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À Fabrègues, plus d'une centaine de manifestants soutiennent Souleymane Sow, un Guinéen menacé d'expulsion

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Par , France Bleu Hérault, France Bleu

Alors qu'il venait de signer un CDI dans une boulangerie de Fabrègues, Souleymane Sow a reçu une obligation de quitter le territoire (OQTF) avant fin janvier 2021. Cette décision révolte habitants du coin et militants d'associations humanitaires qui ont manifesté, ce samedi 23 janvier 2021.

Les manifestants se sont rassemblés devant la boulangerie dans laquelle Souleymane Sow travaille, à Fabrègues.
Les manifestants se sont rassemblés devant la boulangerie dans laquelle Souleymane Sow travaille, à Fabrègues. © Radio France - Clara GUICHON

Ce samedi 23 janvier 2021, une centaine de personnes se sont rassemblées à Fabrègues (Hérault) pour soutenir Souleymane Sow. Ce jeune Guinéen est menacé d'expulsion. Après avoir été débouté du droit d'asile, il a demandé une carte de séjour. À la place, c'est une obligation de quitter le territoire (OQTF) avant la fin du mois qu'il a reçue. 

Un boulanger talentueux

Pour les manifestants, la décision est incompréhensible. Souleymane Sow travaille depuis deux ans à la boulangerie Pain et Partage. Son patron loue ses talents. Il lui a proposé un CDI, signé en décembre dernier. Alors pourquoi l'Etat refuse de régulariser sa situation? "On manque d'ouvrier spécialisé, on en trouve un et pour des raisons imbéciles on lui demande de partir, résume avec agacement Michel, l'un des manifestants. Il y a quelque chose qui ne va pas dans ce pays..." Les soutiens de Souleymane Sow ont lancé une pétition, qui a aujourd'hui recueilli plus de 30.000 signatures.

Dans le rassemblement, une histoire suscite l'espoir : celle de Laye Traoré, un jeune garçon de 18 ans d'origine guinéenne. Apprenti boulanger à Besançon, lui aussi avait reçu une OQTF. Après la mobilisation de son patron, il a été régularisé la semaine dernière. "J'espère qu'il arrivera la même chose à Souleymane, sourit Florence, qui donne des cours de français à la Cimade, une association humanitaire. Bien sûr, chaque situation est différente... Mais je l'espère! En tout cas, on est là pour le soutenir!" En attendant, le boulanger de Besançon soutient Souleymane Sow.

Jean est vicaire à Lavérune. Pendant longtemps, il a travaillé à la Pastorale des migrants, un service diocésain. Il a rencontré beaucoup de jeunes qui, comme Souleymane Sow, ont dû quitter leur pays suite à des violences familiales. "Ça devrait être un motif pour obtenir le droit d'asile, note-t-il. Dans certains pays, ces violences peuvent déboucher sur des règlements de compte allant jusqu'à la mort."

Je suis inquiet, parce que là, je n'ai plus droit à rien - Souleymane Sow

Toute cette solidarité réchauffe le cœur de Souleymane Sow, mais le jeune homme de 24 ans est très inquiet. "Ça me fait plaisir de voir toutes ces personnes, mais la décision ne dépend pas de moi, ni d'eux, nuance-t-il. C'est à la Préfecture et à l'Etat de décider. Et s'ils refusent, je dois partir.

À cause de cet OQTR, Souleymane Sow ne peut plus travailler. La boulangerie lui manque. Sans salaire, il n'a pas de quoi se payer un logement. Il essaye de trouver des solutions, à droite à gauche, chez des amis, en attendant que l'horizon s’éclaircisse. Son avocate a déposé deux recours en appel contre l'OQTF et le refus de titre de séjour. Le premier sera traité fin février, le second devrait s'étaler sur plus d'un an.

Ce combat est arrivé jusqu'aux oreilles de plusieurs élus. Les quatre sénateurs de l'Hérault (Henri Cabanel, Christian Bilhac, Hussein Bourgi et Jean-Pierre Grand), trois députés (Patrick Vignal, Patricia Mirallès et Muriel Ressiguier) et le président de la Métropole de Montpellier Michaël Delafosse ont fait savoir qu'il l'appuyaient.

"Il faut que l'Etat ait de la souplesse", Patrick Vignal, député de l'Hérault

A Fabrègues, ceux qui soutiennent Souleymane ne comprennent pas

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