Société

Grève du 31 mars : les syndicats prévoient un mouvement d'ampleur à Dijon

Par Marion Bargiacchi, France Bleu Bourgogne mercredi 30 mars 2016 à 17:56

La manifestation du 24 mars avait déjà mobilisé à Dijon.
La manifestation du 24 mars avait déjà mobilisé à Dijon. © Radio France - Arnaud Racapé

Les syndicats (CGT, FO, SUD, Solidaires, UNEF et FIDL) organisent une nouvelle journée de mobilisation demain contre la loi travail de la ministre Myriam El Khomri. Un cortège de manifestants partira à 14 heures de la place de la Libération à Dijon.

Ils s'attendent à un mouvement de manifestation et des grèves d'ampleur. "Ils", ce sont les différents syndicats qui appellent à "lutter" contre la loi travail de Myriam El Khomri. CGT, FO, SUD, Solidaires, UNEF et FIDL vont défiler derrières leurs bannières.

→ À lire aussi : Des perturbations prévues à Dijon sur les réseaux Divia et SNCF le 31 mars

Une manifestation record ?

La mobilisation risque d'être sans précédent d'après Sandrine Mourey, secrétaire CGT en Côte-d'Or :"On voit nous arriver dans nos boîtes de nombreux appels à la grève et débrayage arriver dans les boîtes privés qu'on n'avait pas vu depuis un moment. On voit des tractages, des AG de salariés, des distributions devant les entreprises et de nombreux appels à la grève soit dans la métallurgie, dans les services, dans la grande distribution, dans les services publics. Les gens vont sortir, vouloir manifester, manifester leur colère et leur envie d'une nouvelle vie au travail."

"Les gens nous disent : il faut sortir, on ne peut pas laisser passer cette loi."
Sandrine Mourey, secrétaire  CGT de Côte-d'Or

La CGT attend une mobilisation record.

Les syndicats veulent une manifestation festive

La semaine dernière, des bagarres avaient éclatées entre des policiers et jeunes. Certains avaient été gazés et avaient reçu des coups de matraque. Les lycéens voulaient emprunter la rue de la Liberté, barrée par les forces de police. Ce jeudi, le cortège doit passer par cette rue, en tout cas c'est ce qui est prévu par les syndicats comme l'indique Sandrine Mourey, déléguée CGT de Côte-d'Or : "L'ensemble des organisations syndicales a fait une déclaration en bonne et due forme à la préfecture, avec un parcours qui a été réfléchi. Il n'y a aucune raison pour que la préfecture nous interdise ce parcours, on n'en voit pas. On ne voit pas pourquoi certaines rues seraient interdites. Je suis certaine que le 31 on pourra faire le parcours annoncé et que ce sera une grande journée de fête également. Une journée de mobilisation, de colère mais aussi de fête. Il faut qu'elle soit bon enfant parce qu'il faut donner envie de se mobiliser encore longtemps."

Sandrine Mourey (CGT) évoque le parcours de la manifestation.

Les différents syndicats ne veulent pas mettre en place de service d'ordre "On n'a pas de gros bras" déclare la syndicaliste CGT.

"On appelle chaque manifestant à la responsabilité et au calme."
Sandrine Mourey, secrétaire CGT de Côte-d'Or

La jeunesse mobilisée

Théo Sainte-Marie, président de l'UNEF Bourgogne, est persuadée que la mobilisation étudiante et lycéenne ne faiblira pas ce jeudi 31 mars. Son constat, c'est que les jeunes en ont "ras-le-bol" : "Ça les fait bouger, systématiquement. On est déjà précaires pendant tout le long nos études, on est précaires pendant notre insertion professionnelle et le gouvernement nous propose d’être encore précaires après nos études quand on sera salariés. Donc, au bout d’un moment on dit stop... On galère à trouver un travail, on enchaîne les stages, les CDD, on ne peut pas faire de projets parce qu’on n’a pas de CDI et on nous propose d’être encore précaires après." Si le gouvernement ne recule pas, les différents syndicats évoquent déjà deux autres dates de mobilisation : les 5 et 9 avril prochain.

"On n’en peut déjà plus de se saigner pour pouvoir payer notre loyer, nos courses, le mois et pour pouvoir essayer d’avoir notre diplôme en dormant peu, en révisant beaucoup et en travaillant aussi à côté beaucoup."
Théo Sainte-Marie, président de l'UNEF Bourgogne

Théo Sainte-Marie évoque le ras-le-bol des étudiants