Société

50 ans après, un Castelroussin retrouve son père, un GI américain passé par la Martinerie

Par Gaëlle Fontenit, France Bleu Berry mardi 25 octobre 2016 à 11:36

Le site de la Martinerie a accueilli pendant plusieurs années des soldats américains
Le site de la Martinerie a accueilli pendant plusieurs années des soldats américains © Radio France - Gaëlle Fontenit

Pendant près de 30 ans, Nordine Mohamedi, né à Châteauroux en 1966, à rechercher en vain son père, un soldat américain passé par la base de l'OTAN de la Martinerie. Ses recherches ont finalement aboutie ce dimanche. Un dénouement heureux pour un cas loin d'être isolé.

Nordine est né en janvier 1966 à Châteauroux, d'un père américain et d'une mère Castelroussine. Pendant des années, de ce père, il ne connaissait que le prénom et le nom, celui d'un G.I originaire des Etats Unis arrivé en Berry pour quelques mois sur la base de la Martinerie dans l'Indre.

"J'ai cherché avec les moyens à ma disposition : en passant des coups de téléphone, en vérifiant sur internet... Je suis passé par des phases de découragement, raconte Nordine. Je m'étais même dit qu'à 45 ans, j'arrêterai tout. C'était un regret, quelque chose qui restait comme inabouti". D'autant que l'administration militaire américaine ne collabore pas dans ce type de démarches.

Des test ADN en dernier recours

L'histoire aurait pu s'arrêter là. Mais c'était sans compter les enfants de Nordine. Pour son anniversaire, l'an passé, il lui offre un test ADN. Ce genre de test n'est pas autorisé en France. Concrètement, il suffit d'envoyer un prélèvement de salive, le site décrypte l'ADN et vous met en relation avec des personnes qui partagent des séquences communes avec vous, et donc une parenté.

"En quelques mois, je me suis trouvé plus de 430 cousins. D'abord éloignés, au quatrième degré. Puis, de plus en plus proche. Jusqu'à trouver une cousine au deuxième degré". Nordine raconte son histoire à ces parents qui décident de l'aider. "Les Américains aiment la généalogie, les tests ADN... Ils ont été très solidaires. Ils ont fait un véritable travail de fourmis pour retrouver mes racines"

Tout s'accélère en quelques jours. Les cousins américains de Nordine retrouvent la trace d'une famille au Texas et croisent les données. Jusqu'à ce dimanche 23 octobre. "En me levant, j'avais une alerte de ce site sur mon téléphone. Soudain, sur l'écran, s'est affichée la photo d'un homme... Mon grand père. J'étais très surexcité, dans l'envie déjà de rencontrer ses gens. J'aimerais tellement tellement qu'ils me reconnaissent parmi les leurs... tout simplement".

"Je leur dis souvent How lucky I am" - Nordine Mohamedi

Nordine ne connaîtra pas son père. Il est mort en mars 1967, dans un accident de voiture aux Etats Unis. Il n'avait que 21 ans. Mais il s'est découvert toute une famille au Texas. "Mon père avait un frère et une sœur et son frère à des enfants. J'ai des cousins germains ! " s'enthousiasme Nordine, déjà bien décidé à aller sur place rencontrer cette famille qu'il a tant cherché. "Grâce aux recherches de mes cousins, je connais désormais mieux ma famille paternelle que ma famille maternelle. Et je leur dis souvent "How lucky I am, comme j'ai de la chance".

De la chance, c'est certain. "C'est malheureusement un cas assez répandu, confie le président des Amis de la Martinerie. Nous avons régulièrement des appels de personne dans ce cas à la recherche de leurs pères. Mais nous ne savons pas comment les aider".

A défaut de les aider dans leur démarches, cette historie à l'heureux dénouement pourra peut être inspirer d'autres personnes à la recherche de leurs origines : "Ca m'a pris 50 ans, je suis passé par des phases difficiles, mais j'ai réussi. Et je ne regrette pas du tout le temps passé dans ces démarches. J'ai désormais une famille américaine, et je n'ai qu'une hâte, y aller, avec mes enfants et découvrir qui était mon père" conclue Nordine.

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