaler des cas inquiétants. Trop souvent, d’autres témoins de violences sur les enfants, qu’ils soient des voisins ou des proches de la victime, préfèrent se taire de peur de se mêler d’histoires de famille qui ne les regardent pas. « On peut comprendre qu’il y ait des réticences à dénoncer quelqu’un, de peur de le faire à tort. Mais combattre les maltraitances contre les mineurs cela suppose au préalable qu’une parole soit libérée. Il faut briser l’omerta », estime Grégory Leroy, vice-procureur d’Auxerre.

Il faut oser dire ses soupçons et ses doutes sur le cas d’un enfant que l’on connait ou que l’on côtoie.

- Grégory Leroy, vice-procureur d’Auxerre chargé des mineurs

"Pour combattre les maltraitances, il faut briser l'omerta" : Grégory Leroy, vice-procureur d'Auxerre

Dans l’Yonne des milliers de signalements sont effectués chaque année auprès du service de protection de l’enfance du Conseil Départemental, qui les remonte ensuite à la justice. Une cellule spécifique dédiée au recueil des informations préoccupantes existe.

Quelques informations pratiques pour signaler un enfant maltraité :

  • Cellule de Recueil des Informations préoccupantes, Conseil Général de l’Yonne : 03 86 72 84 60
  • Numéro vert national, 24h/24, 7j/7 : 119
  • Pour les urgences, contactez la gendarmerie ou le commissariat.