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Société

A La Ferté Saint Aubin, ils veulent sauver leur maison de retraite

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Par , France Bleu Orléans

Le personnel et les familles des résidents de l'EHPA "La Rabolière" à la Ferté Saint Aubin sont inquiets : l'établissement confronté à une dépendance de plus en plus grande de ses résidents, se voit refuser des financements pour la prendre en charge, il pourrait fermer à la fin de l'année

Le personnel et les résidents de l'EHPA de la Rabolière à la Ferté Saint Aubin
Le personnel et les résidents de l'EHPA de la Rabolière à la Ferté Saint Aubin © Radio France - Anne Oger

La Ferté-Saint-Aubin, France

C'est presque toute la question de la prise en charge de la dépendance, qui semble se résumer dans le cas particulier de La Rabolière, un établissement très connu à La Ferté Saint Aubin, il a ouvert ses portes en 1990. "Au début on voulait proposer des séjours temporaires aux personnes âgées" explique le président de l'association qui gère l'établissement, Claude Girerd. "Mais petit à petit on s'y adaptés aux besoins et aux demandes de la population, et aujourd'hui, 24 places sur les 34 que compte La Rabolière sont occupées de manière permanente par des résidents de plus en plus dépendants". Sauf que la Rabolière n'a pas à la fin de son sigle la lettre D synonyme de dépendance et de capacité à prodiguer un suivi médicalisé. Et c'est tout le problème aujourd'hui. 

Il y a les places nécessaires en EHPAD sur le secteur, pas besoin d'en créer de nouvelles

"Toutes les demandes qu'on reçoit aujourd'hui, c'est pour des personnes dépendantes, qui ont besoin de soins médicaux, que l'on refuse, parce qu'on ne peut pas les satisfaire" dit Murielle Brunet, la directrice de La Rabolière. Selon l'Agence Régionale de Santé, qui finance, avec le Conseil Départemental du Loiret, la prise en charge des personnes âgées, ça n'est pas forcément un problème, "car il y a les places nécessaires pour faire face aux besoins sur le secteur de la Ferté Saint Aubin, en tout cas sur un large secteur aux alentours, c'est à côté de la métropole orléanaise, largement pourvue" resitue Catherine Fayet, la déléguée de l'ARS pour le Loiret

Plusieurs refus de médicaliser l'établissement depuis 2013

Des places suffisantes en EHPAD à l'échelle du département, et une demande de plus en plus forte de la population de favoriser plutôt le maintien à domicile... Autant que de raisons qui, depuis 2013, expliquent les refus opposés à la Rabolière, quand elle demande l'autorisation de médicaliser l'établissement. Une autorisation qui lui assurerait des financements supplémentaires, à hauteur de 900 000 euros, suffisants pour faire face aux besoins de ses résidents. "Plus de la moitié d'entre eux sont là depuis quatre ans, ils ont plus de 90 ans, ils ont besoin de soins" explique Murielle Brunet. "Le personnel fait de son mieux, mais ça ne peut pas durer"

Parfois le personnel nous appelle parce qu'un résident a besoin de soins, on ne sait pas quoi répondre

"Il nous faudrait des postes d'aide-soignant, d'infirmier, un médecin coordinateur" confie Bénédicte Meslier, l'infirmière coordonnatrice de la Rabolière. En attendant, elle explique que les 15 salariés de l'établissement font au mieux, "mais parfois ils appellent parce qu'un résident va mal, et on ne peut pas leur répondre". Il faut appeler un médecin, ou l'envoyer à l'hôpital. Et dans les faits, l'association a bien dû s'adapter à l'état de ses résidents : "il a deux ans on a pris un deuxième veilleur de nuit, on a doublé les équipes en journée" raconte Claude Girerd. "Mais sur nos fonds propres"

Ils disent qu'il y a déjà un EHPAD, l'Aubinière, à la Ferté Saint Aubin, mais il n'accueille que des malades d'Alzheimer

Résultat l'établissement est en déficit depuis plusieurs années, un déficit qui met en péril les autres activités de l'association, qui par ailleurs a mis en place un service d'aide à domicile, et gère aussi l'Aubinière, un EHPAD dédié à la prise en charge des personnes âgées atteintes de la maladie d'Alzheimer. "C'est une des données du problème" explique Claude Girerd. "A l'ARS ils comptent l'Aubinière comme un EHPAD, c'est pour ça qu'ils disent qu'il y a assez de places sur le secteur. Mais il n'y a que des malades d'Alzheimer, on ne peut pas mettre les deux établissements sur le même plan"

La demande de la population aujourd'hui c'est de vieillir le plus longtemps possible à domicile, c'est nbotre priorité

L'horizon risque de ne pas s'éclaircir, pour les familles, car le plan régional et le schéma départemental de prise en charge du vieillissement ne vont pas dans le sens de nouvelles places médicalisées. "La demande de la population aujourd'hui, c'est le maintien au domicile le plus longtemps possible, c'est dans ce sens que vont les financements" reconnaît Catherine Fayet, de l'Agence Régionale de Santé. 

Quand ma belle-mère est sortie de l'hôpital le médecin nous a interdit de la renvoyer chez elle

Des explications qui hérissent le personnel et les familles de la Rabolière. Jean-Loup Grolleau a ici sa belle-mère, âgée aujourd'hui de plus de 90 ans. "Quand elle est sortie de l'hôpital après deux chutes, chez elles, le médecin nous a interdit de la ramener dans sa maison. Et avant de trouver la Rabolière j'ai dû faire 20 demandes auprès des EHPAD du département. Elle ne peut pas rentrer chez elle. Et ici on est bien, on est très inquiets, toutes les familles, si ça doit fermer, il faut faire quelque chose".