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Société

2.500 personnes ont marché à Montpellier contre les violences faites aux femmes

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Par , France Bleu Hérault

La deuxième édition de la Marche contre les violences faites aux femmes a rassemblé beaucoup de monde dans les rues de Montpellier (Hérault). Entre 2.500 et 3.000 personnes ont défilé pour dénoncer notamment la hausse des féminicides depuis le début de l'année 2019.

Les noms des 137 femmes tuées par leur conjoint ou leur ex-conjoint en 2019 ont été affichés sur de nombreuses pancartes à l'occasion de la marche contre les violences faites aux femmes
Les noms des 137 femmes tuées par leur conjoint ou leur ex-conjoint en 2019 ont été affichés sur de nombreuses pancartes à l'occasion de la marche contre les violences faites aux femmes © Radio France - Elena Louazon

Montpellier, France

Les montpelliérains se sont mobilisés en masse contre les violences faites aux femmes. Pour cette deuxième marche, entre 2.500 et 3.000 personnes ont défilé dans Montpellier selon le collectif Nous Toutes, à l'origine de la manifestation, le double de l'an passé. La police parle elle de 1.650 manifestants.

Les questions de harcèlement sexuel au quotidien et des violences sexistes et sexuelles avaient été mises en avant, quelques mois après les révélations de l'Affaire Weinstein. Cette année, les féminicides, en hausse en 2019, étaient au centre des slogans et des pancartes.

La violence au quotidien

"C'est bien qu'il y ait autant de monde, _ça fait du bien_", souffle Espérance, la soixantaine, en regardant passer le cortège. La jeune retraitée s'est mise volontairement à l'écart de la manifestation, trop fatiguée, mais aussi trop émue pour rejoindre la foule. Au début des années 2000, elle était l'une de ces 220.000 femmes victimes de violences conjugales chaque année

"Mon mari était alcoolique, il était violent, il cassait tout dans la maison. J'ai voulu m'échapper, il m'a coincé la main dans la porte. Un soir il est arrivé, il a pris un morceau de viande au congélateur et il m'a frappé avec plusieurs fois". En sortant de l'hôpital, où elle a reçu des points de suture, Espérance décide de porter plainte. Son mari fera finalement un an de prison ferme, mais durant plusieurs mois, elle n'est pas tranquille. "Ils ont mis longtemps à l'incarcérer, regrette-t-elle. Faut bouger, pour les petites !"

En tête de cortège, des jeunes femmes, habillées d'un tee-shirt blanc couvert de faux sang. Avec ses amies, Clara colle tous les soirs dans les rues de Montpellier les noms des femmes tuées par leurs conjoints ou leur ex-conjoint. "On veut prendre le temps d'humaniser les victimes, explique la jeune femme. Les chiffres des féminicides sont impressionnants, mais derrière ces chiffres il y a des noms, derrière ces noms il y a des vies".

Former les juges et les policiers

Dans le cortège, on dénonce la lenteur de la justice et surtout de la police, à réagir. Les manifestants se sont arrêtés devant des lieux symboliques : le palais de justice et la préfecture de l'Hérault, pour souligner qu'un tiers des victimes avaient signalé leur agresseur à la justice.

"Les femmes ne portent plus plainte car elles ont profondément conscience que ça ne va les mener nulle part ou que ça va se retourner contre elles, dénonce Clara, à genou, devant la préfecture. On passe notre temps à excuser les agresseurs. On veut un éveil des consciences ! Certains personnes ont le pouvoir de faire en sorte que ça se passe différemment, elles travaillent au sein de ces bâtiments, on a besoin d'elles, mais elles entravent la possibilité que ça s'arranger et les victimes les craignent".

"Il s'est passé quelque chose, _la prise de conscience est en train d'avoir lieu_, se réjouit Marie-Noëlle Lanuit, du collectif Nous Toutes 34. C'est très important, on a jamais eu autant de féminicides, alors que les femmes avaient déposé plainte. Elles le font, et elles se font assassiner quand même. Donc il y a vraiment un problème. La formation est devenue le nerf de la guerre, et c'est à tous les étages : dès la maternelle sur la violence et le consentement, mais aussi par la formation des métiers qui accueillent du public. Il faut apprendre à écouter et détecter les femmes qui souffrent". 

Les milliers de manifestants ont participé à un sit-in Place de la Comédie - Radio France
Les milliers de manifestants ont participé à un sit-in Place de la Comédie © Radio France - Elena Louazon
  - Radio France
© Radio France - Elena Louazon
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