Retour
Provence-Alpes-Côte d'Azur Corse Auvergne-Rhône-Alpes Grand Est Bourgogne-Franche-Comté Occitanie Nouvelle-Aquitaine Centre-Val de Loire Île-de-France Hauts-de-France Normandie Pays de la Loire Bretagne
  • Toute la France
  • Auvergne-Rhône-Alpes
  • Bourgogne Franche-Comté
  • Bretagne
  • Centre-Val de Loire
  • Corse
  • Grand Est
  • Hauts-de-France
  • Île-de-France
  • Normandie
  • Nouvelle-Aquitaine
  • Occitanie
  • Pays de la Loire
  • Provence-Alpes-Côte d'Azur
Changer de région
Centre-Val de Loire
Changer de région
Corse
Changer de région
Hauts-de-France
Changer de région
Normandie
Retour
Société DOSSIER : Mouvement des "gilets jaunes"

À Langon, malgré le grand débat, les gilets jaunes n'ont pas l'intention de quitter les ronds-points

dimanche 13 janvier 2019 à 18:43 Par Stéphanie Brossard, France Bleu Gironde et France Bleu

À la veille du lancement du grand débat proposé par Emmanuel Macron pour répondre aux manifestations, les gilets jaunes de Langon affichent leur détermination à rester aux ronds-points, quoi qu'il arrive.

Les gilets jaunes du rond-point de la route de Bazas à Langon
Les gilets jaunes du rond-point de la route de Bazas à Langon © Radio France - Stéphanie Brossard

Langon, France

Ils sont cinq groupes distincts de gilets jaunes à Langon selon les comptes du maire Philippe Plagnol. Cinq groupes différents dont deux qui continuent à occuper deux ronds-points, en bordure de la route de Bazas, pour le premier, et en bordure de la route de St Macaire pour le deuxième, sur des terrains privés. Des gilets jaunes plus que jamais remontés, malgré le grand débat national et les annonces faites par le gouvernement avant Noël.

Trois vies : boulot, famille et gilets jaunes

Au rond-point de la route de Bazas, il y a Sandrine, emmitouflée dans plusieurs couches empilées sous son gilet Jaune, qu'elle ne quitte plus depuis deux mois. Sa routine depuis le début du mouvement : "Le boulot, les gilets jaunes et la maison. On a trois vies." La voix est cassée, mais la motivation intacte :"On est arrivé à un point de non retour. On va pas lâcher maintenant". Autour d'elle, une petite dizaine de salariés et de retraités. Tous discutent des suites à donner à leurs actions, autour d'un café, pas très loin du feu, sous la bâche, adossée au mobil-home où certains passent les nuits. C'est la preuve de leur détermination. Ils sont là et bien là, partis pour rester.

Le grand débat ? Faut voir...

Le grand débat qui s'ouvre, pourrait-il les faire quitter leur rond-point ? "C'est une main tendue, oui", explique Isabelle qui fait des ménages, "le tout, c'est qu'on ne nous impose rien, que ce ne soit pas le gouvernement qui décide de quoi on parle". Le pouvoir d'achat des classes moyennes, c'est une des revendications-phare. "On est les grands oubliés. On travaille pour survivre et on paie des impôts. On aide aussi nos enfants parce qu'ils n'ont pas les moyens de remplir leur cuve à fioul. C'est terrible pour des parents ça. Il faut que le gouvernement entende et j'invite les ministres à venir vivre ma vie durant trois semaines et on verra ce qu'ils en pensent !" Il est aussi question de revalorisation des retraites, du retour de l'ISF, du Référendum d'Initiative citoyenne, et que les élus montrent l'exemple également, dans la liste des doléances de Jean, retraité : "En Suède en Norvège ou au Canada, les élus ont montré la voie. Pourquoi pas en France ?"

Langon bastion jaune au coeur de la Gironde

Langon, 8.000 habitants, à 30 minutes au sud de Bordeaux, fait figure de fief de la contestation dans le département. Parce que "c'est une ville carrefour, et sur ces ronds-points, viennent des gens du sud-Gironde mais aussi du Lot-et-Garonne", explique le maire Philippe Plagnol. "Il y a une certaine misère sociale à Langon (75% des habitants du coeur de Langon, ne paient pas d'impôt), pas mal d'ouvriers agricoles et des familles venues s'installer ici en pensant que ce serait moins cher et qu'il trouverait du travail. Et quand vous prenez votre voiture pour aller tous les jours travailler à Bordeaux, il y a l'essence plus le péage à payer : 2,30 euros par jour, aller et retour. À la fin du mois, ce sont des sommes considérables." Il ajoute que "depuis 1978, les Langonnais paient cet autoroute, alors que pour aller à Arcachon, plus riche que nous, ou Libourne, vous ne payez pas non plus." D'où ce sentiment d'injustice et cette frustration qui s'exprime. Il craint que le grand débat ne soit qu'un vaste défouloir et qu'il n'en ressorte rien de concret.

Philippe Plagnol le maire de Langon - Radio France
Philippe Plagnol le maire de Langon © Radio France - Stéphanie Brossard