Société

30% des étudiants en médecine dopés aux stimulants

Par Joanna Yakin, France Bleu Paris Région et France Bleu mardi 8 septembre 2015 à 12:12 Mis à jour le mercredi 9 septembre 2015 à 10:00

Des étudiants en première année de médecine
Des étudiants en première année de médecine © Max PPP

Alors que les étudiants en première année de médecine ont fait leur rentrée ce lundi, une étude révèle qu'un étudiant sur trois a déjà pris des psychostimulants pour lutter contre le sommeil ou favoriser la concentration.

C'est un questionnaire qui a été soumis à 1700 étudiants en médecine en France, et élaboré par cinq médecins psychiatres et chercheurs.

Il révèle que 30% des étudiants sondés ont déjà pris un psychostimulant. De la caféine en tablette, en passant par les boissons énergisantes, jusqu'au Guronsan, les produits en libre service sont de loin les plus prisés par ces étudiants. Dans ces cas là il s'agit surtout de lutter contre le sommeil et la fatigue.

Alexandre a raté sa première année de médecine. Une année pendant laquelle il a carburé au café:

"Ah du café ça beaucoup, on le considère même plus comme un dopant. Moi j'en prenais des litres par jour, c'était juste naturel"

Mais pour 6% d'entre eux ça va plus loin. Certains vont jusqu'à se faire prescrire des médicaments sur ordonnance pour doper leur concentration. On trouve donc des étudiants qui prennent des corticoïdes ou de la Ritaline, un médicament habituellement prescrit aux personnes hyperactives.

Cette étude montre que les étudiants de 1ère et 6ème année de médecine sont les plus concernés par ce phénomène. Pas étonnant, puisque cela correspond aux examens les plus importants de leur parcours : le concours d'entrée avec son numerus clausus et l'examen de classement final qui détermine la spécialité et le futur lieu d'exercice des diplômés.

Anouk vient de faire sa rentrée en première année de médecine à l'université Paris 7 Denis Diderot, et déjà, elle n'exclut pas de prendre des médicaments :

"Pour l'instant j'en prends pas, mais je pense que ça va venir. Quand le concours approchera, c'est possible que j'en prenne. Cette année, c'est là où mon avenir se joue."