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Société

En Côte-d'Or, une enseignante renonce à obtenir des subventions pour donner des fruits frais à ses élèves

jeudi 27 septembre 2018 à 18:54 Par Thomas Nougaillon, France Bleu Bourgogne et France Bleu

Alors qu'il existe un programme européen pour bénéficier de subventions pour acheter des fruits et les distribuer dans les écoles via l'opération "Fruits pour la récré", une enseignante de maternelle de Lacanche entre Dijon et Chalon-sur-Saône a vécu un enfer en tentant d'obtenir ces subsides.

Jamais il n'a été aussi difficile d'obtenir des subventions pour acheter des fruits dans le cadre de "Fruits récré"
Jamais il n'a été aussi difficile d'obtenir des subventions pour acheter des fruits dans le cadre de "Fruits récré" © Maxppp - 6PA/MAXPPP

21230 Lacanche, France

Anne Chartenet, enseignante en maternelle, a renoncé la mort dans l'âme cette rentrée à demander des subventions européennes pour financer les fruits frais qu'elle distribuait aux élèves à la récré. La faute à l'imbroglio administratif auquel elle s'est heurtée. Pour quelques pommes ou poires distribuées une fois par semaine à ses élèves de maternelle, elle a connu une expérience "ahurissante".

Injonctions contradictoires

La jeune femme explique qu'elle n'est jamais parvenue à répondre aux injonctions contradictoires d'organismes administratifs français comme l'Insee ou France AgriMer qui dépend du ministère de l'Agriculture.  Après avoir peiné à obtenir un numéro d'identification auprès de l'Insee, Anne Chartenet a rempli "des tas de tableaux sur le site de France AgriMer".   "Il y a toujours des cases d'erreur qui s'allument, mon dossier est sans cesse rejeté" rapporte l'enseignante.

Anne Chartenet avoue être "un peu épuisée" après "des années administrativement lourdes"

Anne Chartenet s'est heurtée aux affres de l'administration   - Radio France
Anne Chartenet s'est heurtée aux affres de l'administration © Radio France - Thomas Nougaillon

Du coup, cette année, elle "abandonne les subventions". Mais pas question d'abandonner son projet. Elle va faire financer des achats de fruits par sa coopérative scolaire, quitte à rogner sur le budget sortie des élèves. Un vrai "gâchis" peste la maîtresse dans une région ouvrière où il n'est pas certains que tous les enfants aient accès à une alimentation riche en produits frais.  

La France ne dépense presque rien du budget auquel elle a droit

Et c'est d'autant plus rageant que selon des documents de la Commission européenne, depuis que le programme "Fruits pour la récré" a été lancé, il y a dix ans, la France ne dépense presque rien du budget destiné à subventionner l'achat de fruits et légumes frais pour les élèves des écoles, collèges et lycées.  Un quart des dossiers a été rejeté l'an dernier pour non conformité administrative.  Avec des slogans comme "cinq fruits et légumes par jour", ou "manger-bouger", la France ne manque pourtant pas de plans de santé publique pour convertir les jeunes à une alimentation saine.    

Les parents d'élèves, à l'image de ces mamans, ne comprennent pas ces lourdeurs administratives, quand il s'agit de la santé de leurs enfants

Les parents ne comprennent pas de telles complexités administratives. Et certains, comme cette dame, proposent même d'amener des fruits à l'école, à tour de rôle! - Radio France
Les parents ne comprennent pas de telles complexités administratives. Et certains, comme cette dame, proposent même d'amener des fruits à l'école, à tour de rôle! © Radio France - Thomas Nougaillon

Au cours de l'année scolaire 2016-17, sur les 15 millions d'euros auquel avait droit la France, à peine deux millions ont été utilisés, soit 13%. L'année précédente, 16,5% du budget avait été dépensé.  Depuis le lancement du programme, les écoles françaises ne sont jamais parvenues à consommer plus de 30,3% de l'enveloppe au maximum.  Cette année, elles peuvent théoriquement compter sur 18 millions d'euros alloués par Bruxelles pour essayer de déclencher de bonnes habitudes alimentaires chez les jeunes et lutter contre l'obésité.  

France AgriMer et le ministère de l'Agriculture dos à dos

Lorsqu'on cherche des explications à l'enlisement du programme, France AgriMer renvoie sur le ministère de l'Agriculture, qui lui, ne répond pas.  Dans les grands établissements urbains, le programme ne marche pas mieux, par manque de volontaires pour distribuer les fruits au petit déjeuner ou au goûter, et assurer la pédagogie autour.  

Pierre Gobbo, le maire de Lacanche, évoque les incohérences du système.

A 6h12 et 7h25 vous entendrez le reportage complet de notre reporter au sujet de cette affaire. A retrouver sur le 98.3 ou le 103.7 sur l'antenne de France Bleu Bourgogne ou ci dessous.  

Notre reporter a rencontré Anne Chartenet