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Société

A Laval, des locataires d'une résidence HLM en colère car ils vont devoir déménager

lundi 29 octobre 2018 à 5:51 Par Gildas Menguy, France Bleu Mayenne

A Laval, dans le quartier où se trouvent le siège social du Groupe Lactalis et la Cité du lait, la colère monte. Le géant laitier va racheter une résidence HLM. Le bailleur social, Méduane Habitat, a donc dans l'obligation de reloger l'ensemble des locataires mais certains ne veulent pas déménager.

Une partie des locataires de la résidence Adolphe Beck.
Une partie des locataires de la résidence Adolphe Beck. © Radio France - G.M

Laval, France

Après avoir racheter les bâtiments qui abritaient il y a quelques années Pôle Emploi et les Assedics, le Groupe Lactalis poursuit son extension à deux pas de son siège social historique. Le géant laitier a proposé à Méduane Habitat de racheter les bâtiments de la résidence "Adolphe Beck" qui comprend 23 logements. Un immeuble de trois niveaux construit en 2005. Le dossier de la vente est actuellement entre les mains du Préfet de la Mayenne qui doit donner son accord. Une transaction de deux millions d'euros entre Lactalis et Méduane Habitat. 

La résidence de 23 logements a été construite en 2005. - Radio France
La résidence de 23 logements a été construite en 2005. © Radio France - G.M

Méduane Habitat doit donc "expulser" les locataires. Cela concerne douze foyers et une petite trentaine de personnes. Des locataires qui ont appris la nouvelle par téléphone le 4 octobre dernier puis un courrier a été envoyé par Méduane Habitat quelques jours plus tard. Pour certains locataires que France Bleu a rencontré, cette situation est difficile à vivre. Le bailleur est dans l'obligation de reloger les locataires et Méduane Habitat explique dans son courrier qu'il souhaiterait que le relogement se fasse avant la fin décembre 2018. "Mais Méduane Habitat n'est pas fermé et cela peut dépasser. Toutefois des délais raisonnables doivent être gardés afin de ne pas mettre en insécurité des locataires dans des cages d'escaliers avec des logements libres" explique le bailleur dans le courrier remis aux locataires.

Pour Mélanie qui élève seul son fils de 9 ans, ce qui se passe "n'est pas anodin". "Entendre le terme 'expulsion', c'est violent, surtout à quelques semaines de Noël". Dans cette résidence, plusieurs femmes vivent seules. Certaines sont à la retraite et attachées à leur quartier où elles ont leurs habitudes. Comme Josette, 71 ans : "j'ai de la rage. Selon la loi, on nous doit l'équivalent de notre logement actuel. Mais pour l'instant, je n'ai eu qu'une seule proposition en plus de quinze jours. Et c'est pas correct ce qu'on m'a proposé, j'ai dit non. On passera Noël ici, je ne suis pas pressée de partir. On va tenir bon."

Cette situation m'empêche de bien dormir", Jasmine

Jasmine, retraitée qui vit seule, habite cette résidence depuis 2008. Ecoutez son témoignage.

Jasmine ne sent bien dans sa résidence et vit mal cette situation

Dans le cadre d'une procédure de relogement, le bailleur social prend en charge les frais de déménagement et les frais annexes.

Une nouvelle réunion est prévue ce lundi soir entre des locataires et des représentants de Méduane Habitat.