Retour
Provence-Alpes-Côte d'Azur Corse Auvergne-Rhône-Alpes Grand Est Bourgogne-Franche-Comté Occitanie Nouvelle-Aquitaine Centre-Val de Loire Île-de-France Hauts-de-France Normandie Pays de la Loire Bretagne
  • Toute la France
  • Auvergne-Rhône-Alpes
  • Bourgogne Franche-Comté
  • Bretagne
  • Centre-Val de Loire
  • Corse
  • Grand Est
  • Hauts-de-France
  • Île-de-France
  • Normandie
  • Nouvelle-Aquitaine
  • Occitanie
  • Pays de la Loire
  • Provence-Alpes-Côte d'Azur
Changer de région
Centre-Val de Loire
Changer de région
Corse
Changer de région
Hauts-de-France
Changer de région
Normandie
Retour
Société

Bordeaux : "On ne peut pas laisser des rues porter le nom de négriers sans explication"

- Mis à jour le -
Par , France Bleu Gironde, France Bleu

Ce 10 mai la France commémore l'histoire de la traite négrière et de l'abolition de l'esclavage. L'occasion pour l'association Mémoires et partages de rappeler qu'à Bordeaux, des rues portent toujours les noms de négriers. Son fondateur Karfa Diallo veut apposer des écriteaux pédagogiques.

Karfa Diallo (à gauche), et un autre membre de l'association Mémoires et partages, devant l'une des rues bordelaises qui porte le nom d'un négrier.
Karfa Diallo (à gauche), et un autre membre de l'association Mémoires et partages, devant l'une des rues bordelaises qui porte le nom d'un négrier. © Radio France - Marie-Jeanne Delepaul

Bordeaux, France

Il y a tout juste un an, la bataille semblait gagnée pour l'association Mémoires et partages. À l'occasion du 10 mai, journée de commémoration de l'esclavage en France, le maire de l'époque Alain Juppé avait promis des plaques explicatives pour six rues bordelaises portant le nom de négriers.

Mais depuis la présentation de ce plan d'action en dix points, aucun écriteau n'a été apposé. C'est la raison pour laquelle un an après, le 2 mai 2019, le fondateur de l'association Mémoires et partages Karfa Diallo a publié une lettre ouverte, adressée au nouveau maire, Nicolas Florian. "La signalétique urbaine constitue un enjeu majeur de réparation des séquelles de ce crime contre l’humanité. Si la ville de Nantes, en 2018, a répondu favorablement à notre demande, apposant des plaques explicatives en bas des rues incriminées, la Ville de Bordeaux semble revenir sur les déclarations publiques qu’elle a tenues lors de la remise de ce rapport", écrit-il.

Plaques explicatives : qu'en pensent les touristes et Bordelais ?

"Ni diabolisation ni victimisation"

"La ville s'était engagée, il y a de la déception" regrette Karfa Diallo. "Il ne faut pas débaptiser ces rues, ce serait effacer la mémoire, mais avec ces panneaux explicatifs il faut rendre ces crimes contre l'humanité pérennes dans la mémoire des hommes" explique-t-il. "C'est un travail citoyen, il faut ouvrir les yeux sur notre histoire. Nous ne sommes pas dans la diabolisation ou culpabilisation des Bordelais ni la victimisation des descendants des esclaves." Selon lui, d'ailleurs, ce ne sont pas six mais une quinzaine de rues qui sont concernées : "pas seulement celles qui portent les noms des armateurs qui ont armé les bateaux mais aussi ceux qui ont exploité les esclaves, par exemple ceux qui avaient des plantations coloniales notamment en Haïti."

Il ne faut pas débaptiser ces rues, ce serait effacer la mémoire" Karfa Diallo

Du côté de la mairie, on soupire : patience ! Les écriteaux seront apposés "d'ici la fin de l'année", mais cela prend du temps, selon l'adjoint au maire chargé de l'égalité et de la citoyenneté, Marik Fetouh : "Depuis un an nous avons fait un gros travail avec les historiens pour écrire les notices biographiques des négriers en question, nous avons également comme promis lancé un site internet pédagogique. Pour les plaques explicatives, il nous faut encore l'accord des propriétaires des bâtiments."

"On nous fait un procès d'intention un peu déplacé alors qu'en un an, je crois que l'on n'a pas chômé !" souligne Marik Fetouh. Ce vendredi 10 mai sera en effet, comme promis l'an dernier, inaugurée une statue à l'effigie de Modeste Testas, une esclave achetée par des Bordelais et déportée en Haïti au 18ème siècle, face à la Bourse Maritime, quai Louis XVIII. "Nous inaugurons également un square de la mémoire samedi autour du buste de Toussaint-Louverture quai de Queyries et un Jardin de la mémoire au jardin botanique dimanche pour présenter les végétaux cultivés par les esclaves." Des initiatives chaudement saluées par l'association Mémoires et partages.

Le reportage France Bleu

Choix de la station

France Bleu