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Société

75 ans après, la Libération de Grenoble entre l'euphorie et la douleur

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Par France Bleu Isère

Le 22 août 2019, Grenoble fête le 75e anniversaire de sa libération : dans la nuit du 21 au 22 août 1944, l'armée allemande quitte la ville qu'elle occupait depuis septembre 1944. Cette année, la capitale des Alpes met en lumière un épisode oublié de son histoire, celui des charniers du Polygone.

Les 26 et 28 août 1944, 48 cadavres sont retrouvés à Grenoble dans d'anciens trous d'obus ; une plaque commémorative doit être dévoilée place de la Résistance lors du 75e anniversaire de la Libération.
Les 26 et 28 août 1944, 48 cadavres sont retrouvés à Grenoble dans d'anciens trous d'obus ; une plaque commémorative doit être dévoilée place de la Résistance lors du 75e anniversaire de la Libération. © Radio France - Véronique Pueyo

Grenoble, France

"On était sûr qu'ils allaient partir". Août 1944, à Grenoble, Roger Lamarre a 21 ans, il est dans la résistance depuis presque deux ans, partageant son temps entre l'usine et la Section "Cécile". "J'étais le plus jeune du groupe insurrectionnel, explique-t-il, j'étais chargé de transporter les journaux clandestins, parfois les explosifs mais ce n'est pas moi qui les utilisais." 

Roger Lamarre conserve une photo de la Section "Cécile", créée au sein même de son usine "par un dessinateur qui s'appelait Sorel... comme la comédienne des années 1920, Cécile Sorel !" - Radio France
Roger Lamarre conserve une photo de la Section "Cécile", créée au sein même de son usine "par un dessinateur qui s'appelait Sorel... comme la comédienne des années 1920, Cécile Sorel !" © Radio France - Marion Gauthier

Le 14 août 1944 au matin, des membres du parti communiste tuent deux soldats allemands ; en représailles, 20 jeunes maquisards sont fusillés, cours Berriat. Passant par là, Daniel Huillier voit "l’amoncellement des corps", sans reconnaître certains de ses amis. Pour lui, "les Boches" sont nerveux. Le 15 août, les Alliés débarquent en Provence.

"L'euphorie, pendant des mois"

La Wehrmacht finit par quitter Grenoble dans la nuit du 21 au 22 août, après presque sept mois d'occupation. Roger Lamarre a justement une mission, le matin du 22 : avec trois de ses "gars", ils attendent des Allemands mais ce sont deux Américains qu'ils voient débouler dans la rue. "On était surpris, s'exclame Roger. Dans leur jeep sans mitraillette, ils avaient l'air de faire du tourisme."

La Libération de Grenoble, vécue par Roger Lamarre

La ville est ratissée, les derniers Allemands débusqués, faits prisonniers. La nouvelle se répand que "les casernes sont vides", se souvient Roger en riant. Puis "l’euphorie, pendant des mois, atteste Daniel. Tous les samedis, les gens dansaient dans les rues, jusqu'en hiver !"

Une tache dans l'histoire

Pourtant, les 26 et 28 août, un autre passant découvre des corps mal enterrés dans d'anciens trous d'obus : les charniers du Polygone. 48 hommes ou jeunes garçons, civils et résistants, fusillés plus tôt par l'armée allemande. "Seuls 32 pourront être identifiés", souligne Patricia Detroyat, chef du protocole à la ville de Grenoble, pour qui cette découverte "entache toute la liesse de la Libération".

Pour les Grenoblois de 1944, le 22 août reste malgré tout "la fin d'un cauchemar", comme le résume Daniel Huillier. Son père, Victor Huillier, est l'un des fondateurs du groupe des Francs Tireurs et à l'origine du premier camp de résistants, du premier maquis du Vercors, dans une exploitation forestière d'Ambel. Depuis 1940, Daniel est "bercé dans la résistance". 

Etre libre a effacé beaucoup de peines qu'on avait" Daniel Huillier

Alors pour lui, la Libération vient éclairer quatre ans de nuit et d'oppression, "quatre ans où les gens étaient mal nourris, mal traités, déportés". Si Grenoble est restée "assez calme, par rapport à d'autres régions", avance-t-il, des règlements de compte ont suivi le départ des Allemands. 

"Il y avait quelques excités", confirme Roger Lamarre. Lui, peu après la Libération, a vu une femme emmenée aux Forces françaises de l'intérieur, alors qu'il était cantonné à la caserne de Vinoy (l'actuel musée de Grenoble). "Elle aurait séduit un Allemand... mais je crois qu'elle a été relâchée."

Grenoble libérée : le programme de la commémoration - Aucun(e)
Grenoble libérée : le programme de la commémoration -

Pour le 75e anniversaire de la Libération de Grenoble, qui est l'une des cinq villes comptant parmi les compagnons de la Libération, les anciens résistants sont mis à l'honneur avec la projection d'un film, Ils se souviennent du 22 août 44

Afin de se souvenir, aussi, des parts plus sombres de l'histoire que la victoire a occultées, une plaque doit être dévoilée à 10 heures sur le Mur du Souvenir, place de la Résistance à Grenoble, en hommage aux martyrs des charniers du Polygone. 

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