Société

Trente migrants sont arrivés ce mardi à Marseille

Par Thibault Maisonneuve et Victoria Koussa, France Bleu Provence mardi 25 octobre 2016 à 12:17 Mis à jour le mardi 25 octobre 2016 à 19:49

Shukar, un Afghan, arrivé ce mardi à Marseille depuis la jungle de Calais.
Shukar, un Afghan, arrivé ce mardi à Marseille depuis la jungle de Calais. © Radio France - Victoria Koussa

En tout, 500 migrants en provenance de la "jungle de Calais", s'apprêtent à être accueillis dans la région Provence-Alpes Cote-d'Azur. France Bleu Provence a rencontré les trente déjà arrivés ce mardi à Marseille.

Ils sont trente, viennent de pays en guerre ou ravagés par la misère, le Soudan, le Pakistan et l'Afghanistan. Leur point commun, c'est que ce sont tous des hommes qui ont, en moyenne, la vingtaine, et sont tous arrivés ce mardi matin à Marseille. Ils font partie de ces 60 arrivées dans les Bouches-du-Rhône dans la journée (30 autres sont à Port-de-Bouc et 30 à Istres).

La préfecture a d'ailleurs annoncé ce mardi l'arrivée en Provence-Alpes-Côte d'Azur de 500 migrants "qui ont accepté la proposition du gouvernement de bénéficier d'un hébergement leur garantissant un accueil digne".

Ils viennent de la "jungle" de Calais, en cours de démantèlement, et seront accueillis dans 19 centres d'accueil et d'orientation (CAO) répartis dans l'ensemble de la région Paca. Dans les Bouches-du-Rhône, 170 migrants seront hébergés dans sept CAO à Marseille, Port-de-Bouc et Istres.

Vivre plus dignement à Marseille

Il s'agit d'un accueil temporaire pour ces migrants "fuyant les guerres et les persécutions", précise la préfecture de région dans un communiqué qui annonce que trois autres centres vont bientôt ouvrir à Marseille, en plus de celui de la Croix-Rouge et de Vento Mai où trente hommes, la vingtaine en moyenne, des Soudanais, des Afghans et des Pakistanais, sont arrivés ce mardi.

Le kit de cuisine fournit à chaque migrant, à leur arrivée dans le CAO. - Radio France
Le kit de cuisine fournit à chaque migrant, à leur arrivée dans le CAO. © Radio France - Victoria Koussa

Tous les repas et les produits d'hygiène sont assurés par la Banque alimentaire des Bouches-du-Rhône. Pendant cette période dans le centre d'accueil, les migrants reçoivent un pécule de 300€ pour leurs dépenses supplémentaires.

Un frigo par personne dans chaque chambre, pour ne pas attiser les tensions. - Radio France
Un frigo par personne dans chaque chambre, pour ne pas attiser les tensions. © Radio France - Victoria Koussa

Chaque chambre fait 28 mètres carrés, possède sa propre douche et ses WC ainsi que deux armoires et deux frigos pour qu'il n'y ait pas de différends. Les migrants ont pu choisir leur colocataire, par affinités. Souvent, ils se sont rencontrés dans la jungle de Calais et vivaient ensemble sous une tente de fortune.

L'une des quinze chambres où dorment ces migrants arrivés de Calais. - Radio France
L'une des quinze chambres où dorment ces migrants arrivés de Calais. © Radio France - Victoria Koussa

Demander l'asile

Un CAO est destiné à assurer un accueil temporaire à ces migrants. Le but, c'est que quelques mois après, ils demandent l'asile dans un Cada des Bouches-du-Rhône (centre d'accueil de demandeurs d'asile). En tout chaque année, il y a entre 1 500 et 2 000 demandes d'asile dans le département et cette année, il risque d'y avoir autant voire plus de demandes avec l'arrivée de ces réfugiés. En tout, 1/4 l'obtiennent.

C'est l'association Sara qui les prend en charge avant cette étape de demande d'asile. En plus de l'accueil et l'aide humaine au quotidien, ils sont aussi là pour constituer avec eux un dossier solide avant la demande, en retraçant leur parcours et respectant leur volonté pour le futur.

Les bénévoles et salariés de Sara s'occupent déjà depuis le mois d'avril d'un autre centre à la Croix-Rouge où une vingtaine de migrants a commencé leur apprentissage du français et dont certains ont réussi, quatre mois plus tard, à obtenir l'asile dans un Cada (centre d'accueil de demandeurs d'asile).

Le bracelet bleu au poignet de ces migrants. Il a indiqué à Calais leur volonté de se rendre en région Paca. - Radio France
Le bracelet bleu au poignet de ces migrants. Il a indiqué à Calais leur volonté de se rendre en région Paca. © Radio France - Victoria Koussa

Reportage auprès des migrants accueillis ce mardi à Marseille.

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