Société

À Grenoble, des policiers dénoncent une exposition "anti-flics", les organisateurs "surpris"

Par Alexandre Berthaud, France Bleu Isère vendredi 20 octobre 2017 à 19:07

Les manifestants, une vingtaine, ont recouvert certains panneaux de l'exposition par un écriteau.
Les manifestants, une vingtaine, ont recouvert certains panneaux de l'exposition par un écriteau. © Radio France - Alexandre Berthaud

Les Conseils Citoyens Indépendants ont mis en place une exposition appelant la police à réfléchir à sa "politique du chiffre", et dénonçant les contrôles au faciès. Les panneaux installés devant la Préfecture de l'Isère ont choqué le syndicat Alliance, qui a organisé une manifestation vendredi.

"Dans le contexte actuel, ce n'est pas le moment de nous pointer du doigt". Valérie Mourier, responsable en Isère du syndicat de police Alliance, fait référence aux mauvais chiffres de la criminalité dans l'agglomération dévoilés par le procureur de la République de Grenoble dimanche dernier. Pour elle cette exposition, sous les fenêtres de la Préfecture, "met de l'huile sur le feu dans un climat déjà tendu"**.**

D'où la manifestation vendredi après-midi, avec une vingtaine de ses collègues elle a recouvert certains panneaux d'une affiche rappelant la valeur des forces de l'ordre : "150.000 femmes et hommes, 9 millions d'appels au 17, +aide aux victimes, + 1,6 million d'interventions, 12.500 policiers blessés, plus de 50 suicides par an".

Une polémique pour rien ?

Pourtant, jointe par téléphone, Cristèle Bernard, femme à l'origine de l'exposition, dément toute volonté de nuire à la police. "C'est une initiative des Conseils Citoyens Indépendants, on a discuté avec des policiers, certains témoignent même sur les panneaux, ce n'est pas du tout anti-police, c'est davantage une réflexion sur leur métier".

À l'origine de la polémique un article, intitulé "Place de Verdun : le scandale de l'exposition anti police d'Eric Piolle", publié sur le site "Grenoble le changement", ouvertement hostile à la municipalité. "C'est fallacieux : je ne travaille pas pour Eric Piolle, je ne suis même pas pour lui, et ce n'est pas anti-flic non plus, mais on a le droit de réfléchir aux pratiques policières".

Une vingtaine de membres du syndicat Alliance étaient réunis à Grenoble. - Radio France
Une vingtaine de membres du syndicat Alliance étaient réunis à Grenoble. © Radio France - Alexandre Berthaud

La polémique de la fresque encore dans les mémoires

Le syndicat Alliance regrette néanmoins l'action, celle de pointer du doigt les policiers, "dans une période où nous luttons contre le terrorisme, pour la sécurité, on voulait prendre une action contre cette stigmatisation, surtout à Grenoble où les relations entre les citoyens et la police sont tendues". Pierre Tholly, responsable régional du syndicat Alliance fait référence aux manifestations du 10 octobre, entachées de heurts entre ultra-gauche cagoulée et policiers manifestants.

Il rappelle également la polémique de la fresque dénonçant les violences policières et "exposée" vers la gare l'an passé. À l'époque Éric Piolle avait du réagir, ici la mairie n'a rien à voir avec l'exposition et ne prendra pas la parole. L'exposition restera place Verdun jusqu'au 5 novembre.