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Dossier : Coronavirus Covid-19

Trois mois dans les Ehpad, du deuil impossible à l'assouplissement des règles des visites

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Par , France Bleu Saint-Étienne Loire

Dans la dynamique de la 2e phase de déconfinement, les Ehpad vont vivre une fin de semaine enthousiasmante. Les résidents vont pouvoir recevoir des visites plus librement. Une éclaircie qui n'efface pas quasiment trois mois de souffrances et d'inquiétudes chez les personnels, résidents et familles.

Les règles vont être allégées dans les Ehpads.
Les règles vont être allégées dans les Ehpads. © Maxppp - Guillaume BONNEFONT

A partir de vendredi la reprise des visites de proches pourra se faire à plus de deux personnes à la fois, lorsqu’elle se déroulera à l’extérieur, et à deux personnes maximum dans une chambre. Les mineurs pourront aussi rendre visite à leurs ainés. Des assouplissements qui permettront d'alléger le contexte des Ehpads qui aura été parmi les plus pesants durant la crise sanitaire. Comme de très nombreux établissements, l'Ehpad de Lamartine à Saint-Étienne a payé un fort tribut ces dernières semaines des résidents décédés, des peurs et incompréhensions pour celles et ceux qui ont survécu ainsi que pour leur famille. Aujourd'hui, il s'agit donc de faire en sorte que chacun retrouve ses marques. 

Cet allègement des règles est donc en théorie bienvenu pour la responsable de l'établissement Marie-Claire Monplot, mais il ne va pas tout changer d'un coup de baguette magique : "Je ne crois crois pas que cela change fondamentalement ce qui est déjà en place dans nos établissements car les visites se feront toujours sur rendez-vous, sans circulation de visiteurs dans l’établissement. Des visites peuvent être organisées dans le jardin et là il y a du changement car il pourra y avoir des groupes un peu plus importants. Pour les accompagnements en chambre, des cas bien particuliers, on peut accéder à des visites à deux personnes contre une seule jusqu'à maintenant. Aujourd'hui il n'y a pas une grosse évolution de ce qui est proposé en terme de visites. Cela va faire du bien c'est certain, comme lors de la première phase d'ouverture où on avait retrouvé des sourires mais les gens sont en attente de plus. Les résidents, les familles espèrent ce retour à la vie d''avant même avec des équipements de protection individuels mais nous n'en sommes pas encore à cette étape là".

"A 93 ans ce sont trois mois de perdus qui l'ont fait dégringoler physiquement et moralement"

À Montbrison, Annie a eu très peur pour son père, Jean, résident à l'Ehpad des Monts du Soir qui a rapidement comptabilisé au moins 20 morts début avril, aujourd'hui ce sont au moins  33 décès. Une période stressante qui sera sans doute moins difficile à vivre avec un début de retour à la normale : "On sent que mon père qui était souriant, positif, qui parlait beaucoup, est maintenant beaucoup plus triste. Il écoute mais il parle moins. Ça fait peur. A 93 ans ce sont trois mois de perdus qui l'ont fait dégringoler physiquement et moralement. Il faut qu'on arrive à le refaire à sortir, à le faire marcher car il y a un jardin tout autour de la maison de retraite, on sait bien qu'il voudra venir avec nous en prenant les mesures nécessaires. _Ça pourrait lui faire du bien parce qu’il est prêt à repartir_. J'ai peur que la maison de retraite nous dise qu'il y a eu des mesures de prises mais qu'elle ne les applique pas tout de suite car elle a peur parcequ'il y a déjà eu beaucoup de décès". 

"Retourner dans cette chambre où je l'ai vue morte, dans sa housse"

Cette assouplissement des règles dans les Ehpad n’enlève rien à la tragédie qu’on vécu certaines familles. Marie-Anne a perdu sa maman, Michèle, résidente d'Ehpad, dans les tous premiers jours du confinement. Une mort brutale et un accompagnement minimal puisqu’elle a pu apercevoir quelques instants sa mère avant qu’elle ne soit incinérée, sans la famille. Cette semaine, Marie-Anne a pu récupérer les affaires de sa maman à l’Ehpad et l’inhumation des cendres aura lieu cette fin de semaine à Bordeaux. 

"A la fin de cette semaine, une fois maman inhumée, on pourra véritablement commencer le processus de deuil" explique Marie-Anne. "Moralement c'est très dur. J'ai gardé les cendres dans l'urne, chez moi alors que je ne le souhaitais pas. Ça a été suspendu dans le temps. On aura mis deux mois à l'inhumer, à récupérer ses affaires. Généralement un deuil commence après l'inhumation et quand on trie les affaires. Là pendant deux mois on a vécu les choses en standby. Là où normalement je devrai commencer à pouvoir revivre je vais me retrouver avec les affaires de maman, à retourner dans cette chambre où je l'ai vue pour la dernière fois, la bouche ouverte, morte, dans sa housse."

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