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À Lannion, les patients d'une kiné mise en cause se mobilisent

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Par , France Bleu Breizh Izel

Leur kinésithérapeute à Lannion est mise en cause par la CPAM (Caisse Primaire d'Assurance Maladie) : des patients ont manifesté le week-end dernier et ont lancé une pétition en ligne pour la soutenir. Ils ne comprennent pas les faits qui lui sont reprochés.

Une pétition en ligne a été lancée pour soutenir la kinésithérapeute
Une pétition en ligne a été lancée pour soutenir la kinésithérapeute

Ses patients craignent de voir son cabinet fermer : Isabelle, kinésithérapeute spécialisée dans le cancer du sein à Lannion, est mise en cause par l'Assurance Maladie qui a déposé plainte contre elle en décembre 2018. L'enquête judiciaire est en cours depuis. Des patients ont lancé une pétition en ligne fin février : elle a réuni plus de 7.300 signatures en une semaine.

Que lui est-il reproché ?

Nicolas Choley, avocat de la kinésithérapeute, n'a pour l'heure pas eu accès à la plainte déposée par la CPAM, seulement à un résumé des griefs à l'encontre de la professionnelle de santé. Charlatanisme, exercice d'une profession comme un commerce, usage de publicité pour des activités non thérapeutiques ou encore pratiques insuffisamment éprouvées : les accusations sont nombreuses, pour des faits qui auraient eu lieu entre 2013 et 2017. La CPAM des Côtes-d'Armor indique disposer _"d’éléments suffisamment sérieux en sa possession justifiant un dépôt de plainte_, ce qui reste très exceptionnel à l’encontre de professionnels de santé."

"Dès son installation en 2013, la CPAM l'a appelé pour lui indiquer qu'ils feraient tout pour la déconventionner, car elle a fait un des premiers sites pour prendre rendez-vous en ligne", indique Mireille, à l'initiative de la pétition en ligne. La professionnelle avait alors été condamnée par les instances ordinales. "On lui reproche d'avoir un patient qui a pris rendez-vous en ligne, s'agace l'avocat de la kinésithérapeute. _On trouve que la procédure n'est pas justifiée_, d'autant que le droit français sur ce point a été jugé contraire à la législation européenne." 

Une procédure pénale "excessive"

"On poursuit des professionnels pour des faits qui paraissent soient minimes, soit pas démontrés, à la suite d'une procédure extrêmement contraignante, estime Nicolas Choley. On a des patients auditionnés parfois d'une manière contestable, un à deux ans après les faits." Selon lui, il n'y a par ailleurs pas de notion d'escroquerie dans l'activité de cette kinésithérapeute : "on est sur des rémunérations absolument pas révélatrices d'une fraude quelconque ou de bénéfices au préjudice de la Sécurité Sociale." Le chiffre d'affaire brut annuel de sa cliente serait bien en-dessous de la moyenne dans la profession.

"On condamne ce _choix d'une procédure pénale qui nous semble tout à fait excessive_, déplore l'avocat. Ça veut dire garde-à-vue et risque de prison, alors qu'il y a des alternatives, des possibilités de discuter sur l'aspect administratif et comptable." La CPAM a fait une proposition de transaction financière il y a deux ans pour régler la question explique-t-il, mais la kinésithérapeute l'a refusée. "Derrière, la CPAM a tendance à taper beaucoup plus fort", estime Nicolas Choley.

Les patients mobilisés

Fin février, une pétition en ligne a été lancée pour soutenir la kiné. Les patients ont aussi manifesté samedi dernier. "J'ai beaucoup de colère car c'est quelqu'un qui se donne à fond pour nous et essaie vraiment de nous soulager, lance Anaïs, une secrétaire médicale atteinte d'une maladie orpheline. J'ai fait beaucoup de progrès avec ses séances et ça a stabilisé ma maladie, _je peux maintenant remarcher._" 

Marie-Louise de son côté a connu pas moins de dix kinésithérapeutes en raison d'opérations multiples avant d'arriver au cabinet d'Isabelle. "Je la soutiens, je suis contente du travail qu'elle a fait et _j'ai récupéré plus vite que d'habitude avec ses soins_, en prenant moins de médicaments anti-douleur en prime", lance-t-elle. Comme une quarantaine de patients, elle a été entendue par la CPAM : des entretiens qualifiés d'"interrogatoires" par plusieurs d'entre eux. 

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