Société

72 ans après, Maillé se souvient du massacre nazi

Par François Desplans, France Bleu Touraine jeudi 25 août 2016 à 6:00

Serge Martin et Christiane Guitton entourent la photo de Michel Gandar, un autre survivant de Maillé, décédé cette année.
Serge Martin et Christiane Guitton entourent la photo de Michel Gandar, un autre survivant de Maillé, décédé cette année. © Radio France

Ce 25 août 1944, Paris est libéré. Mais à Maillé, le village est massacré. 124 habitants, hommes, femmes et enfants, sont assassinés par les soldats allemands. C'est la moitié de la population du centre bourg qui est tuée. A la maison du souvenir, une exposition est consacrée aux survivants.

Ils sont onze. Onze visages mis en lumière par la photographe tourangelle Isabelle Vieux. Et onze témoignages poignants sur ces survivants qui ont tout perdu ce 25 août 1944... sauf la vie.

Parmi ces histoires, vous retrouvez celle de Serge Martin. Il avait 10 ans ce 25 août 1944. S'il est en vie aujourd'hui, c'est parce qu'il était ce jour-là chez ces grands-parents à quelques kilomètres de Maillé. Mais quand il est rentré chez lui après le massacre, il n'avait plus rien.

Ce jour-là, j'ai perdu mes parents, mon frère et mes deux sœurs. Plus de famille, plus de maison. C'est comme si le ciel vous tombait sur la tête" ( Serge Martin )

Christiane Guitton, elle, avait quitté le village juste avant le massacre. Sur ordre de ses parents, inquiets de probables représailles des allemands après une attaque des résistants. Ils avaient eu raison. C'est en voulant revenir au village qu'elle découvre l'horreur et l'ampleur du massacre.

L'image de tous ses cadavres, de tous ces cercueils les uns après les autres. Mais ce qu'il m'a le plus marqué c'est de ne voir personne pleurer" ( Christianne Guitton )

Christiane Guitton : " Comment pleurer quand à côté de nous certains ont perdu 5, 10 ou 15 membres de leurs familles"

Une blessure à vie que l'on devine sur ces onze visages, dans leurs regards. Oui, la vie continue pour eux, mais " on ne peut plus vivre comme tout le monde".

Le reportage de François Desplans à la maison du souvenir de Maillé

Cette exposition est à retrouver jusqu'au 20 décembre à la maison du souvenir de Maillé. Elle sera ensuite proposé aux écoles et autres lieux de souvenir de notre région.

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