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Société DOSSIER : Mouvement des "gilets jaunes"

Gilets jaunes : quand la voiture pèse sur le budget quotidien à Hostens dans le sud-Gironde

lundi 14 janvier 2019 à 17:46 Par Stéphanie Brossard, France Bleu Gironde

Alors que le grand débat est lancé ce mardi, pour tenter d'apaiser la colère des gilets jaunes, direction le sud Gironde, où la voiture apparaît indispensable. Le coût du carburant avait été le déclencheur de la crise. À Hostens, cette difficulté arrive tout en haut de la pile des doléances.

Les "gilets jaunes", le sujet de prédilection au café de la Poste de Hostens
Les "gilets jaunes", le sujet de prédilection au café de la Poste de Hostens © Radio France - Stéphanie Brossard

Hostens, France

Depuis le 17 novembre et le début de la crise des gilets jaunes, Bordeaux, apparaît comme un bastion du mouvement. Des milliers de manifestants chaque samedi, (plus qu'à Paris parfois), avec son lot de violences et de débordements en fin de cortège. Pourquoi autant de colère et d'exaspération exprimées depuis 2 mois ? Y-a-t-il une fracture, une Gironde à deux vitesses, entre une Métropole riche et attractive et un territoire rural pauvre et délaissé ? Ce mardi, direction Hostens dans le sud-Gironde où la problématique des déplacements et du transport est la plus forte. 

Sympathie pour le mouvement

Au café de la Poste, José s'attable avec son journal, près du feu, après avoir commandé son café au comptoir. Le mouvement des gilets jaunes, il le soutient, sans pour autant aller manifester. "Parce qu'il faut aller soit à Bordeaux, soit à Paris et que je n'ai pas les moyens." À 59 ans, il cumule les petits boulots en plus de sa pension d'invalidité, pour mettre du beurre dans les épinards. "Ma pension, c'est 700 euros par mois. Le problème, c'est qu'à la fin du mois..." Avant son accident du travail, il y a 7 ans, renversé par un tracteur, son salaire s'élevait à 2000 euros par mois. 

Un budget carburant qui pèse chaque mois

Ce qui le handicape le plus financièrement, c'est la voiture. "Il me faut deux à trois pleins de gazole par mois. Ce qui fait 200 euros. Après, vous comptez le loyer de 250 euros. Et après il faut manger." Et le pire, dit-il, c'est qu'il faut aussi prévoir un budget carburant pour aller remplir le réservoir. "Il n'y a pas de stations essence ici. Il faut aller à 15 kilomètres à St Symphorien et Belin-Beliet. ça veut dire qu'on mange trois ou quatre litres de gazoil, à chaque fois, pour rien !".  Sa voiture, il l'utilise aussi pour aller mener sa fille à l'école à Bazas et pour aller acheter le pain à cinq kilomètres. 

Pour autant, il n'irait pas vivre ailleurs qu'à Hostens. "Qu'on me donne 500 euros de plus par mois et ça ira très bien". Il aimerait une meilleure répartition des richesses. C'est ce qu'il confiera au grand débat si on lui demande son avis. Son voisin de table, au café de la Poste, a la même revendication. Il s'appelle Jean-Luc. Il est souffleur de verre à la retraite. Il ajoute "qu'on écoute enfin les petites gens. Parce qu'à présent l'élite ne nous entend pas".

La mairie d'Hostens au cœur de cette commune de 1500 habitants - Radio France
La mairie d'Hostens au cœur de cette commune de 1500 habitants © Radio France - Stéphanie Brossard

Un grand débat "nécessaire"

A quelques mètres de là, le maire d'Hostens Jean-Louis Dartiailh, estime ce grand débat "nécessaire". "Ne rêvons pas, il n'y aura pas de miracle. Les taxes accumulées depuis 40 ans sont là et ne pourront pas être zappées. Mais il y a peut-être des petites choses à faire pour essayer d'améliorer le pouvoir d'achat, ne serait-ce qu'en matière de transports, pour ces ménages qui dépensent 300 euros par mois en frais d'essence, pour aller, par exemple, travailler chaque jour à Bordeaux. On a, pas ou peu de bus ou de trains, le matin et le soir, et ils ne correspondent même pas aux horaires des entreprises. Et c'est bloquant. Il y a un peu de covoiturage mais pas suffisamment. Essayons de changer cela déjà."