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Dossier : Coronavirus Covid-19

A Chambéry, comme ailleurs, une minorité porte le masque dans la rue : "Le masque protège les autres !"

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Par , France Bleu Pays de Savoie

Portez-vous encore le masque quand cela n'est pas imposé dans les magasins ? En pays de Savoie, comme ailleurs, le relâchement est frappant. Rencontre avec les derniers masqués dans les rues de Chambéry.

Marie-Ange masquée
Marie-Ange masquée © Radio France - Christophe Van Veen

Au tout début du déconfinement, le visage masqué faisait figure d'accessoire indispensable pour lutter contre le Covid 19. Après avoir été introuvable en début d'épidémie, le masque a fleuri, puis s'est vite fané. Aujourd'hui, à l'exception de certains magasins, le masque n'est plus obligatoire. Pour les personnes à risques, cet abandon généralisé est très dur à vivre. Cela crée de la tension entre deux mondes : les masqués et les démasqués.

Les masqués parlent aux démasqués

Marie-Ange, d'Aix-les-Bains, fidèle auditrice arbore un masque à l'effigie de son éternel Johnny. _"Je ne sais pas si j'ai été porteuse. Et si j'éternue, je n'aurais pas forcément le réflexe du coude. Souvent j'aimais bien venir vous voir à France Bleu, Karine pou Nelly, mais là, je m'abstiens."  Pour Marie-Ange, "même quand on aura trouvé un vaccin, ce sera pareil, il y aura ceux qui iront à reculons."  _

"Les gens sont des enfants. Ils essaient de passer sans le masque. On est obligés de faire la police sans arrêt." - Kevin qui travaille dans un bar-restaurant de Chambéry.

La coiffeuse Charlotte porte le masque pour donner confiance à sa clientèle, "par respect". Après une éprouvante journée de travail masqué, quand elle ressort, elle ne le porte pas dans la rue. Elle estime qu'il y a "un risque de vivre dans une bulle sans microbe, car après, à la première bactérie qui passe, on ne sera plus protégés." 

Charlotte et Kevin
Charlotte et Kevin © Radio France - Christophe Van Veen

Son client, Kevin, masque de rigueur, impose lui aussi les masques à la clientèle de son bar-restaurant. "Les gens sont des enfants. Ils essaient de passer sans le masque. Parfois ils rapprochent les tables au mépris de la distanciation physique. On est obligés de faire la police tout le temps. Et pourtant, le masque est une nécessité. On se protège soi et on protège les autres."  

L'égoïsme des sans-masque

Anne sort en colère du magasin de vêtements pour enfants, en tenant son petit-fils par la main. Elle a 62 ans, et elle n'a "pas envie de l'attraper. Je sors d'un endroit où les gens vous serrent. Je suis en colère. A cause de l'égoïsme des gens qui ne respectent rien. Il n'y a qu'à voir le retour des clusters partout."

"Pour leur faire peur, je leur ai dit que j'avais le coronavirus. Alors, dans le train, ils ont tous mis le masque." Kevin 19 ans

En plein soleil, un jeune homme masqué patiente sur un banc, à l'heure où la plupart des Savoyards de sa génération avancent à visage découvert. Clément a 19 ans. "Ma mère est diabétique, hospitalisée. Si elle le chope, ça peut être très grave. Comme pour toutes les personnes âgées. Je le porte parce que je pense aux autres."

Clément 19 ans

Clément suit les infos et n'a pas de doute sur le risque ambiant. Il est radical au point de provoquer la peur pour que tout le monde porte ce masque. "La semaine dernière, j'ai pris le train et il y avait des gens de 50-60 ans sans masque. Pour leur faire peur, je leur ai dit que j'avais le Coronavirus. Ils ont tous mis le masque. Quand on en arrive là, c'est terrible. Sinon les gens ne sont pas assez matures." 

Clément ne quitte jamais son masque.
Clément ne quitte jamais son masque. © Radio France - Christophe Van Veen

Masquée, âgée, Bernadette est clairement dans la cible de la population exposée au Covid 19. "On a dit aux collégiens de mettre le masque. Et au marché, dans les supermarchés, les adultes ne le mettent pas. C'est grave." 

Bernadette

Dans la rue, force est de constater qu'une très faible minorité, surtout âgée, porte le masque. Ceux qui ont des risques de complications pulmonaires en cas d'infection, ou ceux qui simplement respectent les règles vivent dans un grand stress et parfois de la colère. Deux mondes qui ne se comprennent pas. Catherine nous raconte qu'on se moque d'elle avec son masque. "On me dit : "Ha, ha ! Tu as peur de mourir ! "  C'est quand même ma liberté de porter le masque. Je le fais pour moi et pour les autres. Un devoir citoyen qui n'est pas très compliqué." 

Les masqués incompris dans les rues de Chambéry

Des masques, oui. Mais, pas par terre !

Enfin, on dira que "porter un masque, c'est très bien, mais s'en débarrasser n'importe où, c'est moins bien. " 

Anna, serveuse dans un restaurant haut de gamme, de Chambéry est outrée. Elle porte le masque, bien sûr, même si cela lui en coûte car elle n'a plus ce contact visuel avec le client. Mais certains se conduisent "comme des porcs." A chaque service, Anna ramasse des masques usagés, soit par terre soit au milieu de l'assiette. Avec des mouchoirs en papier usagés, au fond des tasse à café. "Ramenez vos masques chez vous ! Ou mettez-les vous-même dans des poubelles ! " 

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