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Société

Vingt-sept parrainages républicains à Saint-Hilaire-du-Rosier

lundi 27 mars 2017 à 6:00 Par Lionel Cariou, France Bleu Isère

Les derniers migrants hébergés au Centre d'accueil et d'orientation (CAO) de Saint-Hilaure-du-Rosier (Isère) sont partis mercredi. Vendredi, la mairie a organisé une cérémonie de "parrainages républicains" pour marquer la fin d'une histoire. Une histoire qui a marqué la commune.

La cérémonie des parrainages républicains ce vendredi à Saint-Hilaire-du-Rosier
La cérémonie des parrainages républicains ce vendredi à Saint-Hilaire-du-Rosier © Radio France - Lionel Cariou

Saint-Hilaire-du-Rosier, France

"Ah si c'était à refaire je le referai !"

Nadia Pinard-Cadet, son écharpe de première adjointe autour du buste, n'hésite pas un seul instant quand on lui demande de faire le bilan de ces cinq moins passés en compagnie de ceux que l'on nomme "les migrants". Ici, on préfère les appeler "les accueillis". Vingt-sept d'entre eux ont participé vendredi à la cérémonie de parrainages républicains organisée par la mairie.

"C'est une grande richesse, et pas que pour nous en tant qu'individus, c'est aussi une immense richesse pour notre commune et je pense que la commune en sort grandie de cette aventure car c'était loin d'être gagné. Aujourd'hui les habitants de Saint-Hilaire peuvent être fier."

Nadia Pinard-Cadet, première adjointe au maire de Saint-Hilaire-du-Rosier

L'élue peut dire que "c'était loin d'être gagné". D'abord parce que la commune n'a rien demandé. Les réfugiés ont été dirigés ici par la Préfecture de l'Isère. Et puis il y a eu cette réunion publique début octobre, qui a mal tourné. Il y a eu aussi des coups de feu tirés contre le Centre d’accueil et d'orientation (CAO), avant l'arrivée des premiers étrangers, en novembre.

57 réfugiés, principalement venus du Soudan

Et puis des habitants ont monté un "collectif de soutien" pour aider les cinquante-sept Africains hébergés au CAO. Il s'agissait de jeunes hommes venus d'Afrique de l'Est, principalement du Soudan, et passé par les camps de fortune de Paris. Leur vie à Saint-Hilaire s'est peu à peu organisée. Certains habitants ont donné des cours de français, d'autres des vêtements. Pendant les fêtes, des migrants ont été invités dans les familles. On leur a fait découvrir les montagne, le cinéma de Saint-Marcellin a offert des séances gratuites, et la piscine a ouvert ses tourniquets. Les Soudanais de Saint-Hilaire ont aussi visité des fermes, des entreprises.

"Beaucoup de personnes nous ont aidé. On a été très heureux ici !"

Le reportage sur les parrainages républicains

Ibdal a le sourire. Aujourd'hui il est dans un centre d’accueil pour demandeurs d'asile (CADA) au Péage-de-Roussillon. Mais il se souviendra longtemps de Saint-Hilaire-du-Rosier où il a désormais un parrain et une marraines "républicains". Ils l'aideront dans les démarches qui l'attendent. Car le chemin est encore long pour cet homme qui a fuit la guerre au Darfour.

"Ma maison a été détruite et j'ai perdu beaucoup de gens de mon entourage. J'ai quitté l'Afrique et je suis venu ici pour recommencer une nouvelle vie."

Ibdal s'inscrit maintenant dans la procédure classique des demandeurs d'asile et son dossier va être instruit. Mais pour onze "accueillis" de Saint-Hilaire, la situation est plus compliquée car ils ont été enregistrés en Italie à leur arrivée en Europe. Or la procédure dite "Dublin" leur impose en théorie de présenter leur demande d'asile dans ce pays, alors même qu'ils désirent rester en France. Le collectif de soutien de Saint-Hilaire-du-Rosier a donc écrit une lettre ouverte à l'intention du Président de la République, du Premier Ministre et du préfet de l'Isère. Pascale Guirimand, du collectif, demande aux autorités de ne pas appliquer cette procédure et de permettre à ces hommes de déposer leur dossier quelque part en France. Aujourd'hui, tous ont quitté le CAO de Saint-Hilaire-du-Rosier.

Pascale Guirimand, du collectif de soutien de Saint-Hilaire-du-Rosier