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Société

2018, sale année pour les associations caritatives mayennaises

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Par , France Bleu Mayenne

Le Secours populaire, les Restos du Cœur, la SPA : humanitaires et caritatives, ces associations mayennaises ont connu une année 2018 compliquée, voire catastrophique. Les donateurs se sont souvent faits plus rares ou moins généreux, pour plusieurs raisons.

Même s'il n'est pas optimiste, Gilles Leboisne, secrétaire général du Secours populaire, est fier de voir les Mayennais se serrer les coudes.
Même s'il n'est pas optimiste, Gilles Leboisne, secrétaire général du Secours populaire, est fier de voir les Mayennais se serrer les coudes. © Radio France - Simon de Faucompret

Mayenne, France

Bonne année, bonne santé... Du moins, certaines associations caritatives mayennaises l'espèrent. L'année 2018, elle, doit être oubliée au plus vite. Selon la Fédération des acteurs de la solidarité (FNARS), les associations ont vu leurs dons baisser de 20 à 50% au cours de l'année

Baisse du pouvoir d'achat

Et pourtant, ce n'est pas l'envie qui manque pour Monique, une Lavalloise à la retraite. "J'ai donné pendant des années à la SPA, mais aujourd'hui je ne peux plus", soupire-t-elle. "Tous les produits sont très chers, l’alimentation … Un moment donné, on gratte les fonds de tiroir et on finit par freiner." Elle précise qu'elle continue de donner cinquante euros, chaque Noël, pour Orpheopolis, qui accompagne les orphelins de policiers.

C'est triste à avouer pour beaucoup d'anciens donateurs : la générosité, ça peut vite coûter cher. Pour pouvoir vraiment aider, il faut avoir les moyens, comme Gabriel qui affirme avoir une bonne retraite : "Depuis une vingtaine d'années, je donne cinquante euros par mois à plein d'associations", sourit-il. Un budget annuel de 600 euros qu'il distribue aux Restos du Cœur, aux associations contre le cancer ou encore au Secours populaire.

"Ça m'a bouffé."

Sauf qu'en 2018, il a donné deux fois moins. Pour prendre en charge les soucis de santé de sa femme, mais surtout pour autre chose : "J'ai été envahi par les appels de dons", glisse-t-il. "Honnêtement, entre octobre et décembre, j’ai bien reçu cent appels. Ça m’a bouffé. Je veux bien donner, mais quand même, je ne vais pas donner cinquante euros à cent associations !"

SOS, assos en détresse

Si les acteurs caritatifs insistent à ce point, ce n'est pas pour rien : certaines ne vivent quasiment que grâce aux dons, et ils ont dangereusement baissé cette année. C'est surtout en fin d'année que la baisse a été la plus forte. "C'est justement en novembre et décembre qu'on reçoit la moitié de nos dons", regrette Catherine Marestaing, déléguée du Secours catholique en Mayenne. Elle a une explication : "La crise sociale des gilets jaunes a fortement impacté cette fin d'année."

Pourtant, les Mayennais sont plutôt généreux : leurs dons mensuels tournent autour de 25 à 30 euros, alors que la moyenne nationale est de l'ordre de 20 euros. C'est ce qu'a observé Gilles Leboisne, secrétaire général du Secours populaire dans le département. "Nos dons ont baissé, mais on a gagné quelques donateurs réguliers. Les Mayennais se serrent les coudes entre eux." En revanche, de moins en moins de personnes font des dons pour les catastrophes naturelles à l'étranger, comme les ouragans ou les tsunamis. "C'est terrible, mais réchauffement climatique oblige, les catastrophes se multiplient", soupire-t-il. "Impossible de suivre."

Suppression de l'ISF et prélèvement à la source

Autre grosse épine dans le pied des associations : la suppression, il y a un an, de l'impôt sur la fortune (ISF), que devaient payer les personnes aisées. "Ça pèse lourdement sur nos comptes", admet André Alour, trésorier des Restos du Cœur en Mayenne. Pas étonnant : ceux qui payaient l'ISF pouvaient choisir de faire un don à une association à but non lucratif pour voir sa taxe réduite. "Ça nous rapportait environ 30 000 euros", précise le trésorier. "Cette année, si on récolte 5 000 euros, on est contents."

Et le lancement du prélèvement à la source, ce 2 janvier en Mayenne, ne va pas arranger le souci selon lui. Sans la traditionnelle déclaration de revenus une fois par an, André Alour pense que les contribuables vont être dans le flou. "Quand on ne sait pas, on ne fait pas", lance-t-il. Sans réelle visibilité sur leur crédit d'impôt et sur ce qu'ils économisent, les donateurs pourraient être tentés d'arrêter de donner. Même si, précise-t-il, les dons seront toujours en partie défiscalisés.