Société

Démantèlement à Calais : 49 migrants accueillis à Cancale

Par Camille Revel, France Bleu Armorique et France Bleu Breizh Izel mardi 25 octobre 2016 à 1:44

49 migrants venus du bidonville de Calais sont arrivés à Cancale ce lundi soir
49 migrants venus du bidonville de Calais sont arrivés à Cancale ce lundi soir © Radio France - Camille Revel

49 migrants, principalement de jeunes Soudanais, sont arrivés ce lundi soir à Cancale, en Ille-et-Vilaine. Ils seront pris en charge dans un Centre d'Accueil et d'Orientation installé dans l'ancien hôpital de la commune.

Dans le cadre du démantèlement du bidonville de Calais, la Bretagne doit accueillir 600 migrants. Plus de 140 sont arrivés ce lundi soir : 49 en Ille-et-Vilaine, à Cancale, autour de 75 dans le Morbihan, et 29 dans les Côtes d'Armor.

Les jeunes hommes arrivés à Cancale vont emménager provisoirement dans les locaux de l'ancien hôpital, encadrés par l'association Coallia et des bénévoles. Ce sont principalement des Soudanais, mais il y a aussi quelques Érythréens, et un Afghan. Pour les accueillir, le préfet de Bretagne Christophe Mirmand s'est rendu sur place, tout comme le maire de Cancale Pierre-Yves Mahieu.

Arrivée de 49 migrants de Calais à Cancale - reportage

"Un repos après l'errance"

Après sept heures de route, les migrants sont descendus du bus vers 20h30, applaudi par quelques bénévoles venus les accueillir. Les traits sont tirés, les sourires fatigués, comme celui de ce jeune homme : "Je suis heureux d'être ici, d'avoir quitté la jungle : je n'y avais pas de lit, même pas de couverture. J'ai envie de dire bonjour à tous les Bretons ! Je me sens en sécurité ici." Son voisin acquiesce : "Je ne sais pas encore comment ce sera ici, mais ce sera forcément mieux que la jungle. Je suis ravi d'être dans une nouvelle ville !"

Une fois leurs bagages récupérés, ils ont rejoint le centre, encadrés par les membres de Coallia. L'heure est désormais au repos, explique la directrice de l'unité territoriale de l'association Odile Grellet, et tout sera fait pour les accompagner, après un passage dans des conditions difficiles à Calais : "On est là pour favoriser l'accès aux soins et à l'hygiène. On leur remet un kit vestimentaire et à l'hygiène : ils vont pouvoir se restaurer, prendre une douche en arrivant, puis se reposer quelques jours, et réaliser ou ils sont. Ils sont très fatigués, très éprouvés par l'errance, avant d'arriver à Calais, puis les mois passés là-bas."

Soigner les blessures invisibles

Le centre compte trois médecins bénévoles, dont le Dr Christophe Barrois,médecin généraliste à la retraite. Sa tâche est compliquée par la barrière de la langue : "On travaille avec un interprète : on l'appelle au téléphone, on lui pose la question, il traduit au migrant, qui répond. Il y a toujours un interprète." Et le plus dur, explique le médecin, c'est de soigner les blessures invisibles : "C'est surtout difficile pour les pathologies psychiatriques. Ce sont des gens qui ont un passé de souffrance, et présentent souvent un syndrome post traumatique, et c'est déjà difficile à soigner en Français, alors dans une langue étrangère, c'est encore plus compliqué. Il faut détecter les troubles du sommeil, de la peau, les douleurs, les insomnies, tout ce qui parait atypique, et pourtant est en rapport avec leur parcours."

"Le plus difficile, c'est de traiter les syndrômes post-traumatiques" - Dr Christophe Barrois

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