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Société

À 67 ans, un retraité retourne travailler pour sauver la boulangerie du village

dimanche 1 avril 2018 à 15:43 Par Alexandre Frémont, France Bleu Armorique

Il pensait couler des jours heureux en Mayenne. Gérard, 67 ans, doit retourner travailler. Ce boulanger avait laissé son local à Saint-Georges-de-Reintembault, en Ille-et-Vilaine, à un homme qui a fait couler la boutique. La commune n'avait donc plus de boulangerie, jusqu'à ce 1er avril.

Dans la boulangerie de Gérard et Marguerite qui vient tout juste de rouvrir ce 1er avril
Dans la boulangerie de Gérard et Marguerite qui vient tout juste de rouvrir ce 1er avril © Radio France - Alexandre Frémont

Saint-Georges-de-Reintembault, France

C'est une belle histoire. Celle d'un boulanger qui revient sauver sa boutique quelques mois après avoir pris sa retraite. Dans le petit village de Saint Georges-de-Reintembault, dans le nord de l'Ille-et-Vilaine, juste au dessus de Fougères, Gérard Massé, boulanger, a décidé de prendre sa retraite il y a six mois et partir en Mayenne. Il souhaite tout de même rester propriétaire de sa boulangerie, il la loue donc à un homme d'une cinquantaine d'années sans se douter que tout allait partir en morceaux, ou presque. Près de six mois plus tard, la boutique doit mettre la clé sous la porte car l'individu est un escroc. Il démontait les machines et les vendaient. 

L'ancien locataire a tout démonté dans la boutique

C'est impensable pour Gérard, surtout que la ville se retrouve sans boulangerie. Il est revenu sans hésiter jeudi dernier pour reprendre les choses en main et rouvrir ce dimanche 1er avril. Non, ce n'est pas un poisson d'avril. D'ailleurs, Gérard Massé se souvient du moment ou il a du revenir sauver le magasin : "L'ancien locataire avait démonté et venu tout le matériel. C'est quelqu'un du voisinage qui m'a téléphoné, commence Gérard. On me demande si je déménage. Je réponds que non. On me dit alors que pourtant des camions étaient en train de vider tout le matériel de la boutique. Ni une, ni deux, je décide de rentrer à Saint-Georges et j'appelle la gendarmerie. J'ai dit aux mecs qui étaient là qu'il fallait tout redescendre. Depuis, j'ai récupéré les clés il y a deux mois et j'ai tout réparé et tout remonté. _Le monsieur me laisse quand-même une ardoise de plus de 50 000 euros_"

Pendant les six mois de "retraite" de Gérard, les loyers de la boulangerie de Saint-Georges ne sont jamais arrivés. Pour continuer à vivre, le boulanger avait donc décidé de reprendre un commerce en Mayenne, une région où il pensait, au départ, pouvoir se reposer. Tout faux. Il vend donc son affaire en Mayenne il y a deux mois et récupère son local à Saint-Georges-Reintembault. Ça tombe bien, parce qu'au passage, la ville n'avait plus de boulangerie. 

Gérard devant son four tout neuf  - Radio France
Gérard devant son four tout neuf © Radio France - Alexandre Frémont

Les habitants heureux de retrouver Gérard et sa boulangerie 

En tout cas, c'est un bonheur pour les habitants de voir la boulangerie rouvrir avec Gérard et Marguerite aux manettes. Depuis l'ouverture à 7 h 30 ce dimanche matin, ça n'arrête pas, les clients défilent. Jean-Louis, deux baguettes à la main, est surtout ravi de voir revenir son ami chasseur. Claude, elle, n'habite pas la commune. Elle a vu sur Facebook que la boulangerie allait rouvrir ce dimanche. "J'étais curieuse de voir l'ambiance, le contexte de la réouverture et puis je me suis dit qu'ils allaient vite être dévalisés", sourit-elle.

Et effectivement, rien qu'en deux heures après l'ouverture, plus de 250 pains au chocolat et croissants sont partis. Ça n'étonne pas Benoît, un habitué de la boutique avant que le gérant prenne sa retraite. "C'est un commerce qui revit et puis ça fait du bien parce qu'une vraie boulangerie manquait quand-même"

Gérard Massé n'a pas vraiment eu le choix quand il a su que ça se passait très mal dans la boutique. "Quand j'ai su que mon bébé prenait l'eau, je suis tout de suite venu", sourit-il. Il a donc racheté donc toutes les machines et récupéré au passage les dettes. Mais Gérard garde toujours le sourire. "J'ai des attaches au village, je ne suis jamais resté très loin parce que je me suis mis à la chasse et je pratique ça dans le coin donc je restais toujours en contact avec certains anciens clients. Et puis, _vous pouvez être fatigué quand vous voyez les gens avec la banane, ça fait plaisir ! Il sont content, ils nous disent qu'ils sont ravis de nous voir de retour_". Il faut juste récupérer quelques automatismes, car pour le moment "c'est pas le top, c'est normal parce qu'on attaque doucement, détaille Gérard, mais à partir de ce lundi, on est à fond"

Ce n'est donc pas un poisson d'avril,  la boulangerie va belle et bien rester ouverte toute l'année, et pour bien faire, Gérard cherche un pâtissier pour sa boutique. Si ça vous intéresse, rendez-vous tout de suite à la boulangerie "Au goût d'autrefois" à Saint Georges-de-Reintembault.