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Société DOSSIER : Mai-68

Mai-68 : un ancien mineur d'Arenberg se souvient des trois semaines d'occupation

vendredi 11 mai 2018 à 5:01 Par Rafaela Biry-Vicente, France Bleu Nord

Il y a 50 ans jour pour jour, le 11 mai 1968, 50.000 étudiants, ouvriers, défilaient dans les rues de Lille. Deux jours après, c'était la grève générale. Une grève suivie pendant trois semaines à la mine d'Arenberg. Francis Jacquemot, ancien syndicaliste se souvient.

Francis Jacquemot un des leaders de la fronde à la mine d'Arenberg
Francis Jacquemot un des leaders de la fronde à la mine d'Arenberg © Radio France - Rafaela Biry-Vicente

Arenberg, Wallers, France

Francis Jacquemot allait avoir 20 ans quand Mai 68 a commencé. Syndiqué à la CGT, il était un des premiers à suivre le mouvement, comme son père et son frère. A la fosse d'Arenberg, dans le nord, l'appel à la grève générale a été suivi dès le premier jour. 

C'était inimaginable l'engouement qu'il y avait, cette envie de faire bouger les choses, on voulait que les gens vivent mieux 

Le retraité se souvient des journées d'occupation passées à changer le monde avec les camarades, à bloquer les tentatives d'intrusions, des porions et chefs porions qui tous les jours essayaient d'escalader les grilles pour casser la grève. Il se souvient aussi du jour où il est monté tout en haut du chevalet pour hisser un grand drapeau rouge.

C'était complètement inconscient quand j'y repense, mais c'était essentiel, c'était la révolution, la révolution d'un peuple qui en a assez. Ras le bol des ces profits qui vont pour les uns mais pas pour les autres, il faut arrêter! On était à fond dedans, prêts à tout

La solidarité pour faire tenir le mouvement

Francis participait à toutes les manifestations, à Valenciennes, Lille et même Paris, et quand il apprenait qu'une usine tournait dans le secteur, il allait la bloquer avec ses collègues. Pour tenir les mineurs pouvaient compter sur la solidarité des agriculteurs qui donnaient des denrées, surtout des pommes de terre, ou encore des mairies communistes des alentours qui multipliaient les dons.

Le reportage de Rafaela Biry-Vicente

Le mouvement a permis aux mineurs d'obtenir une augmentation de salaires, d'avoir de meilleures soins dans le cadre de la sécurité sociale minière et puis de passer progressivement de 48 heures à 40 heures de travail hebdomadaire. 

Cinquante ans après, Francis Jacquemot rêve d'une nouvelle grève générale, "une nécessité", selon le retraité qui dénonce des réformes injustes et des inégalités croissantes.