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Société

VIDÉO : 60 ans après la rupture du barrage de Fréjus, un habitant de Badevel dans le Doubs témoigne

On commémore ce lundi le 60e anniversaire de la catastrophe de Fréjus. Le 2 décembre 1959, la rupture du barrage de Malpasset provoquait le chaos et le mort de 423 personnes. Ancien gendarme, Pierre Boulanger de Badevel dans le Doubs faisait à l'époque son service militaire sur place. Témoignage.

Dans sa maison à Badevel, Pierre Boulanger a gardé les quotidiens régionaux de l'époque après la catastrophe de Fréjus
Dans sa maison à Badevel, Pierre Boulanger a gardé les quotidiens régionaux de l'époque après la catastrophe de Fréjus © Radio France - Nicolas Wilhelm

Badevel, France

C'était le 2 décembre 1959. Il y a 60 ans jour pour jour ce lundi. La France vivait l'une des plus grandes catastrophes civiles du XXe siècle. Suite à des pluies diluviennes, a rupture du barrage de Malpasset à Fréjus dans le Var semait le chaos. 423 personnes trouvaient la mort dont 135 enfants.

Les restes du barrage de Malpasset qui s'est écroulé le 2 décembre 1959 faisant 423 morts   - Maxppp
Les restes du barrage de Malpasset qui s'est écroulé le 2 décembre 1959 faisant 423 morts © Maxppp - C. Chavignaud

Ce soir là, 50 millions de mètres cubes d'eau déferlent dans la vallée avec des vagues de 40 mètres de haut. Les dégâts sont considérables avec des centaines d'habitations et de fermes alentours rasées par des torrents d'eau et de boue. Un habitant de Badevel dans le Pays de Montbéliard était sur place ce jour là. Pierre Boulanger avait 20 ans à l'époque et effectuait son service militaire à Fréjus. 60 ans plus tard, cet ancien gendarme à la retraite est encore hanté par cette catastrophe.

Sauvé par le règlement militaire

Ce soir là, Pierre Boulanger avait quartier libre avec ses copains de chambrée. C'est à leur de retour à la caserne qu'ils ont appris que le barrage avait cédé. Une gigantesque vague avait tout emporté sur son passage. " On a eu une sacrée chance car on devait rentrer pour 22h. C'est le règlement militaire qui nous a sauvé. Si on était resté dans la ville basse plus longtemps, on aurait été balayé", se souvient Pierre Boulanger. Les militaires sont ensuite montés dans un camion pour rejoindre le centre de Fréjus.

Les vagues d'eau et de boue ont tout emporté sur leur passage - Maxppp
Les vagues d'eau et de boue ont tout emporté sur leur passage © Maxppp - Keystone Pictures USA

" Malheureusement, Il n'y avait plus de secours à apporter. C'était terminé. Tout avait été balayé. Des arbres entiers étaient arrivés comme des béliers dans les maisons et étaient passés au travers. J'ai cru que je rêvaient. A l'époque, il n'y avait pas de cellule psychologique. Les souvenirs, les images sont encore dans la tête. Tu ne peux pas oublier une catastrophe pareille. C'était inimaginable", indique cet homme qui allait ensuite passer 34 ans dans la gendarmerie.

Le travail dans la boue

Les heures suivantes, avec ses camarades militaires , le jeune homme participe aux opérations de nettoyage et de déblaiement. " Il fallait dégager les accès pour les véhicules. On a travaillé avec nos propres mains sans outil, à la seule force de nos bras. On marchait dans la boue au milieu des arbres appuyés contre des maisons. Il y avait aussi des maisons éventrés par les arbres, des voitures retournées pleines de boues", se souvient-t-il. Pierre Boulanger et ses copains de garnison ont ensuite participé aux inhumations des victimes.

On déposait les cercueils dans des fosses à côté des gens qui pleuraient - Pierre Boulanger

"Les enterrements se déroulaient sur la place publique. Puis les camions militaires arrivaient avec les cercueils au cimetière. Et nous, on déposait les cercueils dans les fosses. Il y avait les gens qui pleuraient car ils avaient perdu des enfants, des parents. Il y a des familles entières qui ont disparu", se remémore Pierre Boulanger. A l'époque, il fallait enterrer les victimes le plus vite possible pour éviter les épidémies car il n'y avait plus d'eau potable sur Fréjus, ni d'électricité.

60 ans après la catastrophe, Pierre Boulanger n'a jamais oublié cette soirée tragique du 2 décembre 1959    - Radio France
60 ans après la catastrophe, Pierre Boulanger n'a jamais oublié cette soirée tragique du 2 décembre 1959 © Radio France - Nicolas Wilhelm

A Beaucourt, les parents du jeune militaire sont restés sans nouvelle pendant trois jours. Pierre Boulanger sait qu'il a eu de la chance, il aurait pu être emporté par la vague. "A l'époque, il n'y avait pas de cellule psychologique Les images, je les ai encore dans la tête", conclut l'ancien gendarme.

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