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Société

A Guéhenno, une soirée pour 'les petites reines de Kaboul" et les habitants qui les ont aidées

dimanche 6 mai 2018 à 17:31 Par Morgane Heuclin-Reffait, France Bleu Armorique et France Bleu

Il y a un an, la famille Alizada quittait l'Afghanistan pour vivre dans le Morbihan. Les deux filles, Masomah et Zahra, championnes de cyclisme dans leur pays, ont depuis fait leur rentrée à l'université. Une soirée est organisée lundi pour remercier les riverains de leur aide.

Thierry a hébergé Masomah et le reste de sa famille dans sa maison de vacances à Guéhenno
Thierry a hébergé Masomah et le reste de sa famille dans sa maison de vacances à Guéhenno © Radio France - Morgane Heuclin-Reffait

Guéhenno, France

Remercier les habitants qui ont aidé, et faire découvrir le parcours de la famille Alizada à ceux qui l'ignorent : voilà pourquoi Thierry Communal et un collectif de riverains ont voulu organiser une soirée, ce lundi à 20 heures au collège Saint Louis à Saint-Jean-de-Brévelay. Un surnom qui leur a été donné en raison de leurs activités sportives. Masomah, 21 ans, et Zahra, 20 ans, faisaient partie de l'équipe féminine nationale de cyclisme en Afghanistan. Lorsque les remarques et les menaces se sont multipliées, leur famille a choisi de quitter le pays.

C'est Thierry Communal et son père qui ont organisé en avril 2017 leur arrivée à Guéhenno, petite commune d'à peine 800 habitants dans le Morbihan. Les parents et leurs cinq enfants sont hébergés dans la maison de vacances de Thierry, professeur à l'université de Lille : 

"Une de mes premières craintes quand ils sont arrivés à Guéhenno, c'était de savoir comment ils allaient faire quand moi je serais absent. Et il y a eu un énorme élan de solidarité". 

A l'époque, six institutrices à la retraite se relaient pour apprendre le français à toute la famille. D'autres voisins aident pour les courses et les démarches administratives. "Je pouvais rester un mois absent, il y avait toujours du monde pour s'occuper d'eux", se réjouit Thierry Communal.

Continuer à pédaler et à étudier

Aujourd'hui, seules Masomah et Zahra ne vivent plus à Guéhenno. Elles ont pu reprendre des études à Lille grâce à un programme spécifique pour les réfugiés. "A Lille, elles ont cours la journée, les entraînements de vélo le soir et les courses cyclistes le dimanche. Disons qu'elles ont juste le samedi pour souffler, c'est tout !", plaisante Thierry Communal. Malgré ce rythme soutenu, pas question d'arrêter de pédaler pour Masomah : 

Ici, faire du vélo pour une femme, c'est normal, alors qu'en Afghanistan, c'est nouveau et étrange pour les gens. Ici, je suis libre, sans talibans pour nous forcer à arrêter.

Sa famille compte déménager prochainement à Orléans pour se rapprocher d'elle et sa sœur. D'où l'importance pour la famille de partager une soirée, peut-être la dernière, avec certains habitants de Guéhenno. "Au-delà de l'aide matérielle et des cours de français, ils se sont fait des amis, estime Thierry Communal. Je pense qu'au moment de partir, ce sera un peu triste pour eux de les quitter".