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Société

À la clinique des Aubépines de Dieppe, 37 salariés sur 43 sont licenciés

lundi 11 février 2019 à 12:00 Par Simon De Faucompret, France Bleu Normandie (Seine-Maritime - Eure)

La maternité des Aubépines se voit dépouillée de presque tous ses services, deux mois après une liquidation judiciaire et la fermeture de sa maternité. Aujourd'hui, après le transfert de ses services de chirurgie et de cancérologie gynécologique, elle doit licencier 37 salariés sur 43.

Après la fermeture du service Maternité en fin d'année, la clinique des Aubépines perd son plateau technique et son service de cancérologie gynécologique.
Après la fermeture du service Maternité en fin d'année, la clinique des Aubépines perd son plateau technique et son service de cancérologie gynécologique. © Maxppp - Lionel Vadam

Dieppe, France

Le chirurgien et cancérologue Joël le Long a du mal à cacher sa déception, ce lundi 11 février. La clinique des Aubépines de Dieppe, dont il est le gérant, doit licencier 37 de ses 43 employés à la suite d'une décision du tribunal de commerce. En cause : l'arrêt des services de chirurgie et de cancérologie gynécologique au profit d'un autre établissement, la clinique Mégival à Dieppe (Seine-Maritime), qui appartient au groupe Vivalto.

37 salariés au chômage, 6 repris dans une clinique voisine

C'est dans cette autre clinique que sont transférés les moyens chirurgicaux, mais aussi les 6 derniers salariés des Aubépines. À noter que le centre hospitalier de Dieppe a également reçu l'autorisation de pratiquer des opérations dans ces secteurs.

Aujourd'hui, il n'est plus possible d'opérer à la clinique des Aubépines, faute de plateau technique. D'où ce nombre vertigineux de licenciements. "Ça fait 37 ans que je travaillais tous les jours avec ces gens-là", soupire-t-il. "On mangeait ensemble, j'ai parfois mis leurs enfants au monde, ils m'ont invité aux communions ... Des choses banales de la vie d'une entreprise familiale."

"Ça sonne comme une fin de vie."

Joël le Long s'en souvient encore, il est entré en 1986 dans cette clinique. "Certains étaient mêmes rentrés avant moi ! Aujourd'hui, il faut vider, tout changer. C'est un déménagement sans retour, ça sonne comme une fin de vie."

Une décision jugée "arbitraire"

Résigné, le gérant l'est, mais il ne cache pas son amertume. "On nous a enlevé les autorisations de cancérologie pour sauver l'hôpital public de Dieppe", assène-t-il. D'après lui, le manque d'autorisations pour ce type de chirurgie empêchait le centre hospitalier de recruter. "Quand on veut tuer son chien, on juge qu'il a la rage", renchérit-il. "L'ARS a effectué tout plein de contrôles sanitaires, on a prétexté des risques potentiels, on a fermé la maternité.

C'est ce qui a causé la liquidation judiciaire de la maternité des Aubépines, en fin d'année dernière. "Le service maternité représentait la moitié de notre chiffre d'affaires", révèle Joël le Long. Il dénonce des "décisions ubuesque" et un "traitement arbitraire et humiliant".

Des doutes sur les capacités de la clinique exprimés dès mars 2018

De son côté, l'Agence régionale de santé (ARS) normande tient à rappeler quelques faits : "_En mars 2018, la clinique des Aubépines a fait l'objet d'_une non-certification par la Haute autorité de santé", rappelle Christine Gardel, directrice de l'ARS. L'instance a fait part de ses doutes concernant "une équipe médicale insuffisante pour garantir les soins tous les jours, toute l'année." Ce qui a provoqué la fameuse suspension du service Maternité, en novembre 2018.

Mais d'après Christine Gardel, la liquidation judiciaire qui a suivi n'est pas une conséquence de cette suspension : "Il y a moins de deux semaines de délai entre les deux dates", précise-t-elle. En outre, le groupe Vivalto a fait une "offre de rachat" jugée honnête : si seulement 6 salariés des Aubépines ont été repris, "ce n'est pas de la responsabilité de l'ARS" : c'est une décision de justice prononcée début février par le tribunal de commerce de Dieppe.

Consultations toujours possibles aux Aubépines

Même si les opérations se passeront désormais "en face", à la clinique Mégival, les Aubépines ne ferment pas tout à fait pour autant. L'activité de consultation persiste avec les quelques praticiens libéraux restés là-bas. "On peut venir nous voir pour des suivis sur la grossesse, et sur la cancérologie", précise Joël le Long. Il est lui-même l'un des rares cancérologues de la région, et à 64 ans, il affirme pouvoir "travailler encore dix ans s'il le faut."