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Société

24 Heures du Mans : le défi hors norme de Frédéric Sausset, pilote sans bras ni jambe

Un pilote amputé des quatre membres, engagé dans l'épreuve-reine du sport automobile : c'est l'histoire incroyable de Frédéric Sausset. Ce chef d'entreprise de 47 ans a tout donné pour gagner sa place au départ de la 84ème édition des 24 Heures du Mans

Frédéric Sausset, lors de la journée test des 24H du Mans le 5 juin 2016
Frédéric Sausset, lors de la journée test des 24H du Mans le 5 juin 2016 © Radio France - Julien Jean

La vie de Frédéric Sausset a basculé en 2012, à cause d'une simple éraflure qui a servi d'entrée à une bactérie foudroyante : plongé dans le coma, il se réveille un mois plus tard amputé des bras et des jambes. Ce chef d'entreprise de Blois, passionné de sport auto, se fait alors une promesse, celle de courir les 24 Heures du Mans. Un rêve qui se concrétise seulement quatre ans plus tard : Frédéric Sausset sera bien au départ le 18 juin au volant de la voiture N°56 (le stand réservé aux nouvelles technologies), en équipage avec deux grands pilotes des 24 Heures, Christophe Tinseau et Jean-Bernard Bouvet.

Vous avez vaincu tous les obstacles pour pouvoir prendre le départ des 24 heures du Mans : peut-on dire que, d'une certaine façon, vous avez déjà gagné ?

Au fond de moi, oui, effectivement, j'ai le sentiment d'avoir déjà gagné le défi parce que tout le travail réalisé nous a permis de progresser pour être aujourd'hui au départ des 24 Heures du Mans. Vu l'état dans lequel j'étais il y a un peu plus de trois ans et demi, oui le défi est gagné. Maintenant, il faut aller jusqu'au bout, et donc voir le drapeau à damier dimanche à 15H.

Concrètement, comment faites-vous pour piloter ?

La voiture a été adaptée avec les équipes de chez Onroak Automotive. On est parti d'un système que j'avais mis au point pour conduire une voiture normale, à ma sortie de centre de rééducation ; évidemment, il a fallu adapter le dispositif pour qu'il soit suffisamment performant pour le sport auto, mais le système de base est relativement simple : ce sont des rallonges de pédale d'accélérateur et de frein qui viennent se fixer sous mes cuisses. Là où les choses se compliquent vraiment, c'est que je ne pilote qu'avec un seul bras. Or à 300 km/h, les organisateurs pouvaient avoir quelques inquiétudes. Mais les multiples courses et entrainements qu'on a faits ont prouvé que c'était jouable. Il a quand même fallu beaucoup de travail physique pour muscler cette partie de mon corps.

Cela reste quand même bluffant !

C'est normal que ça suscite de l'étonnement. Comme toujours quand c'est une première. Il y a toujours eu des sceptiques, dès le départ, et même beaucoup plus que de convaincus. Et puis avec tout le travail réalisé avec Christophe Tinseau et Jean-Bernard Bouvet [ses deux coéquipiers, NDLR], on a prouvé qu'on avait notre place. Aujourd'hui, quand je suis au volant de la voiture, j'en oublie mon handicap. Les témoignages super sympa de pilotes comme Benoit Tréluyer ou Romain Dumas, mais aussi du Dr Ullrich [le patron d'Audi Sport], ça fait vraiment plaisir. Si ces gens-là jugent que c'est bon, c'est bien qu'on a notre place.

Tous les médias parlent de vous : comment abordez-vous cette pression supplémentaire ?

Je savais que ce serait une composante à intégrer dans ma préparation, même si c'est vrai que c'est assez massif d'un seul coup. Maintenant, avec le team, on essaie de se focaliser sur notre mission, qui est de finir cette course dans les meilleures conditions possibles. On essaie de se dire que l'engouement des médias autour de nous est juste le signe que l'aventure est belle, et on essaie de ne pas avoir trop de pression par rapport à tout ça.

Votre défi personnel a-t-il une portée plus universelle ? Avez-vous un message à faire passer ?

Bien sûr, ça a toujours été le deuxième volet de l'aventure. D'un côté, il y a le défi sportif et personnel, en forme de revanche sur la vie ; mais le message important c'est aussi que le handicap n'est pas une fin en soi. Lorsqu'on est touché brutalement par ce genre de choses, on reste capable de faire des choses incroyables. Moi qui suis resté longtemps à l'hôpital, j'ai vu beaucoup de gens qui n'avaient pas cette envie d'aller de l'avant, ou en tout cas qui n'en avaient plus la force. J'espère redonner de l'espoir. Ce serait formidable de peut-être susciter des vocations pour certains et l'envie de se dépasser.

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