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Société

Chute du mur de Berlin : 30 ans après, des Francs-Comtois se souviennent

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Par , France Bleu Belfort-Montbéliard

Il y a 30 ans, le mur de Berlin tombait après 28 ans de séparation entre l'Est et l'Ouest de la ville. Symbole de la guerre froide entre les Etats-Unis et l'URSS, sa chute laisse un souvenir indélébile à tous, à commencer par ces trois Francs-Comtois.

Le 9 novembre 1989, le mur de Berlin tombe 28 ans après sa construction
Le 9 novembre 1989, le mur de Berlin tombe 28 ans après sa construction © Maxppp - plavaud

Franche-Comté, France

Le 9 novembre 1989, le mur de Berlin vit ses toutes dernières heures. Dans la confusion, un ministre Est-allemand annonce la fin du contrôle des sorties avec effet immédiat. Des milliers de personnes se ruent vers les postes frontières et découvrent l'Ouest. Et si l'événement reste gravé dans les mémoires de tous, certains Francs-Comtois en gardent un souvenir encore plus fort.

J'étais militaire et j'étais stationné à Berlin

Rémy Banet, originaire du Nord Franche-Comté est un ancien militaire. Il a fait toute sa carrière dans l'armée française et a été envoyé en 1986 avec sa section dans la zone de Berlin Ouest administrée par la France. Pendant trois ans, il patrouille autour du mur et fait des excursions dans l'Est communiste. 

Le 9 novembre, comme toutes les semaines, Rémy Banet part en bivouac avec son équipe dans le parc d'Heiligensee, au nord de la ville. Il y passe la nuit et n'a pas idée que le mur n'existe plus. Ce n'est que le matin que le Franc-Comtois apprend la nouvelle en prenant son petit déjeuner. Il se rend au pied du mur et vit l'événement au plus près

Dans les jours qui suivent, le militaire part fêter son anniversaire dans la région du Hartz, à la frontière entre la RFA et la RDA : _"_L'Allemagne de l'Ouest offrait 100 deutschemarks à tous les Allemands de l'Est qui venaient visiter le pays. Tout le monde s'est précipité à la frontière. J'ai été pris dans les bouchons pendant plusieurs heures pour arriver à destination". 

File de Trabant aux abords de la frontière entre les deux Allemagne - Maxppp
File de Trabant aux abords de la frontière entre les deux Allemagne © Maxppp - Scott A. Miller

Du mur, il garde un souvenir physique : un bout du mur ramassé dans les heures qui ont suivi sa chute. Une pièce rare qu'il a fait expertiser par la gendarmerie.

Bébert, on est libres !

Albert Felez est le maire de Lanthenans dans le Doubs. En 1978, il fait la connaissance de Jürgen, un jeune technicien Est-Allemand, exceptionnellement autorisé à quitter son pays. Il vient en France pour installer une machine agricole chez Albert. Le Français et l'Allemand se lient d'amitié. Pendant les 10 ans qui suivent, les deux ne se voient que très rarement à cause du rideau de fer. 

Le 9 novembre 1989, dans la soirée, Albert Felez reçoit un appel de Jürgen qui lui crie"Bébert, on est libre !" Six mois plus tard, Jürgen peut enfin rendre visite à Albert avec son épouse. En guise de cadeau, il lui offre un bout du mur récupéré près de la porte de Brandebourg et un morceau de la clôture qui séparait les deux Allemagne. Il lui ramène aussi un Trabant miniature, voiture emblématique de l'Allemagne communiste. 

La Trabant, la voiture emblématique de l'Allemagne de l'Est - Maxppp
La Trabant, la voiture emblématique de l'Allemagne de l'Est © Maxppp - Martin Divisek

Depuis, Albert Felez en a acheté une vraie avec l'aide de Jürgen. Les dimanches, lorsqu'il ne pleut pas, il fait un tour avec sa Trabant bleue. "C'est pas une voiture de prestige mais c'est un beau symbole, par amitié pour mon copain Jürgen".

J'étais très émue (...) mais j'ai pensé aux difficultés que ça allait représenter

Brunhilde Baruteau est allemande et a emménagé dans le Nord Franche-Comté en 1984. La chute du mur, elle l'a vécue comme beaucoup au travers de la télévision. Branchée sur les chaînes allemandes, Brunhilde est restée toute la soirée du 9 novembre 1989 devant son poste : "Je regrette de ne pas avoir pu vivre l'événement de plus près, de ne pas avoir été en Allemagne". 

Scènes de fête à Berlin Ouest après l'ouverture des postes frontières du mur - Maxppp
Scènes de fête à Berlin Ouest après l'ouverture des postes frontières du mur © Maxppp - Scott A. Miller

Mais tout de suite, Brunhilde a eu des craintes pour la suite : "Au premier abord, j'étais très émue (...), mais quelques jours plus tard, en réfléchissant plus profondément, j'ai pensé aux difficultés que ça allait présenter quand même", explique-t-elle. "Imaginez vous, vous vivez pendant 50 ans dans un pays socialiste... D'un coup, il y a quand même un capitalisme libéral qui allait arriver tout d'un coup. C'est pas facile si on est pas préparé à ça". 

Après la chute du mur, les difficultés se sont accumulées pour les Allemands de l'Est : "Il  y a eu du chômage, des entreprises qui étaient vendues pour 1 deutschemark, il y a eu beaucoup de problèmes quand même après, c'était pas facile."

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