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76 ans après, un grand panneau (enfin) installé pour expliquer le massacre de Marsoulas

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Par , France Bleu Occitanie

Le 10 juin 1944, le même jour qu'Oradour-sur-Glane, 27 habitants étaient tués par une division SS, dans ce petit village de Haute-Garonne. Pour rappeler ce drame méconnu, le conseil départemental inaugure un grand panneau explicatif, samedi, et va diffuser un "livre-mémoire".

Jean-Pierre Blanc, ancien maire, porte avec vigueur l'histoire de Marsoulas.
Jean-Pierre Blanc, ancien maire, porte avec vigueur l'histoire de Marsoulas. © Radio France - Mathieu Ferri

C'est un des épisodes méconnus de la seconde guerre mondiale en Haute-Garonne, et c'est pourtant un des plus meurtriers : le massacre de Marsoulas, le 10 juin 1944. Ce jour-là, 27 habitants sont tués par les SS Allemands dans ce petit village du Comminges, le même jour qu'Oradour-sur-Glane. Représailles des nazis, alors que la Résistance était très active dans le secteur.

Ce samedi 23 janvier, le conseil départemental de Haute-Garonne dévoile un grand panneau explicatif, pour faite connaître aux visiteurs ce qui s'est passé ce jour-là. Car à Marsoulas, il y a une stèle, des noms dessus, un drapeau et une date, mais pas vraiment de recontextualisation historique.

Ce grand panneau, avec récit et photos, est donc le bienvenu pour Jean-Pierre Blanc, ancien maire, qui perpétue la mémoire du 10 juin 1944 : "Je pense que c'était nécessaire. Nous avions déjà fait des panneaux simplifiés par le passé, indiquant que nous étions un village martyr. Mais l'histoire elle-même, on ne la racontait pas. Sur place, il n'y avait rien qui l'indiquait".

L'ancien élu a pourtant fondé un petit musée, mais dont les heures d'ouverture sont limitées. Alors qu'un panneau est accessible à toute heure. Il regrette d'ailleurs de ne pas avoir eu l'idée plus tôt.

Jean-Pierre Blanc : "Ce panneau était nécessaire"

Pour Alexandre Ader, le maire actuel, "mieux vaut tard que jamais ! Maintenant ça fait 76 ans, 77 bientôt. Il aurait fallu s'en occuper bien plus tôt, mais il y a aujourd'hui des hommes et des femmes pour qui le devoir de mémoire est important, peut-être plus qu'il y a cinquante ans en arrière. Il y a cinquante ans, on était dans l'oubli".

"Il y a cinquante ans, on était dans l'oubli."

Parmi ces hommes, ces femmes, il y a Isabelle Garcia Ribet, qui a souvent écouté sa mère en parler. Mais il a fallu du temps, à cause de la douleur, pour que les mots viennent : "Pendant longtemps, la volonté des gens de la région, c'était de faire comme si ça ne s'était pas passé. Ils ont mis un petit couvercle dessus, et ils ont continué à vivre".

Reportage à Marsoulas : "Mieux vaut tard que jamais"

Ces trois descendants de familles qui ont connu le massacre, Jean-Pierre, Isabelle et Alexandre, sont cependant habités aujourd'hui par le devoir de mémoire, qu'ils portent quotidiennement.

Dans son bureau, Jean-Pierre Blanc ne compte plus les dossiers de recherches qu'il a élaborés sur le massacre Marsoulas.
Dans son bureau, Jean-Pierre Blanc ne compte plus les dossiers de recherches qu'il a élaborés sur le massacre Marsoulas. © Radio France - Mathieu Ferri

Un massacre méconnu, même dans le département

Mais dans le reste du département, et dans la région, le massacre de Marsoulas a été éclipsé par celui d'Oradour-sur-Glane, commis exactement le même jour. À tel point que sorti de quelques villages du Comminges, l'histoire n'est pas connue rappelle Elerika Leroy, historienne, spécialiste de la Résistance, et chargée de mission au Conseil départemental de la Haute-Garonne : "à Toulouse, c'est totalement ignoré. Il n'y a même pas une rue à Toulouse qui évoque Marsoulas, alors que c'est le drame le plus important de la seconde guerre mondiale, en Haute-Garonne".

Elérika Leroy, historienne : "c'est le drame le plus important de la seconde guerre mondiale, en Haute-Garonne

"Il n'y a même pas une rue à Toulouse qui évoque Marsoulas."

Pour Isabelle Garcia Ribet, "il faut que Marsoulas reprenne sa place de village martyr. Il ne l'a pas vraiment eu. Il l'a eu avec quelques médailles, ou autres, mais pas dans la mémoire collective". En plus de ces panneaux, le Conseil Départemental va publier un "livre de mémoire" sur le massacre de Marsoulas, dont la sortie est prévue mi-février. Il sera distribué dans les collèges et médiathèques de Haute-Garonne.

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