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À Aulnay-sous-Bois, l'association "Un toit pour elles" se retrouve sans toit après une inspection de la mairie

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Par , France Bleu Paris

L'association "Un toit pour elles" a quitté, fin mars, la maison d'Aulnay-sous-Bois (Seine-Saint-Denis) dans laquelle elle hébergeait des femme sans-abri, certaines victimes de violences, après une inspection des services de la ville. La mairie dénonce des manquements sur les normes de sécurité.

Logo de l'association "Un toit pour elles"
Logo de l'association "Un toit pour elles" - page facebook de l'association "Un toit pour elles"

Mohamed Jemal, le président et fondateur d'Un toit pour elles essaye toujours de comprendre les arguments de la mairie d'Aulnay-sous-Bois, en vain. Depuis le 31 mars dernier, la maison dans laquelle son association hébergeait sept femmes, sans-abri et pour certaines victimes de violences, est vide.

Une maison pour des femmes victimes de violences 

Mohamed Jemal explique avoir été contacté à l'automne dernier par l'héritier de l'ancienne propriétaire décédée en 2018. "Il habite dans le Vaucluse mais il n'a pas le temps ni les moyens de s'en occuper et de faire les travaux. Le deal c'était qu'il nous laissait occuper la maison en échange d'un loyer et si on faisait des travaux". L'association accepte l'accord et son président assure qu'un bail a été signé. Des travaux, notamment pour refaire toute l'électricité, sont entrepris. "On a fait plus de 4.000 euros de travaux en plus de payer un loyer mensuel de 750 euros".

Les premières femmes sont accueillies dès le mois de décembre dans le pavillon Le voisinage ne s'y oppose pas, excepté un couple qui aurait vu d'un mauvais oeil l'arrivée de ces femmes. "On leur a bien dit que c'était avant tout des femmes fragiles, victimes de violences", insiste le président.

Un pavillon transformé en squat ? 

Mais à en croire la mairie d'Aulnay-sous-Bois, plusieurs riverains ont signalé l'occupation de la maison comme un potentiel "squat". Alors le 9 mars dernier, des agents du service communal d'hygiène et de santé, assistés de policiers municipaux, se déplacent sur place pour procéder à une inspection. Une des femmes hébergées leur ouvre la porte. "Elle leur a dit qu'ils n'avaient pas le droit d'entrer mais ils sont quand même entrés, sans même m'appeler ou me prévenir du contrôle, ce n'est pas normal et ce n'est pas légal", s'insurge Mohamed Jemal. 

Dans la maison, la mairie constate plusieurs défaillances notamment sur la sécurité incendie pas aux normes et un défaut d'accessibilité pour les personnes à mobilité réduite. "Le respect de normes de sécurité et d'hygiène, quelle que soit l'intention louable des associations, plus qu'une obligation légale, est un devoir moral envers tous ceux qui bénéficient des services de ces associations", écrit la ville dans un communiqué. Elle y fait référence à l'intoxication de trois personnes au monoxyde de carbone, lundi 5 avril, dans les locaux d'une autre association. 

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Mais là encore, Mohamed Jemal ne comprend pas : "Officiellement, nous ne sommes pas un ERP" (établissement recevant du public)" et les travaux sont en cours rappelle le président. Quant au parralèle avec l'intoxication au monoxyde de carbone, "toutes les installons de gaz ont été contrôlées la veille de l'inspection"

Bras de fer entre la mairie et l'association

La ville pointe aussi le fonctionnement même de l'association qui demande une contrepartie financière aux femmes qui sont censées pourtant être démunies. Mohamed Jemal répond qu'il s'agit d'une "participation" évaluée en fonction des revenus de chacune. "Certaines paient 50 euros, d'autres rien du tout", "L'idée c'est de leur rappeler qu'elles doivent être autonomes et savoir gérer des charges lorsqu'elles trouveront un logement définitif".

Finalement, les services municipaux, qui ont fait appel à l'étude notariale en charge de la succession et à un service de généalogistes, assurent avoir retrouver la trace de quatre héritiers de la propriétaire décédée "qui souhaiteraient engager une procédure judiciaire  à l'encontre de cette association". 

Les femmes relogées dans des hôtels

De quoi surprendre Mohamed Jemal, encore une fois. Il assure que l'héritier du Vaucluse lui a confirmé qu'il était le seul. "Là, d'un coup, en l'espace d'un mois, on nous trouve quatre héritiers, c'est étrange". Le président de l'association n'exclut pas des poursuites s'il s'avérait que l'homme qui a loué la maison à l'association avait menti. En attendant, l'association a préféré quitter les lieux le 31 mars dernier. "De toute façon, les femmes ne voulaient plus y vivre, elles avaient trop peur après cette inspection", assure le fondateur. 

Aujourd'hui, les sept femmes ont été relogées, pour la plupart, dans des hôtels ou par une hébergeuse solidaire. La mairie assure qu'elle ont été accompagnées par le bureau d'aide aux victimes municipal et le CCAS, ce que dément Mohamed Jemal. "Des élus d'opposition ont lancé une cagnotte pour nous permettre de financer ces nuits d'hôtel", assure-t-il.

D'ailleurs, sa proximité avec un élu d'opposition, Oussouf Siby (groupe Aulnay en Commun) a pu jouer selon lui dans "l'acharnement" de la mairie contre son association. "J'ai reçu plusieurs coups de fil de gens d'autres associations qui m'ont soutenu et qui m'ont dit que ma seule erreur c"était de m'être affiché avec des opposants politiques au maire"

L'association cherche un nouveau lieu d'hébergement

Mohamed Jemal regrette surtout dit-il, "le dialogue inexistant" avec les services de la ville tout au long de cette affaire. Le président d'Un toit pour elles cherche désormais un nouveau lieu pour héberger ces femmes."On ne peut plus rester à Aulnay-sous-Bois, c'est perdu d'avance on le sait". 

Le président a pris contact avec les équipes de Marlène Schiappa, la ministre chargée de la Citoyenneté et celles d'Elisabeth Moreno, la ministre déléguée à l'égalité Femmes-Hommes pour demander leur aide dans la recherche d'une solution rapide. L'association a également reçu le soutien du collectif Nous Toutes.

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