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Société

75 ans après la libération d'Auxerre, un des derniers résistants de l'Yonne témoigne

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Par , France Bleu Auxerre

Roger Pruneau, 93 ans, en a quatorze quand la guerre commence. Il s'engage dans la résistance alors qu'il n'a que dix-sept ans, en intégrant un groupe de francs-tireur partisans (FTP). 75 ans après les faits, il se souvient en détail et toujours avec une grande conviction, de cette époque décisive.

L'ancien résistant Roger Pruneau, engagé dans les FTP de l'Yonne à partir de 1943.
L'ancien résistant Roger Pruneau, engagé dans les FTP de l'Yonne à partir de 1943. © Radio France - Renaud Candelier

Sens, France

Roger Pruneau habite Champigny-sur-Yonne en 1940. Il a quatorze ans et un père décoré pour sa bravoure au combat lors de la première guerre mondiale : "ce qui comptait à l'époque pour les adultes, c'était la guerre de 14. Ceux qui avaient fait la guerre de 14, ils pouvaient ouvrir leur bec. Les autres, on leur disait - écrase petit."

Animé par un sentiment anti-allemand, le petit Roger, commence à agir en 1942 : "les prisonniers démobilisés avaient besoin de cartes d'identités. J'étais assez habile de mes mains. Je me suis dit - _des cartes d'identité, je peux en faire_. Le gros problème c'était d'imiter la signature du sous-préfet."

"Les maquisards volaient des cartes d'identité dans des mairies, mais il n'y avait pas besoin de voler. Je me suis dit que je pouvais faire des cartes d'identité" - Roger Pruneau, résistant

Fausse carte d'identité de Roger Pruneau, durant son engagement dans la résistance des FTP de l'Yonne - Radio France
Fausse carte d'identité de Roger Pruneau, durant son engagement dans la résistance des FTP de l'Yonne © Radio France - Renaud Candelier

C'est un peu avant ses dix-huit ans qu'il s'engage dans la lutte armée, par l'intermédiaire d'un ami : "j'avais un copain dont les parents avaient une grosse ferme dans le Sénonais. Un jour, un bombardier a été abattu par les Messerschmidt allemands. Il est tombé là. On s'est précipité pour essayer de sauver les gars. Mais les gars étaient brûlés, il n'y avait pas à les sauver. Je me suis dit qu'on allait prendre tout ce qu'on trouve et le cacher dans les buissons à côté et puis on vient la nuit les chercher. Et puis (mon copain) me dit - mon père s'occupe d'un groupe. Pour moi, c'était l'occasion. Mais ils ont été arrêtés quinze jours après."

Faire sauter les voies de chemin de fer

Ce sont ces arrestations puis d'autres encore qui motivent Roger Pruneau. Il mène plusieurs actions de lutte contre l'occupant. Notamment de trouver un terrain de parachutage, sur les hauteurs de Champigny. Plus tard, ce seront des actions armées : "le boulot, c'était de faire sauter les voies de chemin de fer. Ce qu'il fallait, c'était d'empêcher les Allemands d'accéder à la Normandie."

Une traversée périlleuse de l'Yonne, pour être à la libération d'Auxerre

A l'été 1944 son groupe de 150 hommes se dirige vers Auxerre qui va être libérée. Roger Pruneau se souvient de tous les détails de cette traversée périlleuse de l'Yonne.

"Il fallait aller à Auxerre, en passant par la forêt d'Othe. On tombe sur les Bosch en coupant la route de Sens à Montargis" - Roger Pruneau, résistant des FTP de l'Yonne

Roger Pruneau ne se considère pas comme un héros, mais la résistance aura changé sa manière de juger les hommes : "cela m'a donné une certaine assurance. Le type il pouvait être mon supérieur hiérarchique, je le regardais de haut. Pourquoi ? Parce que j'avais fait ce qu'il avait été incapable de faire." Pourtant Roger Pruneau a refusé d'être proposé pour la légion d'honneur Il estime que d'autres ont été bien plus courageux que lui.

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