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Société

Des coursiers Uber Eats dijonnais montent un syndicat avec la CGT

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Par , France Bleu Bourgogne

En soutien au mouvement national des livreurs des plateformes Uber Eats et Deliveroo qui se mobilisent face à leurs conditions de travail et aux décisions de leur direction, des dijonnais ont monté le SCUDD : Syndicat CGT des Coursiers Unis Dijonnais.

Les t-shirts du jeune syndicat CGT des coursiers unis dijonnais : le SCCUD
Les t-shirts du jeune syndicat CGT des coursiers unis dijonnais : le SCCUD © Radio France - Sophie Allemand

Dijon, France

Vous les voyez souvent dans Dijon, rue de la Liberté, avec leur vélo et leur gros sac sur le dos, puis en train de rouler à toute vitesse pour vous livrer de bons repas le plus vite possible : les coursiers Uber Eat ou Deliveroo. Ils sont tous en statut auto-entrepreneur, rémunérés à la course et dénoncent leur conditions de travail. 

Ce samedi, de 20 h à 23 h, Place de la République quatre coursiers ont arrêté de travailler. Cette faible mobilisation vient en soutient au mouvement national, il y en avait déjà eu une en avril à Dijon, cette fois ils répondent à l'appel du SCUDD : syndicat CGT des coursiers unis dijonnais, tout juste créé. 

Des coursiers s'unissent avec la CGT, leurs revendications

Depuis que la plateforme de livraison à vélo Deliveroo a annoncé un changement de ses tarifs fin juillet, les livreurs menacent de faire grève. Concrètement, Deliveroo supprime le tarif minimum à la course de 4 euros 50, ce qui fait que les coursiers peuvent gagner 2 euros 50 pour une petite course, alors qu'ils ont quand même subi le temps d'attente. La coupe est pleine pour Jean-Pierre Cyril, coursier chez Uber depuis le 21 décembre 2018 et fondateur du SCCUD. Ils ont plusieurs revendications :

  • Obtenir le statut de salarié, ou au moins être rémunéré au SMIC/h
  • La garantie de deux commandes par heure, par livreur
  • Qu'Uber prennent moins de 25 % des frais
  • La diffusion publique de l'algorithme de rémunération utilisé par la plateforme 
  • La prise en charge du matériel des livreurs 

Au quotidien, la précarité, la pression et l'angoisse des livreurs

Pour comprendre leurs revendications, il faut se plonger dans leur quotidien. Partout où il va, Jean-Pierre ne pense qu'à une chose : mettre son vélo à l'abris, car il est couvert en cas d'accident du travail mais pas pour la prunelle de ses yeux. "J'ai un vélo électrique qui coûte 1 500 euros, il me sert à monter les côtes plus vite pour livrer plus vite, c'est notre outil personnel, explique le jeune-homme. Ce n'est pas Uber qui nous les prête, si on se les fait voler c'est notre argent qui s'en va. On a aucun recours vis-à-vis d'Uber car l'assurance ne couvre pas les vols et casse de matériel."

"Les plateformes font du recrutement en masse" - Jean-Pierre

La prise en charge du matériel, c'est l'une de leur revendication, mais pas la seule. Jean-Pierre est livreur à temps plein, à côté il est maquilleur professionnel. Au début ça lui a plu, mais aujourd'hui il ne s'en sort plus : "les plateformes font du recrutement en masse, pour un même nombre de commande on a de plus en plus de livreur, on a donc moins de commande et le chiffre d'affaire s'en ressent."

Rémy et Jean-Pierre, livreurs Uber membres du SCUDD - Radio France
Rémy et Jean-Pierre, livreurs Uber membres du SCUDD © Radio France - Sophie Allemand

Cet été il n'a même pas touché un SMIC. A la précarité s'ajoute le stress de la notation des clients (une mauvaise note peut leur valoir une radiation), ou les risques pris à griller des feux rouges pour livrer plus vite. Il ne supporte plus la pression que la plateforme exerce sur les livreurs.

"On peut dire que c'est une prime, mais ca fait plus jeu de course à la montre" : Jean-Pierre

Un des gros provocateur d'angoisses, ce sont les "challenges" mis en place par Uber. L'idée c'est de soumettre un défit aux livreurs : s'ils réalisent un nombre de courses donné en un temps imparti, ils reçoivent une somme, comme une prime : "on peut dire que c'est une prime mais ça fait plus jeu de course à la montre... Au départ on est content, ensuite on se rend compte que l'on se met en danger, depuis que je fais ce travail, je ne compte plus le nombre de feux rouges que j'ai grillés pour livrer plus vite," argumente Jean-Pierre. 

En France, on estime que 300 000 personnes travaillent pour ces plateformes.

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