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Société

Agde commémore les 80 ans de la Retirada

vendredi 15 mars 2019 à 14:29 - Mis à jour le vendredi 15 mars 2019 à 14:18 Par Sophie Eychenne, France Bleu Hérault et France Bleu

Il y a 80 ans, des centaines de milliers de républicains espagnols traversaient les Pyrénées pour échapper au franquisme. 25.000 d'entre eux se retrouveront au camp d'Agde. C'est le chanteur Cali, petit-fils de réfugiés espagnols, qui parraine cette commémoration de la Retirada.

Cali, parrain de l'événement et Joseph Vilamosa, ancien réfugié espagnol.
Cali, parrain de l'événement et Joseph Vilamosa, ancien réfugié espagnol. © Radio France - Sophie Eychenne

Agde, France

En 1939, 500.000 Espagnols traversent les Pyrénées en plein hiver pour fuir leur pays, tombé aux mains du franquisme. C'est ce qu'on a appelé la Retirada.

Après un long périple souvent très difficile, ces réfugiés sont hébergés, parqués, dans des camps le long de la frontière française. Les plus connus : Argelès, Saint-Cyprien et Rivesaltes, mais il y en avait aussi un à Agde. 25.000 Catalans se sont retrouvés là-bas.

Le chanteur Cali parrain de l'événement

Du 12 au 16 mars, la ville commémore cette époque avec plusieurs conférences et expositions qui retracent la vie dans ces camps. Une semaine de la mémoire parrainée par le chanteur catalan Cali, petit-fils de réfugiés espagnols.

Le chanteur Cali est petit-fils de réfugiés espagnols. - Radio France
Le chanteur Cali est petit-fils de réfugiés espagnols. © Radio France - Sophie Eychenne

"Mes grands-parents ont vécu dans les camps de Gurs, Argelès et Saint-Cyprien", confie-t-il. "C'est une époque qui me touche, particulièrement en ce moment quand je vois la situation en France". Le chanteur ne peut s'empêcher d'établir un parallèle avec l'actualité. "Aujourd'hui on vit une tragédie, l'arrivée en masse de migrants qui fuient leur pays en guerre et qui appellent au secours, tout simplement. Quand je vois les réactions hostiles à tout ça, c'est vraiment troublant pour moi".

Quand il y a un incendie dans une maison, on essaie de sauter par la fenêtre, et c'est ce qu'ils font.

"Ce qui est terrifiant c'est de trébucher à chaque fois. L'histoire se répète mais on a la possibilité de faire changer les choses. Nos grands-parents ne sont pas morts pour rien."

Pour le chanteur Cali, parrain de l'événement, l'histoire se répète.

Pour transmettre cette mémoire, il ne reste que très peu de survivants. "C'était le moment où jamais", déclare Christian Camps, président de l'association pour la mémoire du camp d'Agde (AMCA), à l'initiative de cette semaine de commémoration. "Il vaut mieux avoir l'original que la photocopie", explique-t-il. "C'est important de transmettre cette mémoire à nos jeunes, pour qu'on n'oublie pas."

Des témoignages de réfugiés

Et justement parmi les intervenants présents à Agde, Joseph Vilamosa. Il a perdu ses parents en 1938, pendant la guerre civile en Espagne. En 1939, alors qu'il n'a que onze ans, il traverse la frontière par les Pyrénées avec sa grand-mère et sa tante. Quatre jours de voyage très difficiles, entre le froid, la pluie, la faim et les bombardements de l'aviation franquiste. "Quand on trouvait une grange ou un abri, on se mettait là pour dormir, sinon c'était à la belle étoile", raconte-t-il.

Joseph Vilamosa a reconstitué une maquette du camp d'Agde - Radio France
Joseph Vilamosa a reconstitué une maquette du camp d'Agde © Radio France - Sophie Eychenne

À leur arrivée en France, ils auront la "chance" de ne pas être envoyés dans les camps, qui étaient réservés aux hommes. Après une carrière d'opticien, Joseph Vilamosa consacre sa vie à récolter des informations et témoignages sur les camps de républicains espagnols, particulièrement celui d'Agde. Il possède une importante collection de documents, photos et témoignages relatifs à cette période.

"Les réfugiés espagnols n'ont pas bien été accueillis en France. Ils ont été traités comme des bêtes. On les parquait dans des camps, derrière des fils barbelés, ils avaient froid et faim". Mais le nonagénaire fait tout de même la part des choses : "Que serions-nous devenus si la France n'avaient pas ouvert ses frontières ? La plupart des républicains auraient été fusillés par Franco", explique-t-il.

Joseph Vilamosa, 92 ans, fait partie des réfugiés espagnols de 1939.

Joseph Vilamosa ne se lasse pas de raconter son histoire. Il espère que les jeunes générations n'oublieront pas et tireront des leçons du passé.

Aujourd'hui il ne reste rien du camp de réfugiés à Agde. Une école et un collège ont été construits sur son emplacement.

Les conférences et expositions continuent jusqu'au 16 mars au moulin des Evêques, à Agde.