Retour
Provence-Alpes-Côte d'Azur Corse Auvergne-Rhône-Alpes Grand Est Bourgogne-Franche-Comté Occitanie Nouvelle-Aquitaine Centre-Val de Loire Île-de-France Hauts-de-France Normandie Pays de la Loire Bretagne
  • Toute la France
  • Auvergne-Rhône-Alpes
  • Bourgogne Franche-Comté
  • Bretagne
  • Centre-Val de Loire
  • Corse
  • Grand Est
  • Hauts-de-France
  • Île-de-France
  • Normandie
  • Nouvelle-Aquitaine
  • Occitanie
  • Pays de la Loire
  • Provence-Alpes-Côte d'Azur
Changer de région
Centre-Val de Loire
Changer de région
Corse
Changer de région
Hauts-de-France
Changer de région
Normandie
Retour
Société

36 heures entre le décès et le constat du médecin, un véritable parcours du combattant

lundi 4 mars 2019 à 19:09 Par Jade Peychieras, France Bleu Hérault

À Nizas (Hérault), le maire a passé une journée entière à chercher un médecin pour faire constater le décès d'un de ses administrés, sans famille. Un véritable parcours du combattant qui n'est malheureusement pas un cas isolé.

Image d'illustration.
Image d'illustration. © Maxppp - OLIVIER LANRIVAIN

Nizas, France

C'est l'histoire d'un maire, celui de Nizas, près de Pézenas dans l'Hérault, qui se retrouve avec un cadavre sur les bras pendant toute une journée. Découvert le matin, impossible de faire constater le décès de ce monsieur de 84 ans avant 20h30 le soir ! Un véritable parcours du combattant : "Quand on m'a signalé le décès, j'ai d'abord appelé les pompiers, car nous n'avons pas de médecin à Nizas. Ils m'ont dit qu'ils ne se déplaceraient pas", raconte le maire, Daniel Renaud, qui se met en quête d'un médecin, le défunt n'ayant ni famille dans la région ni médecin traitant.  

"J'ai appelé le médecin de la commune voisine, qui m'a aussi dit non car il était débordé", poursuit l'édile. Daniel Renaud appelle ensuite les gendarmes, qui le renvoient vers le Samu, qui refusent également d'envoyer un médecin et le renvoie... vers les gendarmes ! Ces derniers lui conseillent alors de contacter deux cabinets médicaux voisins : nouveau refus de ces derniers, qui n'ont pas de médecins disponibles

Daniel Renaud appelle alors l'ARS (Agence régionale de santé). "Ils m'ont dit qu'ils me rappelleraient, mais j'attends encore", glisse le maire. Il retourne alors chez les gendarmes. "Ce sont eux qui ont dû appeler le Samu et ont pressé pour avoir un nom de médecin", assure Daniel Renaud. Mais ce dernier ne sera pas disponible avant 20 heures. Il s'agit d'ailleurs, ironie du sort, du premier médecin contacté par l'élu ! A 20h30, le décès est finalement constaté et Daniel Renaud peut enfin contacter les pompes funèbres.

Un cas pas isolé

Une histoire qui n'est malheureusement pas un cas isolé : "L'été dernier, un Ehpad du département a dû garder l'un de ses pensionnaires décédé le vendredi soir, jusqu'au lundi matin !" assure le Dr Xavier De Boisgelin président du Conseil départemental de l'Ordre des médecins de l'Hérault. "Avec la canicule, on imagine le risque sanitaire, sans compter la peine ajoutée pour la famille", ajoute-t-il. 

"C'est une situation que l'on connaît bien, depuis quatre ou cinq ans, poursuit le médecin. Elle est due à plusieurs facteurs : le vieillissement de la population médicale et le manque de médecins, surtout dans l'arrière pays. Quand il n'y a pas de médecin traitant, ou s'il est absent, les médecins de la permanence des soins étant débordés, ils préfèrent donner la priorité aux patients en vie qui ont besoin d'eux". Les médecins de garde n'ont d'ailleurs pas l'obligation de venir constater un décès.

Une expérimentation mise en place

Depuis plusieurs mois, le Conseil départemental de l'Ordre des médecins de l'Hérault planche sur une solution pour régler le problème. "Nous avons pensé faire appel aux médecins retraités ou salariés pour prêter main forte, explique le Dr Xavier De Boisgelin. Nous leur avons envoyé un courrier et 70 ont répondu à l'appel". Dans le cadre de cette expérimentation, l'ARS a accepté de rémunérer ces médecins, au même tarif que les médecins en exercice, à savoir 100 euros par constat de décès effectué. 

"Ces médecins ont suivi une formation et désormais, il ne reste plus qu'à délimiter le périmètre d'action de chacun d'entre eux", conclue Xavier De Boisgelin. Ce qui devrait prendre encore quelques jours. Sans médecin de famille ou disponible, il suffira alors aux proches de contacter l'ARS.