Société

86 migrants de Calais sont arrivés dans les Landes

Par Wassila Guittoune, France Bleu Gascogne mardi 25 octobre 2016 à 18:22

Les 36 migrants de Vieux-Boucau sont accueillis à l'auberge de jeunesse de la ville
Les 36 migrants de Vieux-Boucau sont accueillis à l'auberge de jeunesse de la ville © Radio France - Wassilla Guittoune

Alors que le démantèlement de la jungle de Calais a débuté lundi, 86 migrants sont venus par bus dans les Landes ce mardi. Ils ont été accueillis dans des appartements à Aire-sur-l'Adour et dans une auberge de jeunesse de Vieux-Boucau.

86 migrants de nationalité éthiopienne sont arrivés ce mardi matin vers 7h dans le département des Landes. Ils sont tous issus de la jungle de Calais, et ont effectué un voyage de 13 heures en bus. 50 d'entre eux ont été pris en charges au centre d'accueil et d'orientation d'Aire-sur-l'Adour, et 36 à celui de Vieux-Boucau. Les deux groupes sont constitués d'hommes âgés de 25 à 35 ans, de religion musulmane ou chrétienne.

Il faut les rassurer et les laisser se reposer

Dans un premier temps, ces migrants doivent se reposer. Beaucoup "sont fatigués moralement et physiquement" explique l'un des traducteurs sur le site de Vieux-Boucau., ajoutant que ces migrants "ont vécu des choses très difficiles dans la jungle de Calais, ont fui des guerres et des persécutions". L'un des migrants Yassine, 26 ans, témoigne du calvaire vécu sur la route de l'exil : "Mon ami est mort dans le désert du Sahara, mon autre ami dans la Méditerranée. Il n'y a que moi aujourd'hui". Les migrants vont ainsi être accompagnés par des médecins, mais également par des travailleurs sociaux.

Une mise à l'abri temporaire

Cet accueil ne pourra durer que 5 mois, il doit permettre avant tout aux associations d'aider les migrants à constituer un dossier de demande d'asile. Ces éthiopiens vont ainsi devoir raconter leur histoire. L'un d'eux Yassine, explique qu'il était étudiant en médecine, issue du groupe ethnique Oromo, et un opposant au gouvernement : "Si tu manifestes contre le gouvernement éthiopien, tu es arrêté par la police. J'ai été l'un des ces manifestants. On m'a envoyé en prison pendant deux mois, j'ai été torturé. C'est pour cela que j'ai quitté mon pays". Selon plusieurs organisations de défense des droits de l'Homme, cette répression a fait plus de 500 morts dans le pays.

Des travailleurs sociaux, des médecins ou des juristes vont accompagner pendant 5 mois maximum les migrants - Radio France
Des travailleurs sociaux, des médecins ou des juristes vont accompagner pendant 5 mois maximum les migrants © Radio France - Wassilla Guittoune

Le dossier de demande d'asile

"On va examiner pour chacun quelles sont les possibilités d'obtenir un titre de séjour en France" explique Lucile Baross, chargée de mission pour l'association des maires de Landes, en charge de l'accueil des réfugiés. Tous les migrants ne seront pas éligibles précise la chargée de mission "soit parce qu'ils relèvent d'un autre Etat membre de l'Union Européenne, soit parce qu'ils doivent rentrer dans leur pays d'origine car ils n'ont pas de raisons de rester sur le territoire français". L'OFPRA (Office français de protection des réfugiés et apatrides) mentionne dans un rapport que l'asile a été accordé à 25% des demandeurs originaires d'Ethiopie en 2015.

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