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Société

Les fumeurs de cannabis ne se cachent même plus à Marseille

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Par , France Bleu Provence

Alors que le gouvernement a présenté récemment un nouveau plan de lutte anti-drogue à Marseille, 720 personnalités et professionnels du monde médico-social lancent un nouvel appel pour un changement de politique en matière de drogues.

5 millions de personnes consommeraient régulièrement ou occasionnellement de la drogue en France
5 millions de personnes consommeraient régulièrement ou occasionnellement de la drogue en France © Maxppp - Juan_Ignacio_Roncoroni

Marseille, France

Ils sont 720, chercheurs, scientifiques, médecins, professionnels de la sécurité et du secteur social à signer ce nouvel appel. Parmi ces personnalités, Bernard Kouchner, ancien ministre français de la Santé. Leur message est simple : la répression contre le trafic de cannabis est un échec depuis 50 ans, cinq millions de personnes en consommeraient occasionnellement ou régulièrement aujourd'hui en France.

Une consommation qui ne faiblit pas

Dans les rue de Marseille, le phénomène est tel que plus personne ou presque ne prête attention aux fumeurs de joints. "Ça fume de partout, même devant le commissariat de police de Noailles, on voit des jeunes rouler leur pétard sans être inquiéter" confirme Olivier, qui travaille dans les transports publics.  

Fumeur régulier, Salim enfonce le clou : "Au stade, dans les transports, dans la rue, tout le monde fume. Je connais des fils d'avocat ou de médecin qui fument avec moi au Vélodrome. Que voulez-vous faire ? On ne va pas tous les arrêter pour les emmener au poste !"

"C'est Monsieur Tout le monde qui est concerné !" (Victor Martin, porte-parole de l'appel de Marseille)

Il y en a pourtant qui s'agacent de cette désinhibition générale. Sonia est maman d'une petite fille de 3 ans : "Vous les voyez à l'angle de Noailles, tous les jours, ça sent, je fais tourner la tête de ma fille, elle est trop petite pour comprendre mais que vais-je lui répondre dans quelques années quand elle me posera des questions ?"

Échec de la répression ?

La question de la dépénalisation revient donc inévitablement sur le tapis. "Aujourd'hui 5 millions de personnes consomment régulièrement ou occasionnellement des drogues en France, il est temps d'arrêter l'hypocrisie et de réguler cette consommation. C'est Monsieur tout le monde qui est concerné", affirme Victor Martin, porte-parole de l'Appel de Marseille. 

Il ajoute : "Les pays qui ont les politiques de répression les plus fortes sont ceux où la consommation est la plus importante". Un avis partagé par les gens de la rue : "Celui qui veut fumer il fumera, mais au moins il ira, sans se cacher, dans un endroit légal, consommer une drogue qui ne sera pas coupée avec n'importe quoi, et ça arrêtera les trafics", résume Martine, commerçante dans le centre ville de Marseille.

Une dépénalisation qui fait toujours débat

Pour autant, la dépénalisation ne fait pas que des adeptes. Quel message pour les jeunes ? Quelle règle dans l'utilisation du cannabis ? Qui contrôle, régule et distribue ? Même certains fumeurs sont sceptiques, c'est le cas de "Bobo" : "Je suis fumeur, mais ça reste mauvais pour la santé, tout le monde va se mettre à fumer et faire n'importe quoi. Et dans les cités, les trafiquants se rabattront vers d'autres marchés, vers des drogues plus dures. Ce sera pire."

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